‹ Les circulations en banque: ou, L'impasse du monopole, émission et changeChapitre 37 sur 40 · fr · texte numérisé non relu

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dont il but dédoir* une e«rUine sornsM pcmr fullitoa el fraie d'administration ; et comme le Papier ci-dessus n'est autre que celui qui forme le portefeuille des meilleures maisons, les chances de faillites doivent être très minimes.

On voit d'après cet aperçu qn'il est possible de réaliser un asses beau bénéfice, avec une émission de Bons peu considérable, relativement à la garantie ; mais dans tous les cas il faut bien remarquer que le principal avantage de cet établissement serait, pour le moment, d^assurer tous les portefeuilles, en continuant à faire le service d'escompte en faveur de bonnes industries, et, pour l'avenir, d'améliorer l'organisation industrielle de la place.

L'affaire étant bonne en elle-même, on nous a demandé pourquoi nous voulions solliciter le concours du Gouvernement, et pourquoi nous voulions lui faire supporter les premières chances de perte.

Nous croyons que, dans une opération de crédit comme celle que neoa proposons, on ne saurait s'appuyer sur trop de garanties, afin de donner à cette Banque un caractère imposant, et de l'entourer de tous les éléments de nature à établir la confiance : ce n'est qu'à cette condition qu'elle peut rendre de grands, d'immenses services.

Il ne suffit pas toujours qu'une affaire soit bonne pour qu'elle puisse être immédiatement réalisée, surtout dans des moments de crise ; et rinstilntion dont nous provoquons la fondation étant de rintérêt public le plus urgent, il est nécessaire que le Gouvernement intervienne comme véhicule puissant, et qu'il prenne à sa charge les premiers risques, afin de procurer une plus grande masse de souscriptions.

Si maintenant nous considérons l'intérêt direct du Gouvernement, nous ne pensons pas qu'il puisse hésiter à encourager largement une pareille entreprise :

l» Parce qu'en généralisant un nouveau mode de prêt, il facilite le travail et par conséquent l'accroissement de la richesse publique, en même temps qu'il favorise le payement des contributions et augmente leur produit;

2«> Parce qu'en facilitant le travail, il fournit les moyens d'alimenter l'activité des ouvriers et empêche la baisse du taux des salaires.

3^ Parce qu'en jetant dans la circulation un nouvel élément de crédit, il maintient l'intérêt à un taux modéré, tandis que, si la gène commerciale augmentait, l'intérêt monterait outre mesure, et il en résulterait une suspension de travail, une perturbation dans toutes les fortunes, dans toutes les existences. l'État pourrait être par suite, sinon dans l'impossibilité d'emprunter, du moins dans la nécessité de ne le faire qu'à des conditions très onéreuses.

— fîl —

ËQ-refusafit sa participation, le Gk>ayeraement s*expoaerait :

i^ A arrêter le travail» c'est-à-dire, la production des richesses ;

^ A provoquer la baisse des salaires^seule ressource du peaplo, ou à le priver de travail ; de là les désordres qui en sont toujours la conséquence ;

3^ A diminuer la consommation et à produire une réduction eor^ respondante dai^s les impôts indirects ;

4<' A provoquer une augmentation de dépenses pour couvrir lis surcroît d'intérêts que ses emprunts (dettes flottante ou consoli^ dée) auraient à éprouver.

Tels seraient les résultats matériels de son refus, sans parler des considérations politiques qui se rattachent à la dépréciation du crédit public et aux fâcheux effets des faillites, suites inévitables des crises.

Les doctrines qui tendraient à isoler le Gouvernement de la massa des intérêts particuliers ne sont pas applicablas dans un pareil moment, attendu qu'aujourd'hui plus que jamais, et surtout dans la crise actuelle, le Gouvernement ne peut trouver de force qu'en s'appuyantsur la masse des intérêtsparticuliers qui forment l'intérêt général.

isaàc peretre.

Paris, le 16 septembre 1830

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