SCÈNE tïŸ
TOURNON, MORNAC, UE COMMANDEUR, ROSAMBERG, UN SEIGNEUR, MARIK, Seigneurs, derrière.
LE COMMANDEUR, entrant par le fond.
On a prononcé mon nom.
hornac.
Soyez le bien-venu, monsieur le Commandeur... Oui, nous pallions de monsieur votre frère.
LE COMUANDEUR.
Je ne l’aperçois pas parmi vous, messieurs.
Quoi 1 vous ne savez pas ?
LE COUHANDEUR.
Je ne sais rien, je vous jure ; je m’occupais des apprêts de mon départ.
MORNAC
AhI votre frère...
rosambbrg.
Il est très-occupé aussi en ce moment.
LE cohrandeur.
Je ne devine pas.. .
MORNAC
Sachez dope qu’armé seulement d’une paire de pistolets et d’une épée, il est allé combattre, corps à corps, une louve dans les fossés de la ville.
LE COMMANDEUR, regardant Marie avec stupéfaction.
Mon &ère!
MARIE
Votre frère.
MORNAC
Le sort l’a désigné, et vous comprenez...
MARIE
J’ai voulu m’opposer à cette imprudence...
Vous opposer!... Vous auriez eu tort de le retenir... Mon frère a fait ce qu’il devait faire; c’est un devoir de sortir avec dignité d’une telle partie une fois qu’on y est engagé. Seulement, messieurs, vous ignorez une circonstance dont je dois vous faire part.
MORNAC
Laquelle ?
LE COMMANDEUR
Mes études stratégiques m'obligent depuis un mois à me promener souvent autour des fortifications de Mézières. Hier, attardé par nies observations, je me suis trouvé au bord des fossés de la ville au moment où la nuit venait : elle était déjà sombre ; tout à coup, j’entends à quelque vingt pas de moi des hurlements affreux.
TODS.
C’était la louve
LE COMMANDEUR
C’était mieux que cela, messieurs, c’étaient un loup et une louve.
MORNAC
Que dites-vous 1
Ce que j’ai vu ; un loup et une louve; et je puis vous assurer que six de vos plus forts vassaux n’en viendraient pas à bout avec leurs fourches et leurs couteaux.
MORNAC
Mais alors nous avons envoyé votre frère à la mort ! Un homme seul contre un loup et une louve 1 c’est un assassinat 1
TOUS
Oui! oui!
MORNAC
Messieurs, je cours prêter assistance è monsieur le marquis de Beaumesnil.
LE COMMANDEUR
Arrêtez ! arrêtez ! C’est à moi seul qu’il appartient d’aller au secours de mon frère... et j’y cours !...
TOURNON
Prenez du moins mon cheval, monsieur le Commandeur.
LE COMMANDEUR
J’ai le mien.
MORNAC
Mais des armes?
LE COMMANDEUR
J’ai mon épée.
MORNAC
Mais des pistolets 7
J’ai mon épée. {Il sort par le fond.)
MARIE, à part.
Noble cœur ! noble cœur !