‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 64 sur 64 · RAOUL, LE COMMANDEUR, MARIE · texte numérisé non relu

RAOUL, LE COMMANDEUR, MARIE

LE COMMANDEUR

Vous avez oublié les nôtres, monsieur de Marescreux.

RAOUL

Le Commandeur !

LE COMMANDEUR

a Celui qui aura essuyé le feu de l’adversaire, pourra faire U feu à son tour, quelle que soit la gravité de la jijessure, sans >» (ju’il soit apporté aucun empêchement par les témoins, et lui X) étant laissé un délai de cinq minutes pour triompher delà dou- » leur ou d’une défaillance profonde. » C’étaient nos conditions. Les avez-vous loyalement exécutées, hier, après m’avoir frappé d’une balle ?.. Une minute après, vous désertiez le terrain sur lequel vous m’aviez laissé baigné dans mon sang... Vous ne m’aviez pas tué... (/I sort un pistolet . — Marie passe et se place entre le Commandeur et Raoul.)

MARIE, jetant un cri.

Ah ! (j4u Commandeur.) Je vous demande la vie de cet homme. (Jeu de scène terrible et excessif. Le Commandeur veut se trouver face à face avec Rcutul qui se tient derrière Marie épouvantée.)

LE COMMANDEUR

Sa vie ! mais, en un jour, il m’a ravi mon frère, mon pauvre frère!... il m’a fait douter de votre amour! tant qu’il vivra, tant que je ne serai pas près de vous, il vous menacera... il vous l’a dit : aucun obstacle... Non, je n’ai pas assez de force, de vertu, de générosité, pour ne pas frapper qui a tant frappé, pour ne pas punir quia tant puni, pour ne pas faire mourir une fois qui a fait mourir tant de fois.

RAOUL

Tuez donc! c’est votre droit. [H étend son bras vers la croisée du fond, tJ tient dans la main le portrait de Marie.) Mais ce portrait qui tombera de ma main aussitôt que la vôtre m’aura frappé, apprendra b tout le monde que Marie de Canilly...

LE COMHANORUR, à Marie.

Cette lâcheté... Dieu seul peut le sauver.

MARIE

Que Dieu le sauve donc 1 je suis à Dieu.

Que dites-vous ?

MARIS

Cette nuit, dans mon égarement, dans mon désespoir... j’ai juré, si Dieu vous accordait la vie, de prendre le voile et de ne plus le quitter... de n’êtrequ’à Dieu seul!..

LE COMMANDEUR

Un pareil serment !...

MARIE

Je le tiendrai.. Je cours l’accomplir... (Musique religieuse. — Tout s'arrête. — On voit paraître au fond le corps du Marquis porté par quatre paysans, stiivis d'amis et de serviteurs. Marie s'agenouille.)

MARIE, se relevant, au Commandeur.

Adieu !

LE COMMANDEUR

Marie! Marie! Ce sacrifice!...

MARIE

Et le vôtre?...

(Raoul s'avance lentement en tenant à la main le portrait ; Marie s’arrête ; Raoul lui remet le portrait, puis s’agenouille devant elle.)

MARIE, à Raoul.

Que voulez- vous de moi, monsieur de Marescreux?

RAOUL, lui rendant son portrait.

Mon pardon !

MARIE, au Commandeur.

Mon ami, courage!... On aime encore là-haut. (Musiqué jusqu^à la fin.) ■ ■

' ' nN.

Paris. — Typ. de M“« V« Dondey-Dupré, rue Saint-Louis, 4«

N.2. d’ in vent:

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