BANQUE DE FRANCE
Janvier joiqv'M 1 2 icpUnibn 7 Q/0
24 mars 6 0/0
6 mai 7 0/0
9 septembre 7 0/0
13 octobre 8 0/0
3 novembre 7 0/0
8 décembre 5 0/0
le ë«flMHde devant Bieu^ les hommes et it evéatioa tout ^i^* tière ici ecmsultée, comm^it l'on veut que les affaires tîemient en place sur cet affreux tremplm de rescompte, ou plutôt du cré* dit i»ranlantî...
P. 110. — Depuis que ces pages sont imprimées (10 décembre), M. Isaac Pereire a publié sous ce titre : la banque de frange et l'organisation du crédit en FRANCE, uuc brochurc où l'on remarque parmi les pièces et documents qui figurent comme annexes, le Mémoire ci-après, adressé au nouveau gouvernement, pour rétablissement d'une banque basée sur le principe de la mutualité et sur l'émission des Billets à rente. Ce projet, mis sous les yeux du gouvernement dès le 4 septembre, fut reproduit, avec le Mémoire qui l'accompagnait, dans le Journal du Commerce du 6 septembre. Ce plan avait pour titre : projet de compagnie d'assurances mutuelles POUR l'escompte des effets a toutes échéances, et pour les avances a faire au commerce et a l'industrie sur de bonnes garanties.
L'ébranlement causé par les événements de cette époque, en suspendant toutes les affaires, avait créé les plus grandes difficultés. Le gouvernement dut prendre diverses mesures pour parer à ces graves embarras. C'est ainsi qu'il fut fait un essai de Comptoir d'escompte, qui permit à la Banque de France de prêter au commerce de Paris un concours des plus actifs et des plus efficaces. Cette innovation eut les meilleurs résultats, mais la crise passée, la Banque de France, médiocrement sympathique à un tel auxiliaire, n'eut garde de laisser le provisoire se convertir en mesure définitive. Le Comptoir dut donc disparaître après avoir rendu les plus grands services.
C'est ce moment que choisirent MM. Emile et Isaac Pereire, que recommandaient déjà à cette époque de sérieux travaux dans l'ordre économique, pour saisir le gouvernement de leur projet de banque, basé sur la mutuahté. Le billet productif d'intérêts à 3/65, soit un centime par jour, formait comme l'idée pivotale et d'ailleurs très neuve, outre qu'elle était éminemment pratique, de ce plan. Il fut soumis à la Commission nommée pour aviser alors aux moyens et aux mesures à prendre. A ce projet était jointe une lettre qu'il devient inutile de reproduire, le Mémoire ci-joint en exposant avec plus d'étendue les principaux points. — La commission nommée par le gouvernement avait déjà fait
^n travail Idifsque ce projet de banque lui fut remis. Elle eût été saisie plus tôt, que le résultat de cette initiative aurait été le même. Les temps n'étaient pas mûrs pour de telles idées. Il convient, toutefois, de remarquer que les hommes prcUiqttes, comme on les appelle, s'étaient émus, à cette époque, du plan de MM. Pereire. C'est ainsi que fut convoquée à la Bourse une réunion qui comptait, outre im grand nombre de banquiers, des personnes notables dans le commerce et dans la finance, parmi lesquelles on peut surtout citer :
MM. Mallet, de la maison Mallet frères; Ferrère-Laffitte, de la maison Jacques Laf fitte et G • ; Gottier, membre de la Chambre de commerce et du Conseil de la Banque, associé de la maison André et Cottier; B. Fould, membre de la Chambre de commerce, associé de la maison Fould et Fould-Oppenheîm ; Ch. Vernes, membre de la Chambre et du Tribunal de commère, et' associé de la maison Ador-Vemes et Dassier, plus tard sous-gouverneur de la Banque; Linneville, de la maison Linneville-Lelivère et C«; Ockstra, pour la maison Thuret et C«; Ardoin, R. Vassal, député, président du Tribunal de commerce ; Odier, député, membre de la Chambre de commerce, du Conseil de la Banque et de la maison Gros-Davillier, Odier et C«; Jacques Lefebvre, député, membre du Conseil de la Banque; Ruffier, négociant, plus tard agent de change ; Olinde Rodrigues, ancien directeur de la Caisse hypothécaire; Emile et Isaac Pereire.
Dans cette réunion, trois membres furent désignés pour examiner le projet, et « en discuter les bases avec les auteurs. » C'est à la demande de ces trois commissaires que fut rédigé le Mémoire qu'on va lire. Cette pièce a une importance, au point de vue de l'histoire dans l'ordre économique, qui n'échappera à personne. C'est ce qui fait qu'on a dû ici la reproduire dans son entier. Un autre sentiment nous a d'ailleurs guidé.
Dans l'appréciation sur le Billet à rente à laquelle on s'est livré, l'Italien, M. Corvaja, est signalé comme pouvant ici réclamer le droit de driorité, dont le mérite paraît revenir tout entier à MM. pereire. Cette idée est assurément l'une des plus heureuses conceptions qui aient surgi de nos jours, au point de vue du crédit mutuel. C'est l'idée juste autant que pratique, et l'on peut dire que son heure est venue. — Voici le Mémoire de MM. Emile et Isaac Pereire.