MARIE, RAOUL
RAOUL, venant du fond.
Madame, il est des devinées qu’il faut subir.
MARIE
Raoul (Je Marescreux!... Des destinées qu’il faut subir!... Vous oubliez que d’un mot je puis vous faire repentir!... Vous oubliez que je suis puissante à la cour...
RAOUL
Vous n’étiez pas moins puissante hier... Avez-vous empêché ce qui arrive aujourd’hui'?.. Je vous le répète, madame, il est des destinées... Vous n’avez plus d’appui, plus de protecteur...
MARIE
Je crois que vous m’offrez de m’en servir?... Enfin que me voulez-vous ? Que demandez-vous à la marquise, à la veuve de Beaumesnil '?
RAOUL
Vous n’êtes plus marquise de Beaumesnil.
MARIE
Sortez I
RAOUL
Vous savez, madame, qu’il est dangereux de me cbasser. Chassé une première fois, vous m’avez retrouvé au théâtre ; chassé une seconde fois, voms Éie retrouveriez à la cour... où vous êtes si puissante !..
MARIE
Je vais mettre entre vous et moi une barrière si haute... Mais puisque vous ne voulez pas sortir... (Elle va pour se retirer.)
RAOUL, l’arrêtant.
11 n’y a plus de barrière entre vous et moi ; il y avait hier un corps et un fantôme, je les ai dispersés tous les deux.
MARIE, voulant sortir.
Laissez-moi I
RAOUL, la retenait,.
Nous rentrons, vous et moi, dans les coDTentions faites par votre père et par le mien.
MARIE, voulant toujours sortir.
Laissez-moi 1 laissez-moi, vops dis-je 1...
RAOUL
Vous les rappelez-vous, ces conventions? (Le Commandeur paraît au fond.)