‹ Les circulations en banque: ou, L'impasse du monopole, émission et changeChapitre 38 sur 40 · V. p. 138. — « Chaque pays fera de même quelque jour · texte numérisé non relu

V. p. 138. — « Chaque pays fera de même quelque jour

Pour rédifîcation d^ auxiliaires du Monopole, grands pronooleurs de chèques et non moins grands contempteurs des banquies d'Émission, — sans doute parce que cela gène leur petit calcul, voici comment un homme, un travailleur comme ils diraient, mais qui^ lui, montre simplement co qui se passe, exposait un jour de quel pouvoir sont investies les banques de France et d^ Angleterre. Gela vaut mieux que la consolante théorie qui ccmsisto

à courber la tète sous prétexte que la Banque donne « tout ce qu'elle peut donner. » Le Crédit au travail, les Sociétés coopératives sont, certes, de fort bonnes choses; mais cela passe après Torganisation puissante par en haut, vu que c'est finalement, dans une armée, le général qui commande en chef, fait que Ton se bat ou que Ton campe.

Après avoir montré l'avantage qu'il jr a, par la liberté, à diviser les forces de façon à ne pas mettre imprudemment « tous ses œufs dans un panier, » l'auteur des lignes qu'on va lire fait ressortir ainsi les mérites de l'Émission, aidée du'service de l'intérêt en compte, choses que M. Beau comprend fort bien ne se pouvoir ici séparer :

u Après avoir mis en parallèle les services que peut rendre le Billet de banque et les dangers qu'il recèle, afin de démontrer le peu d*avantages que donne ce moyen de crédit, quelques économistes s'étonnent de l'importance donnée à cette question. « Ce n'est pas de ce côté, disent-ils, qu'il faut chercher le progrès, c'est dans l'accumulation de l'épargne et dans sa concentration dans les banques de dépôts. » Quoi qu'ils en disent, je crois que la concentration de l'épargne dans les banques de dépôts est une question inséparable de celle qui concerne la liberté d'Émission. Voici pourquoi :

» La Banque de France n'est pas seulement une fabrique de monnaie de papier, elle est aussi une banque d'escompte. Elle a donc la faculté d'escompter, avec un capital fictif qui ne lui coûte presque rien, de sorte que, si peu élevé que soit le taux de l'escompte, elle y trouve un profit, tandis que, pour les autres banques d'escompte, il est un minimum au-dessous duquel elles ne peuvent descendre : c'est l'intérêt qu'acnés sont obligées de servir aux capitaux qu'elles possèdent en compte courant. Elles peuvent bien, comme la Banque de France, escompter avec de la Monnaie de papier, mais cette monnaie de papier, elles sont obligées de l'acheter à la Banque de France, — a laquelle elle n*a rien coûté, — au même prix que la Monnaie métallique; de cette façon, le bénéfice résultant de la substitution du papier au métal reste en entier aux actionnaires de la Banque de France. Tandis qu'avec la liberté d'émission, à cause même de la concurrrence que se feraient les banques entre elles, une partie de ce bénéfice, si ce n'est la totalité, servirait à élever le taux de l'intérêt payé aux dépôts en compte courant ; cet appât, offert à l'accumulation de l'épargne, ferait sortir du fond des tiroirs des particuUers toutes les sommes petites et grosses qui, jusqu'ici, y étaient restées improductives.

pour aller prêter leur concours à l'industrie par l'informédiaire des banques de dépôts ; celles-ci seraient alors réellement des banques de dépôts et ne seraient plus réduites, comme elles le sont aujourd'hui, à n'être que des banques d'endossement.

» La question est donc là toute entière. Pour augmenter les dépôts chez les banquiers, il faut que ceux-ci les y attirent en payant un intérêt assez élevé, et non par un privilège accordé à un seul établissement, leur enlever une partie des profits qu'ils pourraient retirer de l'usage de leur crédit personnel et les placer dans des conditions désavantageuses dans la concurrence que leur fait cet établissement. » (Voir l'Avenir commercial du 31 juillet 1864.)

Signé : Beau, ancien mécanicien.

Eh bien, l'on dira ce qu'on voudra; mais cela me paraît mieux porter dans les œuvres vives du Monopole que tout le fatras ridiculo-métaphysico-savantasse, comme dit quelque part Tristram, étalé dans certains livres. Je goûte surtout bien mieux, dans l'intérêt de l'avenir, cette science de l'ouvrier que celle dont se chaperonne, au nom du Crédit au travail, le compère avisé du Monopole.

P. 195. -* « La seule ville de Boston, dans l'Etat de Massachussetts,"État peuplé d'environ 1,200,000 habitants compte 37 banques... »

D'après les rapports fournis par les banques au le» janvier 1858, leur nombre à cette époque, pour les divers Etats dont se composait encore l'Union, montait alors à 1422. Le Capital de ces établissements représente à cette date quelque chose comme 400 millions de dollars, soit environ 2 milliards de francs. Les prêts et escomptes( ^oan« and discounts)moniaieui à 583 millions de dollars, soit environ 2,900 millions de francs, à un moment donné : janvier, février, avril, juillet, août, octobre, novembre ou décembre. Il existe à côté de cela, en fonds d'emprunt ou stocks, des emplois qui représentent environ 300 millions de francs, sans parler des immeubles ou Real estate; ce dernier article montait à la même heure à environ la moitié de ce chiffre. Les autres emplois [other investments) formeront un avoir de 30 millions de francs, somme à laquelle il faut joindre ce qui était dû de banque à banque, et qui, pour ce motif, ne peut pas entrer dans une masse générale active ou passive,

Voilà ce quitïonslituait, à un moment donné, l'avôir général de ces quatorze cents banques, au point de vue du Capital et des divers emplois mobiliers ou autres. —Le fonds d*opération proprement dit, lequel comprend la dette des banques aussi bien que les espèces en caisse et le Portefeuille, se décomposera ainsi , d'autre part, aux termes du rapport annuel : les Billets émis parles banquesou Circulationforment un chiffre de 770 millions defrancs; les espèces proprement dites ou Encaisse représentent plus loin une moyenne de 370 millions de francs; le specie funds ou papier-argent, tels que checks, mandats de virement, etc., figurent là pour une somme à peu près égale; les Dépôts montent à un peu pioins d'un milliard de francs, soit 930 millions ; les autres dettes, enfin, sont de 70 millions de francs. — Naturellement on doit distraire de cet aperçu et les billets remis de banque à banque et la dette respective de chaque établissement. Il y a cependant là un virement moyen, à un moment donné, de 350 millions de francs.

Tous ces chiffres sont relevés de Tétat publié en 1859 par -VAmerican almanac, qui se publie à Boston.

Voici maintenant la situation des 175 banques existant soit à Boston même, soit dans l'Etat de Massachussetts.Une remarque à faire, c'est que leur Capital n'est nullement engagé dans les fonds publics ; aussi l'article stocks n'existe pas dans ces tableaux.

A un moment donné, soit janvier 1858, soit à la fin de 1857, le chiffre du Capital des 37 banques delà ville de Boston flotte entre 32 et 33 millions de dollars, soit 160 millions de francs, en moyenne. L'Encaisse proprement dit représentera dans le même temps de 4 à 9 millions de dollars, soit une moyenne de 30 millions de francs; — le chiffre des Dépôts monte de 15 à 22 millions de dollars, soit 90 millions de francs à un moment donné- Quant au chiffre des prêts et escomptes, il n'est pas moindre, dans le même temps, de 53 millions de dollars, soit 260 millions de francs; la Circulation ne figure là que pour 30 millions de francs en moyenne, ce qui lui donne, comme il m'est arrivé ailleurs d'en faire l'observation, le rôle d'appoint. Mais elle ne se peu <îantonner ainsi qu'à une double condition; la première, c'est que l'intérêt servi en compte joue un grand rôle; la seconde, c'est que l'on vire constamment d'une banque à l'autre. C'est ici ce qui arrive , puisque les banques sont respectivement débitrices et créancières, par billets ou en compte, à concurrence de sommes qui se balancent approximativement. Ce sera, par

exemple, 35 millions contre 45 millions de francs. Tel est le sysihme Suffolk.

Pour les 138 banques existant hors de Boston, voici le tableau qu'elles présentent, à diverses époques de l'année, suivant le groupe auquel elles appartiennent, dans le rapport annuel :

Les chiffres ci-après expriment des dollars; Ton sait que le dollar vaut un peu plus de 5 francs, soit 5.35. — L'Etat, en France, le prend pour 5 fr. 16.

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