SCÈNE PREMIÈRE
LORRAIN, DUBOIS et d'autre» domestiques terminant des préparatifs tPune soirée, rangeant des fauteuils, des tables, allumant des bougies,
DUBOIS
Qu’est-ce donc que ce bruit que j’entends dans la galerie?
LORRAIN
Tu le demandes? C’est encore madame Louison, celte superbe nourrice qui tourmente ce pauvre marquis. Elle finira par le rendre fou. Tu sais bien qu’elle se croit tout permis parce qu’elle a été la nourrice de mademoiselle Marie de Caniliy, la fille de notre maître.
DUBOIS
Et ensuite la nourrice du roi Louis XV, s’il te plaît.
LORRAIN
Du roi Louis XV ! c’est juste.
DUBOIS
Dame! c’est bien quelque chose, monsieur Lorrain, d’avoir donné son lait k un roi de France, et d'avoir obtenu qu’elle ne serait la nourrice de Sa Majesté qu’à la condition do tutoyer tout le monde à la cour..: maréchaux, princes du sang, princesses, et le roi lui-même! Mais oui.
LORRAIN
Ces gens du peuple! Voilà pourquoi elle tutoie tout le monde
DUBOIS
Même toi et moi. Voyons, nous n’avons rien oublié pour la soirée ? Non. D’ailleurs, ce n’est que jour de petite réunion aujourd’hui. Nous n'attendons que les jeunes officiers de la garnison. . ...
LOUISON, dam 4 coulisse. l ;
Veux-tu me laisser ?
LE MARQUIS, dans la coulisse.
Non ! noni non !
DUBOIS
Celte fois, je crois bien que c’est le marquis de Beaumesnil qui tourmente la nourrice.