‹ Les cinq mille piastres de M. Mercier! [microforme]Chapitre 5 sur 6 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le devoir de tout vrai patriote, —Il faut sauver la dignité nationale en repoussant M. MERCIER et M. WHITE son candidat,

A M. Mercier et au parti libéral en cette province, nous dédions ces lignes, fruit de notre humble travail.

Chargé en notre qualité de journaliste de suivre nos hommes politiques d dans leur carrière, d'examiner et de critiquer leurs actes, de leur dire de tristes vérités quand notre devoir nous y force, nous avons suivi M. Mercigr pas à pas dans cette période malheureuse de sa arriére politique et, en terminant, nous sommes obligés de lui dire avec l’inimense majorité de ceux qui se laissent guider par la raison droite plutôt que par la partisaunerie politique qu’il a déplorablement failli à La noble mission qui lui était confiée et qu'il a perdu tous ses droits de rester à la tête d’un grand parti politique,

Un chef de parti ne s’appartient pas à lui-même, il n'appartient même pas exclusivement au parti qu'il commande: il appartie it au pays. Il n’a pas droit de souiller sa réputation, il doit la conserver intacte pour ceux qu'it aspire à gouverner.

M Mercior, n'ayant pas compris cela, il n’est pas digne de la position qu’il occupe comme chef du parti libéral dans la législature locale, El à laissé dans cette contestation un lambeau de son honneur politiqre et il n'a pas l’excuse de ceux dont les pieds saignent aux ronces du chemin, puisqu il s’est jetée volontairement et de propos délibéré dans le précipice d'où il sort éclaboussé, boueux, meurtri,

A l'instant solennel où l'accusation était portée contre lui en chambre, il s’est levé de son siège et il a dit: ‘Si malgre ces explications, cette chambre croit que ma conduite est blâmable, elle pent me censurer: et gardien de ma propre Gignité, je saurai agir en conséquence.”

La Chambre, gardienne elle-même de sa propre dignité, ne pourra faire autrement selon nous, que de censurer ouvertement la conduite du chef de lopposition. Il ne restera plus alors à M. Mercier d'autre alternative que celle de rentrer dans la vie privée et de se préparer par plusieurs années d’une vie irréprochable comme citoyen, à remplir des posilions où ses lalents pour raient l'appeler plus tard.

S'il n'est pas permis à de ne AU PLUS dE travaillent péniblement chaque jour pour gagner et rapporter au foyer de leurs familles le pain qu'ils ont ar rosé de leurs sueurs, s’il n’est pas permis, disons-nous, à ces hommes de vendre leurs votes et leurs convictions

pour quelques piastres et si la loi Le leur défend si sévèrement, 1 n

oil pas ètre permis non plis à uu homme public, à un chef de pi le transiger movennant finances et moyennant des sommes consi lérables, les intéré

sauvegarder Qu'avons-nous à attendre du peuple si nous Iui donnons chaqui

ur de pareilles specta les de démorafisation et si

LS politiques qu'ils sont charges de défendre et d

i nous lui donnons l'exemple du respect des lois en les violant nous, mêmes en haut feu et sur une erandée échelle ?

M, Mercier el ses amis politiques du Bas-Canada, suivant en cela le triste exemple des grits d'Ontario, ont souvent reproché lu populalion Bas-Canadignne d'être vénale, ignorante et mercerfun {est depuis longtemps l'excuse que nos rouges Bas-Canadiens ont à offrir à leurs freres grits d'Ontario pour expliquer la prédominance ‘onstante de l’idée conservatrice au milieu de nous.

Et cependant notre peuple est honnèôte et bon, il possède à un haut

degré le sens de sa droiture et des convictions politiques et 1} n'a pas

son crédit dans l'histoire de ses luttes et de ses libertés parleme

t SON ClTOQIL AAls 1 HISLOIre de ses utiles € de se: tbDert par! miel

aires une seule page qui pourrait ètre flétrie Au seul nom qui appar

tienne maintenant dans l'histoire à la fameuse iransachion des cmd mille piastres.

Oui, M. Mercier, méprisez-nous, vilipendez-nous, allez dans Onta io, donunez-y l’accolade fraternelle à ceux qui rèvent notre anéantisse ment comme race et comme peuple, mais dans vos tristes périgrina: tions, dans ces ovations de commande que votre parti sent le besoin l’organiser ponr vous blanchir à ses propres veux, vous verrez san: cesse devant votre propre image, peinte sur le vif et d'après nature pau votre cher Trudel, cet ami de cœur à qui vous donnez le coup de pied de l’âne en ce moment,

Oui, ce chiffre fatidique des CINQ MILLE DOLLARS vous pour uivra partout Comme un mauvais réve,

L'argent, les trente derniers, vous ont brûlé les doigts déjà, el

vous avez voulu les rendre, pensant avoir trouvé là, le moyen que

n'avait pu imaginer Lady Macbeth pour effacer la tache de sang restée fameuse. Peine perdue ! quand même vous auriez rendu l'argent, la souiilure serait restée, car elle avait fait souche, s'étant tronvée en

1 3 ] rt } <a « * L \ * { vit : 1 une terre fertile ou l'olivier de Rabagnv s'élève fortifié et vous tend

ses branches.

Nous avons déclaré vous dédicr ces lignes à vous et à votre par!

C'était rustice, car si vous méritez d’être leur chef c'est sans douti

ils sont dignes de vous suivre.

Un penseur a dit que les peuples avaient les chefs qu'ils méritaient : c’est avec un sentiment bien légitime d’orgueil national que nous constatons en Conséquence que notre province n'a pas mérité et ne mérite pas encore de vous avoir pour son preuner ministre.

En revanche le parti libéral vous a, lui, pour le faire parvenir à

ses destinées, :

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