‹ Les cirrhoses alcooliques du foieChapitre 31 sur 34 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

?s"ous esquisserons seulement les indications principales du traitement.

Une première règle doit être inscrite en tête de ce chapitre : c'est la suppression absolue de l'alcool.

Au début, lorsque la maladie est encore au slade des congestions répétées qui précèdent si souvent la cirrhose ou accompagnent son évolution initiale, la proscription des liquides alcooliques et de toutes les boissons excitantes, des mets épicés, qui stimulent d'une façon exagérée le fonctionnement hépatique, et des graisses, dont la digestion exige le concours des sucs biliaires en abondance, suffira, dans bien des cas, à enrayer

momentanément les accidents. Le régime lacté sera un adjuvant précieux, tant par son action sur les phénomènes gastro-intestinaux que par ses propriétés diurétiques.

Parfois dès cette époque, les modifications de l'hygiène alimentaire se montreront inefficaces et les mômes ressources devront être mises en jeu qu'à une période plus avancée de l'affection.

Peut-on agir sur le tissu de sclérose?

L'usage de l'iodure de potassium est classique à ce point de vue (Lanccreaux).

L'emploi du calornel à petites doses (Bouchard) offrirait aussi des avantages multiples. Outre ses effets possihles sur la nutrition du foie et peutêtre même sur le tissu fibreux, il est capable d'exercer une influence purgative et diurétique, et d'autre part son rôle comme antiseptique intestinal ne saurait être contesté.

Il y a là, en effet, un triple but que la médication devra presque constamment poursuivre.

L'importance de l'antisepsie intestinale n'a pas besoin d'être mise en relief : elle est entrée au-

jourd'hui dans le domaine de la thérapeutique classique.

Quant à ce qui concerne le choix des purgatifs ou des diurétiques comme médicaments propres à favoriser la résorption de l'épanchement péritonéal, les avis ont différé.

Les purgatifs légers, pris d'une façon périodique, pourront être sans aucun doute d'un grand secours, mais c'est surtout à la voie rénale qu'il faudra s'adresser pour provoquer l'élimination des liquides et la dépuration organique. L'association au régime lacté de l'oxymel scillitique, du nitrate ou de l'acétate de potasse, etc., rendra, dans l'espèce, de réels services.

Tels sont, sauf complications intercurrentes, les moyens les plus rationnels à opposer au développement de la cirrhose alcoolique.

Une dernière indication, d'ordre opératoire, sera tirée de l'ahondance de l'épanchement ascitique : nous voulons parler de la ponction.

Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur les précautions antiseptiques qui devront être prises, sur le

mode opératoire pour lequel on aura à se décider (aspiration, ponction directe avec le trocart), etc.

Quelques considérations sont pourtant au moins à mentionner.

Il sera bon de ne pas attendre, pour pratiquer l'évacuation de l'ascite, que le ventre ait été distendu outre mesure : les parois abdominales recouvrent en effet difficilement alors leur tonicité, et d'autre part, en pareille occurrence, la diurèse ne peut être obtenue qu'à grand'peine.

Dans certains cas, la ponction, si le malade est soumis au régime et à la médication appropriés, sera suivie de la disparition de tous les symptômes cirrhotiques et pourra donner, dans les conditions que nous avons vues, l'espoir d'une guérison véritable et définitive. Mais bien souvent la reproduction du liquide se fait avec une rapidité désolante, les ponctions deviennent de plus en plus souvent nécessaires, et ce n'est pas, à la dernière phase de la maladie, une des moindres causes d'affaiblissement et de déchéance progressive, que ces

soustractions énormes de liquide, trop fréquemment répétées et pourtant indispensables pour lutter contre les dangers immédiats de l'asphyxie mécanique.

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