SCÈNE Vil
MARIE, seule, assise.
Tué!... Allons, ils l’ont tué !... Ce fidèle serviteur a tout vu... Mon cousin de Blamont n’a pas osé me dire la vérité... Tuél...
do LES CINQ MINUTES DU COMMANDEUR.
tuél... (Elle ouvre les tablettes et lit à haute voix.) « Le dernier » objet que j’ai vu dans ce monde avant de le quitter pour tou- » jours, c’est votre portrait dans les mains de monsieur Raoul » de Marescreux. » Mon portrait?... mon portrait... Ah ! oui ! mon portrait ! « Et la dernière parole que j’ai entendu de mon » heureux adversaire, est que vous lui avez vous-mème donné » ce portrait. » {Elle se lève.) Oh ! l’infâme I (Lisant.) « Vous » avez aimé cet homme !... Adieu, madame!... Commandeur » de B,eaumesnil. » Moi, je l’ai aimé... moi! Ah ! ce Raoul de Marescreux se venge trop! Moi, je l’ai aimé... Et il lui a dit cela !... le pistolet sur le cœur !... Et ses yeux, sa bouche se sont fermés pour toujours sur cette calomnie !... Quelle épouvantable mort !... Moi, vousavoir trahi!., et vous avez pu le croire!.. De tous les maux, celui-là est bien le plus horrible! Et il se plaint à peine! Et il ne m’accable pas!... Et il ne me maudit pas! Cette résignation est sublime!... (Elle tombe sur une chaise au fond.)