CONCLUSIONS
Dans la première partie de cette étude, après un aperçu sur les cires végétales au point de vue botanique, nous avons énuméré, par ordre chronologique et selon leur origine sur la plante, les nombreux travaux effectués à leur sujet. Cet exposé des résultats d'ordre chimique déjà publiés permet :
1° De comprendre tout l'intérêt des cires végétales comme matériaux de recherches;
2° De faire ressortir des divergences incompatibles entre certains résultats publiés et, par suite, de démontrer la nécessité d'un contrôle rigoureux dans les recherches, afin de faire progresser d'une facon définitive nos connaissances.
Dans la seconde partie de ce travail, nous avons exposé l'étude que nous avons personnellement faite de ce qu'on appelle couramment « cire de fleurs de jasmin » (Jasminum grandiflorum) et qui est en fait une partie de l'extrait éthéro-pétrolique des pétales de ces fleurs (la fraction de cet extrait insoluble dans l’alcool) :
1° Après la délermination des constantes physiques et des indices chimiques, nous avons montré que la méthode d'analyse par saponification est préférable aux méthodes par « distillation sèche », par « cristallisations multiples », où par « fractionnements au moyen d'un ou plusieurs solvants »;
2° Nous avons mis au point une méthode de saponilicalion que nous avons dénommée « saponification par la méthode de BEerrneLor modifiée », en montrant ses avantages sur les méthodes suivanles :
a) Méthode classique de Berraecor; 0) méthode à l'alcool
PTE
propylique; c) méthode de Ber6; d) méthode de Wicumann: e) méthode de Leys;
3° Nous avons démontré la supériorité de la méthode à l'anhydride phtalique sur la méthode de Les, pour la séparation des constituants du mélange carbures-alcools;
4° Nous avons mis au point, pour une cire végétale, la méthode par oxydation de Hicoircm, permettant de délerminer les proportions d'acides saturés et non saturés; en même {emps, nous avons fait ressortir son avantage sur les méthodes plus connues aux sels de lithium, thallium, plomb et cuivre ;
5° Nousavonsexposéles meilleures conditions d'application des diverses méthodes : de Heixrz, de HaLer, de Marie et de Damoy en vue de la séparation des constituants d’un mélange d'acides gras saturés ;
6° Nous avons fait ressortir l'intérêt de l'emploi de l'éther de pétrole pour séparer les corps complexes, à réactions de phytostérol, du type « malol » et « prunol ».
L'application des diverses méthodes énumérées ci-dessus nous ont permis de déterminer les proportions des différents groupes de constituants et d'isoler :
1° Les carbures salurés : #riacontane, CT; heptacosane, CH; pentacosane, CYH®;:
2° L'alcool néocérylique, C*H°®0;
3° Les acides saturés : montanique, C"H”0*; myristique, C'H#0*, et des traces d'un acide, f. : 59°-5993;
4° Un mélange, en faible proportion, d'acides non saturés que nous pensons constitué principalement par de l'acide oléique;
DR DODru10 MEL RON (062 760)
Nous signalons, par ailleurs, les diflicultés considérables rencontrées pour l'identification des corps non saturés : étant donné leur propriété de retenir énergiquement les matières colorantes, en même temps qu’une vive tendance à se transformer ou se résinifier, une analyse vraiment complète de ces corps est d'une réalisation particulièrement délicate. Nous n’avons pas, d'autre part, cherché à faire pour l'instant l'identification des pigments qui donnent à la « cire de jasmin » sa couleur brune.
Étant donné la grande diversité des corps rencontrés dans les cires végétales, les méthodes employées dans ce travail serviront, du moins nous l'espérons, à guider les recherches ullérieures: c'est seulement par l'observation et à l'aide d'essais méthodiques que nous augmenterons, en loule certitude, nos connaissances sur les cires et, d’une façon plus générale, sur les extraits lipoidiques d'organes végétaux.
Nu : VU ET APPROUVÉ :
Le Président de T'hèse. Le Doyen de la Faculté des Sciences, M. JAVILLIER. CH. MAURAIN.