‹ Les cirrhoses alcooliques du foieChapitre 18 sur 34 · Alison. Arch. génér. de médecine · texte numérisé non relu

Alison. Arch. génér. de médecine

quantités restant les mêmes pour le cerveau et le sang, le foie renfermait deux parties seulement lorsque l'alcool avait été introduit par injection intra-veineuse.

Or l'observation clinique est encore ici d'accord avec les résultats de l'expérimentation, car les dégustateurs qui rejettent les vins et les eaux-devie immédiatement après les avoir goûtés, et les ouvriers qui, dans les caves, dans les distilleries, sont continuellement exposés aux vapeurs d'alcool, fournissent un contingent de cirrhotiques beaucoup moins élevé que les alcooliques qui s'intoxiquent par la voie digestive.

D'autres circonstances étiologiques ne sont pas moins dignes d'attention, au point de vue du mode d'ingestion du liquide irritant. Les alcooliques qui font bonne chère et qui sont en même temps de gros mangeurs sont rarement atteints de cirrhose. Par contre, ceux qui se nourrissent d'une façon défectueuse et suppléent à l'insuffisance ou à la mauvaise qualité de leur alimentation par des excès de boisson sont infiniment

bO CIRRHOSES ALCOOLIQUES DU FOIE.

plus prédisposés à la maladie. L'état du tube digestif semble donc bien intervenir ici pour une part dans la détermination des accidents de sclérose.

Mais les désordres hépatiques, directement imputables à l'alcool, ont d'autant plus de chance de se produire que ce liquide est absorbé à jeun. Aussi la cirrhose s'observe-t-elle principalement chez les ouvriers qui, se rendant le matin de bonne heure à leur travail, ont l'habitude de boire plusieurs petits verres d'eau-de-vie. Il semble que, dans ces conditions, l'alcool, agissant à un degré maximum de concentration, irrite avec plus d'intensité les radicules portes pour y provoquer les phénomènes réactionnels de phlébite et de périphlébite, premiers stades de l'évolution morbide.

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