MAHRATTES
Le nom de Mahrattes vient de Maha Rashtra, qui signifie le Grand Royaume. Ce nom et la race qu'il désigne sont fort anciens dans l'Inde , sans qu'on puisse déterminer exactement ni les limites de l'antique Maha Rashtra, ni l'origine exacte du peuple qui l'habitait. Ce n'est qu'au dix-septième siècle que les Mahrattes apparurent dans
l'histoire, mais le rôle qu'ils assumèrent alors fut de la plus haute importance, puisqu'ils conquirent une grande partie de l'Inde et faillirent créer un empire indigène.
Ils sont groupés aujourd'hui, au nombre (d'environ dix millions, dans le nord-ouest du Dekkan, entre les Ghats occidentales et les Satpoura, et occupent surtout la région montagneuse où se trouvent les sources et le cours supérieur du Godavéry et de lia Kistna. Convertis depuis des temps très reculés à la religion brahmanique, ils sont divisés en castes ; mais chacune de ces castes est réput<ée très inférieure à celle qui porte le même nom chez les autres peuples^, et les Mahrattes en masse ne sont guère considérés par les Hindous que comme des Soudras. Cette circonstance tendrait à prouver que mous sommes ici en présence des descendants d'une race jadis vaincue et soumise. Leur type est plutôt touranien, mais en réalité assez mal (défini, comme ceux de toute les populations mêlées. Ils sont de taille moyenne, ont la peau d'un jaune plus ou moins foncé, les pommettes légèrement saillantes, les yeux petits, le nez souvent relevé à l'extrémité et les narines larges. Leurs femmes ont la peau plus claire et urne longue et abondante chevelure d'un noir de jais.
Ils forment une fédération de communes indépendantes dont chacune est gouvernée par un maire élu nommé pakel, envoyant chacune des députés au pantchayat sorte d'assemblée natoionale. L'attachement de ce peuple à ses anciennes institutions est tel que, même lorsqu'il se constitua en royaume, son souverain ne poirta point d'autre titre que celui de patel , et l'autorité suprême comtinua à résider au sein du pantchayet.
Outre cet important groupe mahratte des Ghats occidentales, il faut mentionner ici les États mahrattes de3 l'Inde centrale. Us ne sont point habités à la vérité par des populations de cette race, mais gouvernés par des dynasties qui en sont issues et qui représentent encore de nos jours le prestige et la puissance des anciens conquérants. De ces Etats qui s'étendent sur une longueur de plusieurs centaines de kilomètres de la Jumna aux monts Vindhya, (dans le Rajpoutana, le Bundelkund et le Guzerat, celui de Gwalior est le plus important. Le Maha-
RACES DE L'INDE CENTRALE ET MÉRIDIONALE
Rajah de Gwalior appartient à la célèbre famille des Scindyas, qui sut élever un royaume florissant sur les ruines de l'empire des Mogols, résista souvent avec bonheur à l'invasion anglaise, et conserva son trône
Fig. 50. — Officiers arabes d'Hyderabad.
Le personnage à gauche de cette gravure est le colonel Mahomed-Ali-Bey, aide de camp du Niisam et commandant la brigade de Golconde. Le personnage à droite est son fils. Le colonel commandait l'escorte qui m'accompagna dans la forteresse de Golconde. Le type arabe du premier est visiblement altéré par le mélange de sang hindou dans la physionomie du second. Tons les Arabes qui continuent enoore à émigrer dans le Nizam s'altèrent ainsi rapidement par les croisements.
alors que croulaient de toutes parts les souverainetés indigènes.
Les commencements de la dynastie des Scindyas furent modestes; en 1725, Ranaji Scindya était simple porteur de pantoufles à la cour
du Peichwah de Pouna. Il grandit par la rase autant que par le génie ; ses descendants Madhaji et Daolat Rao, devinrent les héros de l'indépendance de l'Inde, et firent de valeureux efforts pour réunir les peuples indigènes dans une action commnine contre les conquérants anglais.
Le fondateur de la puissance mahratte, celui qui, au dix-septième siècle, fit une nation guerrière et redoutable de ces petites communes d'agriculteurs obscures jusque-là, était un siimple aventurier du nom de Siv-ajL Ce fut sous son influence que s'org;anisèrent les bandes de pillards hardis qui, partis du Dekkan, allèrent «épouvanter jusqu'aux villes de l'embouchure du Gange, et détruisirent l'empire mogol. Leurs descendants d'aujourd'hui ne leur ressemblent guère, et seuls les brillants Rajahs de Gwalior et d'Indore ont gardé quelques reflets du prestige qu'exerça un moment leur race.