‹ Les cirrhoses alcooliques du foieChapitre 11 sur 34 · Goiter. Th. Paris · texte numérisé non relu

Goiter. Th. Paris

y a place pour des cas intermédiaires à forme variable, et la dénomination de cirrhoses mixtes me parait devoir leur être appliquée: »

Enfin M. Sabourin dont on connaît les savantes recherches sur la structure et l'anatomie pathologique du foie, a démontré que, dans la grande majorité des cas, les veines sus-hépatiques sont, comme les veines portes, les travées directrices de la néoformation conjonctive et qu'en conséquence les îlots de parenchyme engainés correspondent non à des lobules entiers, mais à des fragments de lobule. Il fit. voir d'autre part que l'intégrité du système veineux sus-hépatique s'observe seulement dans la cirrhose biliaire, « Dans la cirrhose annulaire, conclut-il, les canaux sus-hépatiques ont une cirrhose propre; dans la cirrhose insulaire, ils n'ont qu'une cirrhose d'emprunt ».

Ainsi se modifiait peu à peu, tout en restant exacte dans son ensemble, la conception anatô-

1 Sadocrin. Hcvuc de tnéd., 1882, 1883.

mique et pathogénique des cirrhoses du foie, telle qu'elle avait été formulée en 1877 par Charcot. Un autre travail de remaniement de la question commençait d'ailleurs à s'effectuer en môme temps.

Dans sa thèse, M. Hanot avait écrit : « Les derniers travaux, les observations précises présentées, cette année surtout, à la Société anatomique, démontrent surabondamment que le terme de cirrhose hypertrophique est loin de désigner toujours un complexus morbide identique. Je ne crois pas que l'heure soit venue de taire une étude d'ensemble des diverses formes de la cirrhose hypertrophique. En tout cas, mon intention est de décrire une variété de cirrhose hypertrophique. »

Cette étude d'ensemble ne peut être encore aujourd'hui fixée dans tous ses détails, Il n'en est pas moins vrai qu'à côté de la cirrhose hypertrophique avec ictère chronique de M. Hanot, d'autres formes sont venues prendre place dans le groupe des cirrhoses hypertrophiques : telles

sont la cirrhose paludéenne de MM. Kelsch et Kiener, la cirrhose pigmentaire du diabète sucré étudiée par MM. Hanot et Chauffard, et enfin la cirrhose syphilitique, tout au moins pour quelques-unes de ses formes, car ici l'hypertrophie est purement contingente.

Il est une autre variété, également admise à tUre d'espèce distincte et au sujet de laquelle nous devons dès maintenant nous expliquer.

Dupont1, Stiépovilch2, élèves de M. Lancereaux, puis MM. Lecorché et Talamon3 avaient signalé une forme de cirrhose avec stéalose rapide des cellules hépatiques, affection dont l'alcoolisme était, pour eux, la véritable condition étiologique, et, en 1882, M. Lancereaux, tablant sur ce nouvel ordre de faits, reconnaissait, dans ses cliniques, deux variétés de cirrhose alcoolique, la cirrhose de Laënnec ou cirrhose commune et la cirrhose graisseuse.

t. Dupost. Th. Paris, 1878.

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