‹ Les cinquante francs de JeannetteChapitre 2 sur 39 · VII · texte numérisé non relu

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ëcriyant ses fable.> dans im bosquet de jeunes cliâtaigniers. Je mesurerai , avec l'œil pensif du publiciste , la hauteur des arbres touffus qui décorent le parc de Necker, de ce financier Genevois à qui l'Europe doit tant de grands changemens ; je penserai souvent , en un mot, aux soirées délicieuses que je passais dans mon petit jardin, assis sur un gazo^"--^-^^^î^ vos.^ i]e la lune, et voyager «Jesoin du spectacle doins les glacie» de vos mœurs ; je dé- Qu'ellc'^^'ix qui m'offrent des cupations cf^s-moi toujours , et comme elle "^^n bonheur, comme elles Tei^^^^ ces sociétés cette terre qu'il habitiî^i''^it dans mesure les cieux et la tefi^senta. * fait errer dans les diverses coiicr».

( vrii ) habitées ou non de ce globe immense : avec elle , sans quitter son manoir agreste , il gravit les sommités du Mont-Blanc j il visite tous les peuples ; il converse avec le pêcheur Indien dans son humble case , où il foule aux pieds les tapis luxueux des despotes de l'Asie. Libre ^le son essor, il le dirige où il lui plaît, et il quitte à son gré les empires ' i.vv cixxx. ^.--^-.,g pg^g bien, .ésentent aux regards s ^ ^j^^^^^ ^ nuances diverses de ^er ,^^^ ,^^,, légumes nourriciers. Je^^ ^^ ^^^^ porterai toujours en J,^^^ ^ parc champêtre ensem^^^^^^^^.^^ mis aux nivellemer^ .^^^^^^ ^^^^^^ ce parc, asil^j^g^ cette société inami cle ^ d'artistes , se réunissant , -^ les longues soirées d'automne,.

pour se livrer anx jeux d'Euterpe ou de Terpsicore ? et ne me verrai- je pas sans cesse près d'eux , assis souSi le mystérieux acacia , ou respirant le soir la douce odeur des fleurs , le long d'une terrasse qui domine sur la rivière ? Etres bons et sensibles , recevez ici le tribut de reconnaissance de l'amitié, et faitesmoi partager encore vos innocens plaisirs ! J'ai besoin du spectacle de la simplicité de vos mœurs j je dévore les tableaux qui m'offrent des vertus ; offrez-les-moi toujours , et je vous devrai mon bonheur.

Ce fut dans une de ces sociétés cliarmantes , qu'on rencontrait dans ce petit village , qu'il se présenta un jour une dame d'environ vingtcinq à vingt-six ans. Elle était ac—

compagnée d'une amie qui paraissait avoir quelques années de plus qu'elle. La plus jeune des deux portait dans ses bras un petit enfant qui se jouait avec les ornemens de sa coiffure. Un cavalier bien fait , le* père sans doute de cet aimable enfant , accompagnait ce couple rare aujourd'hui, de deux femmes vivant dans la plus grande intimité de l'amitié. Je m'empressai de féliciter la plus jeune du bonheur de sa maternité: Ah, monsieur! me dit elle, si je suis mère , si je suis heureuse ,. si je suis l'amante aimée du plus estimable des é2:)oux , regardez cette amie; c'est à elle que je dois tant de félicité ! . . .

Tous les regards se tournèrent sur-le-champ sur l'autre dame, qui

rougit, détourna les yeux, sourit, et pria son amie de l'épargner. Non , non, ma bonne amie, s'écria la première , il faut que tout le monde sache que je vous dois le bonheur y et voilà monsieur ( me montrant ) , qui , s'il connaissait le procédé sublime dont vous avez été capable envers moi , s'empresserait sans doute de le transmettre au Public dans une de ses productions.

Avide, comme tout Romancier, de sujets , d'actions , d'intrigues, je priai la jeune dame de me raconter ses aventures. Elle s'y refusa pour le moment, afin de ménager la délicatesse de son amie ; mais , le lendemain matin, je me rendis de bonne M heure à une charmante maison de campagne qu'elle possédait dans la-

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