‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 16 sur 64 · SCÈNE tïŸ · texte numérisé non relu

SCÈNE tïŸ

TOURNON, MORNAC, UE COMMANDEUR, ROSAMBERG, UN SEIGNEUR, MARIK, Seigneurs, derrière.

LE COMMANDEUR, entrant par le fond.

On a prononcé mon nom.

hornac.

Soyez le bien-venu, monsieur le Commandeur... Oui, nous pallions de monsieur votre frère.

LE COMUANDEUR.

Je ne l’aperçois pas parmi vous, messieurs.

Quoi 1 vous ne savez pas ?

LE COUHANDEUR.

Je ne sais rien, je vous jure ; je m’occupais des apprêts de mon départ.

MORNAC

AhI votre frère...

rosambbrg.

Il est très-occupé aussi en ce moment.

LE cohrandeur.

Je ne devine pas.. .

MORNAC

Sachez dope qu’armé seulement d’une paire de pistolets et d’une épée, il est allé combattre, corps à corps, une louve dans les fossés de la ville.

LE COMMANDEUR, regardant Marie avec stupéfaction.

Mon &ère!

MARIE

Votre frère.

MORNAC

Le sort l’a désigné, et vous comprenez...

MARIE

J’ai voulu m’opposer à cette imprudence...

Vous opposer!... Vous auriez eu tort de le retenir... Mon frère a fait ce qu’il devait faire; c’est un devoir de sortir avec dignité d’une telle partie une fois qu’on y est engagé. Seulement, messieurs, vous ignorez une circonstance dont je dois vous faire part.

MORNAC

Laquelle ?

LE COMMANDEUR

Mes études stratégiques m'obligent depuis un mois à me promener souvent autour des fortifications de Mézières. Hier, attardé par nies observations, je me suis trouvé au bord des fossés de la ville au moment où la nuit venait : elle était déjà sombre ; tout à coup, j’entends à quelque vingt pas de moi des hurlements affreux.

TODS.

C’était la louve

LE COMMANDEUR

C’était mieux que cela, messieurs, c’étaient un loup et une louve.

MORNAC

Que dites-vous 1

Ce que j’ai vu ; un loup et une louve; et je puis vous assurer que six de vos plus forts vassaux n’en viendraient pas à bout avec leurs fourches et leurs couteaux.

MORNAC

Mais alors nous avons envoyé votre frère à la mort ! Un homme seul contre un loup et une louve 1 c’est un assassinat 1

TOUS

Oui! oui!

MORNAC

Messieurs, je cours prêter assistance è monsieur le marquis de Beaumesnil.

LE COMMANDEUR

Arrêtez ! arrêtez ! C’est à moi seul qu’il appartient d’aller au secours de mon frère... et j’y cours !...

TOURNON

Prenez du moins mon cheval, monsieur le Commandeur.

LE COMMANDEUR

J’ai le mien.

MORNAC

Mais des armes?

LE COMMANDEUR

J’ai mon épée.

MORNAC

Mais des pistolets 7

J’ai mon épée. {Il sort par le fond.)

MARIE, à part.

Noble cœur ! noble cœur !

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