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ANCIEN MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, MINISTRE DES FINANCES

HOMMAGE DE PROFONDE RECONNAISSANCE POUR LE PUISSANT PATRONNAGE Qu'lL A BIEN VOULU ACCORDER A LA MISSION SCIENTIFIQUE DE L'AUTEUR DANS L'iNDE.

INTRODUCTION

k'iNDE est une des contrées qui ont toujours le plus vivement excité la curiosité des savants, des voyageurs, des artistes et des poètes. Par son climat et par son sol, aussi bien que par les êtres qui l'habitent, elle forme un monde profondément différent du nôtre. Ses conceptions religieuses et philosophiques, ses arts et sa littérature, ses institutions et ses croyances ne ressemblent à rien de ce que nous connaissons en Occident.

Ce monde étrange est une synthèse de tous les mondes, un résumé vivant de toutes les phases de l'histoire, un tableau fidèle des laborieuses étapes qui ont conduit les premières tribus humaines de la barbarie primitive à la civilisation moderne.

Ces étapes diverses que notre vieille humanité a dû successivement franchir restèrent cachées pendant longtemps sous la poussière des siècles. Nous commeuçons à peine à soulever l'épais linceul sous lequel dorment nos aïeux, et à ressusciter les âges évanouis durant lesquels se sont établis tous les fondements des croyances, des sentiments et des idées qui nous ont faits ce que nous sommes.

Ce n'est qu'en allant étudier dans des régions séparées les unes des autres par de vastes mers des peuples arrivés à diverses phases d'évolution, que la science est parvenue à montrer par quelle série de transformations successives les peuples de l'Occident sont parvenus à acquérir leur constitution mentale et sociale actuelle.

Une seule région du globe réunit aujourd'hui encore sur le même sol des races diverses présentant presque toutes les phases d'évolution du passé. Cette région est la vaste et merveilleuse contrée à l'étude de laquelle est consacré cet ouvrage. Son histoire résume celle de l'humanité, car on y retrouve tous les âges. Toutes les civilisations

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y apparaissent, soit vivantes encore, soit dans des vestiges grandioses. On y découvre toutes les formes passées de nos institutions, de nos coutumes, depuis leurs origines jusqu'à nos jours.

Pour ressusciter le passé de l'Inde, les événements historiques proprement dits manquent presque entièrement. Nous ne le regrettons pas trop. Les récits de batailles, de conquêtes, de successions de dynasties, qui remplissent les livres d'histoire ne servent le plus souvent qu'à cacher le cours véritable de l'existence des peuples.

Ce qu'il importe au penseur de connaître ce sont les grands courants généraux d'idées, de croyances, de sentiments, qui dominent un âge, et l'influence respective des divers facteurs qui les ont engendrés.

Dans l'ouvrage destiné à servir d'introduction à notre Histoire des Civilisations *, nous avons montré combien sont nombreux ces facteurs, et combien, malgré la diversité apparente de leur histoire, tous les peuples ont dû passer par des phases d'évolution semblables. Les contrastes parfois si frappants qu'on observe entre deux nations tiennent surtout à ce qu'elles se trouvent à des phases d'évolution différentes.

A défaut de chroniques historiques proprement dites, qui nous manquent presque entièrement pour l'Inde, il nous reste des monuments religieux, artistiques et littéraires, pour une période qui atteint près de 3000 années. Seuls ces monuments peuvent nous faire pénétrer dans la vie intime des peuples. Ils ont une tout autre importance que les récits des historiens. Les bas-reliefs d'un temple en ruine dans les jungles nous en disent souvent plus sur la pensée des anciens Hindous que toutes les chroniques royales qu'ils auraient pu nous laisser.

Les œuvres des écrivains, poèmes et légendes, nous montrent aussi cette pensée.

C'est dans les productions littéraires qu'il faut étudier fa psychologie intime d'un peuple. Impressionnables à l'excès, les poètes et les narrateurs subissent bien plus que les savants et les penseurs l'influence de leur milieu, c'est-à-dire de leur race et de leur siècle. Ils en sont les vivants et éloquents miroirs. Sans doute, ils déforment et exagèrent souvent le monde qu'ils représentent, mais ces déformations mêmes sont pleines de révélations pour nous. Ils souffrent et chantent les douleurs, les joies et les espoirs des hommes de leur sang et de leur âge. Ils traduisent les états de conscience des peuples, les grands courants de foi et de passion d'une époque, ils incarnent en un mot l'âme de leur temps. Depuis que les chants des poètes, les légendes des conteurs, sont conservés par la mémoire des hommes, nulle civilisation ne saurait nous être complètement inconnue.

Mais pour comprendre le vrai sens des monuments littéraires et artistiques d'un peuple, ceux des Hindous surtout, il faut aller les étudier sur place. Ce n'est que sur le sol même où une civilisation a pris naissance et s'est développée que nous pouvons en pénétrer l'esprit et apprendre à ne pas la juger avec nos idées modernes. Ce ne sera jamais en parcourant les livres d'une bibliothèque qu'un savant européen pourra comprendre et décrire le vrai génie d'un peuple asiatique.

* L'Homme et les Sociétés. Leurs origines et leur histoire, 2 vol. in-8, 1881.

INTRODUCTION

L'abîme qui sépare la pensée d'un homme de l'Occident moderne de celle d'un homme de l'Orient est véritablement immense. La précision et la fixité des contours de la première diffèrent étrangement des formes fugitives et ondoyantes de la seconde. C'est en vain que de l'immutabilité des coutumes chez les Orientaux on conclurait à l'immobilité de leur pensée. Pour l'Hindou en particulier, les idées et les croyances forment une masse nuageuse aux lignes tellement flottantes et indécises que dans nos langues latines, pauvres en épithètes mais précises, le terme manque le plus souvent pour les exprimer.

Toutes les études historiques des savants européens sur l'Inde se sont à peu près bornées jusqu'à présent à traduire des documents sanscrits. Mais le sanscrit est pour les Hindous une langue morte depuis bien des siècles, et qui joue à peine chez eux le rôle du latin en Europe. Juger de l'évolution de l'Inde uniquement à travers les vieilles œuvres littéraires serait aussi impossible que de connaître notre moyen âge et notre siècle de Louis XIV en se bornant à étudier Cicéron et Virgile.

Les brillantes poésies des Védas, les spéculations philosophiques des vieux sages, les dieux innombrables, les rites monstrueux et farouches ne peuvent être compris avec le seul secours des livres. Les splendeurs, surprenantes comme des visions, de civilisations raffinées et grandioses, doivent être étudiées sur le sol même de l'Inde. Le secret des mystères dont la littérature hindoue est pleine ne peut être trouvé que dans les ruines des antiques cités, sur les bas-reliefs des palais et des pagodes qui, des plateaux glacés de l'Himalaya aux plaines brûlantes du Dekkan, dressent, dans une nature éclatante et formidable, leurs vestiges à peine explorés. C'est dans ces livres de pierre, qui ne savent pas mentir, que se conserve intacte la pensée des peuples.

Ce n'est qu'à une époque bien récente que l'importance de cette dernière source d'information a été soupçonnée. Alors que la littérature sanscrite occupe beaucoup de savants et enfante un nombre toujours plus considérable de volumes, alors que des chaires sont consacrées à son enseignement dans toutes les grandes capitales de l'Europe, l'étude des monuments de l'Inde, bien autrement intéressante pourtant, commence à peine à être ébauchée.

Une commission spéciale a , il est vrai, été créée à cet effet par le gouvernement anglais. Mais cette commission , préoccupée surtout de déchiffrer des inscriptions, n'a guère publié que des plans géométriques d'un petit nombre de monuments, au lieu d'en montrer des représentations, si nécessaires pour que notre imagination occidentale puisse concevoir des arts tellement différents des nôtres.

La connaissance complète de ces monuments est d'autant plus nécessaire que les conquérants européens les laissent s'effriter sous l'effort du temps, lorsqu'ils n'y mettent pas eux-mêmes la pioche. A en juger par ce qui se passe aujourd'hui, on pour-

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rait prédire sûrement qu'avant cinquante ans il ne restera rien de ces merveilles, dont la construction exigea tant de siècles. Comme exemple entre mille de cette incurie, je citerai l'antique cité de Khajurao ; environ un tiers des soixante temples qui l'ornaient il y a seulement quarante ans ont aujourd'hui disparu.

ce II est impossible, écrivait il y a quelques années le général anglais Cunningham, de traverser l'Inde sans être frappé de la négligence avec laquelle a été traitée la plus grande portion des restes de l'architecture. Durant un siècle de domination anglaise , le gouvernement n'a à peu près rien fait pour la préservation des anciens monuments. A défaut d'histoire écrite, ils forment pourtant la seule source d'information sur l'ancienne condition de la contrée. Beaucoup disparaîtront pour toujours, à moins qu'ils ne soient conservés par de claires descriptions et par des dessins. »

Si, comme tout semble le faire prévoir, la menace du général Cunningham devait s'accomplir, l'humanité ferait une perte irréparable. Dans la nouvelle voie où le progrès des sciences l'a lancée, avec les nombreux et rapides moyens qu'elle possède aujourd'hui d'exprimer et de fixer sa pensée, elle ne consacre plus des siècles à l'enchâsser dans des écrins de pierre patiemment travaillés. Nous ne verrons plus s'élever les édifices merveilleux des âges d'ignorance et de foi. Les pyramides et les églises gothiques n'ont plus de raison d'être dans le siècle de l'électricité et de la vapeur.

Le gouvernement français, comprenant de quel prix serait pour les artistes comme pour les historiens la connaissance des monuments de l'Inde, a bien voulu nous confier la mission d'aller les étudier sur place. Cinq volumes, comprenant plus de 400 planches accompagnées d'un texte explicatif, ont été le résultat de notre mission. Ces documents se trouvent en partie reproduits dans cet ouvrage.

C'est en nous appuyant surtout sur l'étude des monuments que nous avons pu donner une base solide à notre Histoire des Civilisations de l'Inde. Nous avons visité tous les édifices importants de la péninsule, y compris ceux des régions les moins explorées, telles que le mystérieux Népal, où aucun Français n'avait pénétré encore. Nos observations nous ont permis d'éclairer d'un jour entièrement nouveau des points, tout à fait obscurs jusqu'ici, de la civilisation et de l'histoire religieuse des Hindous. Pour n'en citer qu'un exemple, c'est grâce à l'étude des monuments que nous avons pu montrer que le bouddhisme, dont les savants européens avaient voulu faire une religion sans divinités, en se basant sur des écrits de sectes philosophiques postérieurs de six siècles à Bouddha, fut au contraire le plus polythéiste de tous les cultes. C'est grâce à eux aussi que nous avons mis en évidence la façon dont cette religion a disparu du pays même qui l'avait vue naître, problème dont la solution avait été vainement cherchée par tous les savants qui l'avaient abordé.

Nous avons continué à appliquer dans cet ouvrage les principes qui nous ont dirigé dans nos précédents travaux et notamment dans notre Histoire de la civilisation des Arabes. Nous appuyer uniquement sur des documents précis ; montrer les transformations successives des institutions religieuses et sociales, et les facteurs de ces transformations ; étudier les phénomènes historiques comme s'il s'agissait de phénomènes physiques ; avoir enfin une méthode £t nous défier soigneusement des doctrines. C'est

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en prenant ces principes pour base que nous avons essayé de dégager de la masse confuse et grandiose des conceptions philosophiques, religieuses et sociales de l'Inde, leur sens lumineux et profond et de rendre aux dieux antiques leurs traits vénérés et terribles, voilés sous les ombres de la mort qui finissent par envelopper les dieux mêmes.

En dehors de l'intérêt historique, philosophique et artistique que l'histoire de l'Inde présente, un intérêt très pratique ressort pour nous, Français, de l'étude de sa situation actuelle. A une époque où on parle tant de colonisation, il y a une importance très grande à savoir comment un peuple européen est parvenu à gouverner, avec un millier de fonctionnaires et une armée de 60,000 hommes, un empire qui compte 250 millions d'habitants. Les relations de l'auteur avec les grands fonctionnaires anglais pendant son séjour dans l'Inde lui ont permis de pénétrer dans tous les détails de cette remarquable organisation, et d'en montrer le mécanisme, si peu compris en Europe.

Des considérations plus graves encore peut-être doivent conduire à étudier soigneusement l'Inde moderne. L'heure approche où l'électricité et la vapeur vont mettre en présence deux mondes, l'Orient et l'Occident, dont la vie et la pensée avaient été séparées jusqu'ici par d'immenses abîmes. Dans le conflit formidable qui va s'engager, non sur les champs de bataille, mais sur le terrain plus brûlant encore des luttes industrielles, entre des peuples, égaux par leurs aptitudes moyennes, mais dont les uns ont des besoins très grands alors que les autres ont des besoins très faibles, l'avenir de l'Occident, c'est-à-dire de la civilisation, est en jeu. Quels seront les résultats de ce conflit ? Dans quelles limites devons-nous continuer à fournir aux peuples de l'Orient les armes physiques et intellectuelles qui bientôt se retourneront contre nous ? De telles questions présentent un intérêt trop grand pour que nous ayons pu les passer sous silence dans cet ouvrage.

L'histoire des civilisations de l'Inde n'est donc pas seulement l'histoire d'un passé évanoui pour toujours, mais celle d'un passé qui porte en lui de redoutables inconnues.

Ce livre étant le premier ouvrage consacré à une étude d'ensemble des civilisations de l'Inde présentera forcément bien des lacunes. Il atteindra cependant le but que nous nous proposions si, dans nos séries de reconstitutions de la société hindoue depuis 3,000 ans, nous avons pu évoquer le tableau vivant des âges successifs traversés par un des derniers peuples dont les anciennes civilisations soient encore debout, et montrer de quel poids pèseront dans l'avenir du monde ses prochaines destinées.

Ces âges disparus, nous avons essayé de les faire revivre par la plume, la gravure et le pinceau, et de mettre sous les yeux du lecteur quelques tableaux des ruines de cette terre formidable, mère de tant de civilisations et de croyances. Mais quel crayon

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ou quelle plume rediront jamais le charme de cette terre lointaine où depuis les plantes que le voyageur européen foule à ses pieds jusqu'aux constellations qui scintillent sur sa tête , tout lui montre qu'il est transporté dans un monde entièrement nouveau pour lui ? Comment décrire ces cités merveilleuses comme des enchantements, auxquelles les plus gigantesques montagnes du monde forment une ceinture de neiges éternelles, ou ces villes mortes, vastes comme nos grandes capitales européennes, et dont les pagodes monstrueuses, les palais de granit, aujourd'hui déserts, apparaissant subitement au-dessus des jungles, feraient croire au voyageur qu'il se trouve devant des cités de Titans frappées par la malédiction céleste ? Comment fixer l'impression produite par ces temples mystérieux, qui s'enfoncent à l'infini dans les profondeurs des montagnes, et dont les milliers de statues de pierre, surgissant dans l'ombre à la lueur des torches, semblent les muets esclaves du Dieu des morts ? C'est à peine si le pinceau du plus brillant coloriste pourrait reproduire les splendeurs de ces palais de marbre blanc incrustés de pierres précieuses , dominant une enceinte de murs de granit rouges comme du sang, et dont la masse formidable se détache étincelante sur un ciel dont aucun nuage ne voile l'implacable azur. Nulle part la vision du passé ne se montre avec une vie aussi intense aux yeux du voyageur que sur le sol de l'Inde. Nulle part il n'a plus clairement conscience des âges successifs traversés par l'humanité, des différences qui les séparent et des liens qui les rattachent. C'est là seulement qu'il peut comprendre à quel point le présent découle du passé et prépare l'avenir ; comment nos idées, nos mœurs, nos conceptions sont l'héritage de générations que nous pouvons ignorer, mais dont rien ne saurait atténuer la toute-puissante influence. Seule l'évocation des vieux âges peut nous faire découvrir la genèse de nos institutions et de nos croyances et nous faire entrevoir le jeu de ces puissances formidables qui, par une série de lentes évolutions, conduisent fatalement toutes choses vers un but mystérieux.

Il m'est impossible de terminer cette introduction sans remercier ici les nombreuses personnes qui m'ont prêté leur précieux concours pendant mon voyage dans l'Inde ou pour l'exécution matérielle de cet ouvrage. J'ai reçu de lapait du Gouvernement anglais de la péninsule l'appui le plus gracieux; de ses agents ainsi que des souverains indigènes, l'hospitalité et l'assistance les plus empressées. Ne pouvant énumérer ici toutes les personnes auxquelles je dois des services, je me bornerai à en mentionner quelques-unes au hasard de mes souvenirs :

Le Gouvernement du vice roi à Calcutta et notamment le Ministère de l'Intérieur auquel je dois toute une collection de précieux ouvrages sur l'Inde; le général Annesley, ma véritable providence pendant mon séjour dans la péninsule; sir Lepel Greffin, gouverneur de l'Inde centrale; sir Fergusson, gouverneur de la présidence de Bombay; le colonel Bradfort, commissaire du Rajpoutana; M. Saunders, commissaire du gouvernement anglais à Ajniir; le major Collingwood au Mont Abou; le général Marter, à Agra; M. Kipling, directeur du Muséum de Lahore; le colonel Walter, ministre résident à Odeypour; le pandit Pratap Jotishi

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dans la même ville ; le colonel Berkeley, ministre résident à Gwalior ; le major Robert Annesley, à Bénarès ; le docteur Gimlette, chirurgien de l'ambassade anglaise au Népal ; M. Krœtzner, consul général de France à Calcutta ; MM. Moët et Foex, chanceliers des consulats français ; M. Curry, magistrat à Cuttack ; M. Porch, magistrat à Jaggernauth ; M. Hinds, ingénieur à Bijapour ; M. Heath, ingénieur à Agra ; M. Black, ingénieur anglais, unique habitant de Bijanagar; M. Richaud, gouverneur de Pondichéry; les collecteurs de Kombakonum, Trichinopoly, Madura etc. ; le colonel Cokburn, à Hyderabad ; le régent du royaume de Chatterpore (Bundelkund) ; sa Hautesse la Reine de Bhopal etc., etc.

A l'exception de quelques plans, d'ailleurs inédits, que je dois à M. Heath, l'éminent ingénieur qui a restauré le Taje, la grande majorité des gravures de cet ouvrage ont été exécutées, d'après mes photographies, par l'héliogravure, c'est-à-dire sans l'assistance de graveurs et de dessinateurs. M. Petit, chargé de cette très lourde tâche, s'en est acquitté avec le plus grand zèle et je suis heureux de lui exprimer ici toute ma satisfaction. Certaines de ses photogravures sur cuivre sont supérieures à tout ce qui avait été obtenu jusqu'ici par tous les procédés analogues.

De même que pour mon précédent ouvrage, la Civilisation des Arabes, MM. Firmin Didot ont bien voulu prodiguer à l'exécution matérielle de ce livre leurs soins journaliers, et je ne saurais trop les en remercier. Leur maison n'a reculé devant aucune des énormes dépenses que l'exécution d'un pareil ouvrage entraîne.

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