‹ Les circulations en banque: ou, L'impasse du monopole, émission et changeChapitre 18 sur 40 · IS · texte numérisé non relu

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imposions, remarqtient, en 1847, leé auteurs da mémoire publié au nom de la Compagnie qui aspirait & recueillir ce riche héritage, pour ouvrir les yeux à Tadministration de la Banque. Ce n'est que le 1*' février 1846, lorsque notre Société a été formée, lorsque ses délégués partaient pour Paris, lorsqu'enfin la Banque de Bordeaux a vu surgir une RIVALE dont la persistance ne laisse pas d'ébranler la sécurité qu'elle affecte encore ; ce n'est qu'alors, disons-nous, qu'elle a fait violence à ses idées, à ses calculs, à ses exigences, en réduisant enfin à 4 pour 100 le taux de son escompte sur Bordeaux. Mais cette persistance héroïque à maintenir, pendant 28 ans, l'escompte à 5 pour 100 avait des conséquences radicalement contraires au but pour lequel elle avait été fondée. )>

Voilà comment l'intérêt particulier est un pauvre stimulant, aussi bien qu'un inutile frein; voilà comment l'histoire fait justice, à l'occasion, des prétendus arrêts de la science. Qu'elle s'appelle Rossi ou Locke, Bentham ou Turgot, fa science qui méconnaît l'autorité, ou mieux la logique de certains faits, n'est pas plus le flambeau qui nous éclaire que le vide au sein de l'espace n'est un point d'appui. Montrez^ moi patte blanche, dirai-je à ces hommes émiuents qui, pour avoir beaucoup appris, beaucoup étudié certains aspects du savoir humain, se croient le droit de dire tout ce qui leur vient à Tesprit ; montrez-moi sur ces nouvelles décrétales le cachet empreint de la raison, et je comprendrai qu'on laisse passer, comme on fait de toute monnaie de bon aloi, l'avis des maîtres. — Hors de là, nul ne saurait vous reconnaître ; vous descendez, du haut d'un fort grand nom sans doute, dans ce milieu vulgaire, indescriptible, où tous se heurtent et se valent, d'où la vérité se dégage comme elle peut du sein de Terreur. Celle-ci, comme toujours, est à la science ce que sont à l'organisme les germes ou les éléments tenus en suspension.

Maintenant et d'autre part, peut-on dire d'une banque en

posséssion du privilège de VÉmissiofl, qu^elIe &*a anetifi in^' Xétél à refaser, « contre de bonnes valeurs, » la mise dehors, d'un Papier qui» s'il lui eoûte infiniment peu, lui rapporte beaucoup et ajoute notablement à ses profits? Ceci n*est pas plus vrai que le reste, et montre simplement qu'on se fait des éléments constitutifs de certains monopoles la plus fausse idée. Rossi, descendant au fond de la pratique et sondant les foits, aurait vu les choses d'un autre œil. Toici ce que la science pure n'a pas aperçu.

l'industiue du change et le choix du papier

« Appelez-Toas cm gcos-U ignorans?

Comment dyable! Us tyreroyent de l'huyle d'nng mar. » nàtttKin,

Prenons la Banque de France, au lieu de cette généralité vague qui s'appelle une banque d'émission et dont l'analyse, avec son scalpel, met imparfaitement à nu les organes. Yoilà une banque fortement établie qui compte, par exemple, dans son Conseil de régence de grandes maisons de Haute banque, auxquelles on nmra infailliblement si l'on s'avance là ^ur le terrain du Change ou sur celui des Dépôts productifs d'intérêt. Que la Banque de France entre dans )a voie du Comptoir d'escompte, et voilà aussitôt l'industrie de ces flèxeB dynasties de Haute banque frappée au cœur. Avec le Comptoir, ce ne sera, à tout prendre, qu'un rival déplus qui entre en ligne ; mais la Banque armée de l'Émission c'est tovite autre chose. Sans parler de la notoriété grande, l'institutioa ne connaît ici d'autres bornes que les besoins et la puissance de faire. Comment croirequ au sein de ce Conseil de régence on laisse la Banque chasser ainsi sur les terres des di*

recteurs en titre? De bonne foi» est-ce Tusage que le serviteur profite de son libre accès à Tintérieur pour mettre à contri* bution la garde-robe du maître, et qu'il se vêtisse à ses dépens? Quels quesoietat les désirs et le bon vouloir, les fonctionnaires de la Banque devront donc s'abstenir de faire tout ce qui peut nuire aux maisons de Haute banque largement représentées dans le Conseil de régence. On refusera^ quoi qu'ait pu dire en son temps Rossi, on refusera le papier d'une certaine provenance, c'est-à-dire que la Banque, laissant à récart le Change qu'elle abandonne, ainsi qu'il a été dit, aux grands spéculateurs dont le commerce de marchandises devient dès lors tributaire, s'abstiendra d'échanger, en cours d'émission, son propre billet contre des effets d'une solidité parfaite. Elle obéit, on le voit, aux lois de conservation ci-dessus exposées à propos de l'intérêt en compte. Le Monopole n'a pas deux façons d'agir.

Quant à répéter avec Rossi qu'une banque, « même unique, n'a aucun intérêt » à exagérer le taux de l'escompte, il faut renvoyer ces sornettes au jugement de l'apprenti détaillant qui voit par une pratique constante que tout commerçant, pouvant abuser, abuse. Dès qu'il détient seul une marchandise, il fixera, en conséquence, ses prix le plus haut possible. Pourquoi la Banque, investie d'un monopole, agirait-elle autrement ? Pourquoi ce moulin unique, placé sur l'unique cours d'eau de l'Émission, irait-il débiter à prix réduit des services de mouture que tout un pays réclame et dont il ne saurait se passer? — L'Émission, fait-on observer, ne coûte rien ; pourquoi refuserait-on dès lors de retendre là aussi loin que l'exigent les nécessités du négoce? S'il y a sécurité complète, cela ne se comprendrait pas — Fort bien : et l'eau qui s'échappe parle déversoir, sans qu'elle profite à personne, que coûte-t-elle? comment l'employer avec celte paire de meules pauvrement construites, et qu'un étroit chenal suffît à mettre en jeu, là où la passe, en devenant plus lai^e, ferait mouvoir un ap-

pareil double ou triple ? Tenez, hommes de science pore, qui, pour trop regarder en haut, comme Fastrologue de b fable, donnez souvent du nez en terre, vous oubliez ce que peut être une institution qui pose, comme la Banque de France, sa tète sur l'oreiller du privilège. Le Monopole est toujours et partout cet ouvrier qui, pouvant gagner 10 fr. en élevant ses prix et réduisant à 6 ou 8 heures sa journée de travail, préférera prendre moins de peine, le profit restant le même. Est-ce que la fianque, à une époque, n a pas vu dans rétablissement d'un certain nombre de succursales un embarras ou mieux un danger? Lisez, parcourez ses comptes rendus; et cependant ce sont ces mêmes succursales qui firent, de nos jours, sa fortune. Voyez si en 1844 elle n'escompte pas à 4 pour 100, au lieu d'abaisser au taux général de la place le prix de ses services, jusque-là qu'elle dénonce la concurrence que lui font les banquiers! I

L'histoire de tout monopole n'est que tranquille exploitation, puissance fatalement bornée. Il faut à chacun Taiguillon des forts, sinon le progrès s'arrête. C'est rendre un mauvais service à certains noms illustres que de mettre en relief, comme le fait l'honorable M. Wolowski pour la plus grande gloire de Rossi, de tels paradoxes.

Qu'on dise d'ailleurs comment il se peut faire qu'aux époques de crise intense marquées par la hausse exagérée de l'escompte, la Banque réalise des bénéfices supérieurs à ceux recueillis en temps ordinaire. Ou elle fait payer le louage du numéraire ce qu'il coûte, en se contentant, comme toujours, d'un gain modeste, — et la marge de ses profits ne saurait s'étendre plus loin qu'auparavant ; ou elle exagère le coût de ce genre de service, — et je comprends alors de plus grands bénéfices. Plus les prix sont tendus, élevés, moins le cercle des achats a chance de s'étendre ; d'où pour le Commerce des profits moindres puisqu'ils sont moins nombreux. La Banque vérifie la loi inverse : plus ses prix sont élevés ei plus elle gagne ; donc elle se récupère par l'exagération des

«» 186 9& pfif, de M ^ô loi fait perdre le nombre tiop restreiat de se« e)ieQt8. Ainsii elle vend beaucoup plus cher que ne le corn* porte Tétat du marché. Hais comme elle ne craint pas d'être ramenée par la Concurrence à plus de modération et de jus^ t^ce, elle fait impunément ce qu'elle veut. En d'autrea termes, c'est le cas de répéter avec up savant lord qui faisait le procàs à l'anciep statut sur les céréales, que le Monopole (( est père de cherté, de rareté, y^ c'est.-à-dire d'insuffisance et de gêne, sauf à constituer largement en bénéfice ceux qui l'exploitent.

Voici, dans le nombre de ces nouvelles sentences, quelque chose qui semble plus sérieux.

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