SCÈNE II
ROSAMBERG, TOURNÔN, MORKaC, Seigneurs, LE MARQUIS, Dames.
HORNAC.
Ce bruit, messieurs, je vous le répète, est fort alarmant.
LE marquis.
Qu’est-ce donc, messieurs, qu’arrive-t-Ü ? Vous ôtes tous émus.
HORNAC.
Le bruit court ce soir dans Mézières épouvantée, que l’armée allemande, six régiments polonais et les cinq cents gentilshommes français partis de Mézières ont été complètement défaits par les Turcs sous les murs de Belgrade. Vingt mille chrétiehs auraient été exterminés ! Quel malheur 1
LE MARQUIS
Quelle contrariété !
MORNAC
Ce serait un deuil pour l’Europe et la chrétienté I
LE MARQUIS
Je serais forcé de remettre ma fête, de renvoyer mes invités.
MORNAC
Ne renvoyez encore personne. Attendons que le fait se confirme, et espérons qu’il ne se confirmera pas. Votre fête est d’un goût superbe, cher marquis.
XB MARQUIS.
Oh't c’est tout simplement du Louis XIV perfectionné.
HORNAC.
11 ne manque ici qu’une chose.
LE MARQUIS, étonné.
Quoi donc î
MORNAC
Une reine jeune et jolie.
le marquis.
Elle ne manquera pas longtemps ; tout tous l’aunonce ; voyez, ses couleurs favorites sont partout ; l’azur et le vert. ( Un valet parait au fond, un bouquet à la main. ) Justement un signal m’avertit qu’elle approche du palais. Je cours la chercher ; je reviens aussitôt vous la présenter, messieurs. Je reviens avec la souveraine. { Jl marmotte en s'en allant. ) Le souverain I la souveraine ! Louis XIV ! Versailles (Il sort par le fond. )