‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 21 sur 64 · LE MARQUIS, LOUISON · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, LOUISON

LB MARQUIS

Tu vois, Louison, je tiens ce que j’ai promis : en trois mois j’en suis venu à mes fins; car il n’y a que trois mois, jour pour jour, que le comte de Canilly a quitté IHézières. En trois mois, j’ai bâti en partie et meuble entièrement mon château de Versailles. Qu’en dirait Louis XIV ?

LOUISON

Il dirait qu’il aime mieux le Versailles de Versailles.

L1 MARQUIS

Chacun a son amour-propre ; conviens pourtant que c’est riche, élégant, superbel.. Et ce beau château, pour qui? pour mademoiselle Marie de Canilly.

LOUISON

Tu le lui feras voir ?

LB MARQUIS

Je le lui donne aujourd’hui môme, jour de sa fête, jour de Sainte Marie. Son père y a consenti... elle va venir.

Oui, elle est habillée et parée ; elle serait déjà ici sans le grand désir qu’elle a de savoir si le courrier d’aujourd’hui ne lui apportera pas quelque lettre de son père.

LE MARQUIS

J’attends qu’elle ait paru dans ces salons pour lui faire cette donation solennelle. Elle ne sortira plus d’ici; c’est sa demeure. Tu comprends que pour habiter une merveille, il faut une merveille ; et la merveille, c’est elle ! Je dois être magnifique aussi avec cet habit. N’est-ce pas que je ressemble à Louis XIV

LOUISON

Tu ressembles à son porte-manteau. .

LB MARQUIS

Louisop, tu abuses du lait que tu ne m’as pas donné. ( Les invités arrivent en plus grand nombre. )

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