ARCHITECTURE DE L'INDE PENDANT LA PÉRIODE BOUDDHIQUE
(DU Ve SIÈCLE AVANT J.-C, AU VIIIe DE NOTRE ÈRE).
Les plus anciens monuments de l'Inde ne remontent qu'à l'époque bouddhique, et à une phase déjà avancée de cette époque. On a rencontré, il est vrai, dans le Bengale, des temples souterrains du' cinquième siècle avant notre ère ; mais ce ne sont que des excavations propres à montrer que les Hindous étaient déjà habiles à travailler la pierre : elles sont insuffisantes pour nous révéler ce que pouvait être alors leur architecture. Les véritables oeuvres architecturales n'apparaissent qu'à l'époque d'Asoka, 250 ans environ av. J.-C.
Tous les monuments de l'Inde pendant la période bouddhique peuvent être classés dans les catégories suivantes :
Lâts ou Stambkas. — Ce sont des colonnes commémoratives , parfois, contemporaines d'Asoka, et sur lesquelles ce prince faisait graver
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ses édits. Elles peuvent être rangées parmi les sources les plus précieuses de l'histoire de l'Inde. Les plus célèbres se trouvent à Allahabad et à Delhi. Elles sont couvertes d'inscriptions consacrées surtout à des prescriptions religieuses, des mentions de rois, etc. Leurs chapiteaux
sont souvent surmontés d'un éléphant ou d'un lion, et rappellent les colonnes de Persépolis.
On suppose que ces colonnes étaient généralement placées devant des stupas, ou des constructions analogues. On les rencontre quelquefois devant des temples souterrains, notamment à Karli.
Temples et monastères creusés dans h roc. — Les plus anciens et les plus riches monuments de l'Inde sont les temples et les monastères creusés dans le flanc des montagnes.
A l'exception de quelques salles souterraines du Béhar, qui remontent à cinq siècles avant notre ère , mais qui ne sont que de simples excavations, les plus anciens sont de deux siècles seulement antérieurs k J.-C. Ils se continuent jusqu'au huitième
Fig m. Maduva. Bétails d'un pilier giède dfi n()t £ ^ COnséqUent
dans un des sanctuaires de la grande ' 1 T.
pas°de- pendant une période de près de mille ans.
Lorsque le bouddhisme disparaît de l'Inde, ils disparaissent eux-mêmes presque entièrement. Les neuf dixièmes de ces monuments sont en effet bouddhiques, un dixième seulement est d'origine brahmanique ou jaïnique.
Ces constructions, creusées dans le roc, se divisent en temples ou chaïtyas, et monastères ou viharas. On ne compte qu'une trentaine des premiers, alors qu'il existe un millier des seconds.
Quelques-uns sont de simples excavations très peu ornées ; mais
LES MONUMENTS DE L'INDE
beaucoup d'entre eux, et des plus anciens, sont ornés d'une profusion de sculptures, et ciselés avec une richesse qu'aucun peuple n'a dépassée.
Nous avons représenté dans cet ouvrage quelques-uns des plus intéressants de ces temples et notamment les plus remarquables de ceux qu'on observe à Bhaja, Karli, Ellora, Badami, Ajunta, etc. Pour donner une idée de leur construction et du formidable travail qu'ils représentent, je vais dire quelques mots de ceux d' Ajunta (représentés p. 191 et suivantes). J'aurai à revenir dans un autre paragraphe sur ceux d'Ellora.
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Kg. 205. — Madura. Pagode et étang sacré auprès de la ville (xvie siècle).
Les temples d' Ajunta sont creusés à 90 kilomètres d'Aurengabad, dans les flancs d'une montagne escarpée au-dessus d'une gorge sauvage où coule un torrent impétueux. On n'y arrive qu'après avoir franchi de véritables amoncellements de rochers. Le simple aspect de ces lieux sauvages et si difficilement accessibles , prouve que les moines qui s'y réfugièrent tenaient à la solitude et tâchaient de rendre leur retraite inabordable par tous les moyens possibles. A en juger par le bien petit nombre d'Européens qui, malgré le voisinage de Bombay, se décident à visiter Ajunta, leurs voeux devaient être réalisés amplement.
Les âges variés de ces temples prouvent que pendant de longs siècles des générations d'hommes ont vécu sous leurs sombres voûtes. Le travail formidable exécuté en sculptant, pour ainsi dire, tout l'intérieur
de la montagne, ne peut se comprendre qu'en songeant à l'accumulation de siècles qu'il a demandée.
Les plus anciennes constructions d'Ajunta sont antérieures probablement de 150 ans à Jésus-Christ. Les dernières sont du septième siècle de notre ère. Les différences qu'on observe entre elles tiennent plutôt à l'abondance de l'ornementation qu'à la valeur artistique. A Ajunta, pas plus qu'ailleurs dans l'Inde, la valeur des monuments ne suit une progression chronologique.
Les temples d'Ajunta les plus récents se caractérisent surtout par la reproduction de la figure de Bouddha, qu'on trouve répétée presque à l'infini. Les dagobas ou autels sont recouverts de sculptures parmi lesquelles figure Bouddha arrivé à la béatitude divine.
Les temples et les monastères souterrains d'Ajunta sont généralement précédés par une vérandah de pierre supportée par des piliers taillés, comme le monument lui-même, dans le roc.
Il existe à Ajunta plusieurs monastères attachés aux chaïtyas. Ils sont formés de cellules disposées autour d'une salle et contenant chacune un lit de pierre ; mais le plus souvent ils ne sont pas séparés du chaïtya ; et la salle , quelquefois immense , autour de laquelle ils sont placés . sert de temple et contient même plusieurs chapelles latérales consacrées, comme dans les églises catholiques, à l'adoration de quelque saint. Les derniers monastères finirent par s'agrandir tellement qu'il fallut ajouter des piliers supplémentaires pour supporter le plafond du temple autour duquel ils sont placés, bien que ce plafond fût uniquement formé par la partie supérieure de l'excavation pratiquée dans la montagne. Ajunta possède des salles souterraines ayant 28 mètres de côté et supportées par 24 piliers volumineux : la hauteur de ces piliers ne dépasse guère 4 mètres.
Au fond de ces grandes salles souterraines on voit généralement une statue colossale de Bouddha entourée de divers personnages. Les piliers et les plafonds sont recouverts de sculptures et d'arabesques coloriées. Les murs sont revêtus de fresques peintes représentant des scènes de la vie de Bouddha. Bien qu'en très mauvais état, ces fresques présentent un intérêt considérable, car ce sont les seules peintures qui nous soient
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restées de l'Inde ancienne. Elles remontent probablement an cinquième
OG. — Maclu
i. Intérieur du palais de Tirumal Najak (xvite siècle).
Ce monument, un des plus remarquables palais de l'Inde, a été édifié sous le règne du rajah hindou Tirumal, au XVII* siècle. Sans les statues qui ornent ses diverses parties, on le prendrait pour un monument exclusivement musulman. Il constitue un des meilleurs exemples qu'on puisse citer de l'influence énorme qu'exercèrent les Musulmans dans toutes les régions de l'Inde, y compris celles qui n'étaient pas soumises à leur domination.
siècle de notre ère. Le caractère des physionomies est frappant : les traits, le costume, la coiffure indiquent une race tout à fait différente de celle dont on a le type dans les premiers monuments de Bhaja, Karli, Bharhut, Sanchi, etc.
L'effet de ces temples souterrains n'est dépassé que par celui des temples d'Ellora. L'aspect de ces vastes salles, aux piliers massifs, où la vue se perd dans l'ombre, et au fond desquelles on entrevoit, à la lueur des torches, une statue colossale de Bouddha qui semble gardée par des géants, est des plus imposants.
Stupas ou Topes. — Les stupas ou topes, rappellent généralement, pour la forme, nos anciens tumulus européens. Ils ont généralement une forme hémisphérique, comme à Sanchi, mais parfois ils affectent celle d'une tour, comme à Sarnath. Ils sont entourés d'une sorte de balustrade en pierre couverte de sculptures. Des portes monumentales y donnent accès.
Le grand tope de Sanchi que nous allons décrire donnera une idée suffisante de ce genre de construction. Ce monument est un des plus anciens et des plus beaux de l'Inde. Le tope lui-même est contemporain d'Asoka, c'est-à-dire antérieur de 250 ans environ à J.-C. ; la balustrade et les portes sont du commencement du premier siècle de notre ère. En dehors des temples creusés dans le roc, l'Inde ne possède que bien peu de monuments de cette époque ; et si ceux de Sanchi ont échappé à la destruction, ils ne le doivent sans doute qu'à leur situation dans une région d'un accès fort difficile. En rapprochant de ce monument ceux de la même époque, ceux de Bharhut, par exemple, et en considérant qu'ils ne sont pas moins riches en ornementation, nous devons admettre que l'architecture des grandes capitales devait avoir atteint un haut degré de splendeur.
Le tope de Sanchi fut édifié, de même que les constructions analogues, pour marquer quelque place sacrée, ou en commémoration de quelque événement religieux.
La forme du monument est à peu près celle d'un dôme hémisphérique, ou plutôt semi-ovoïde, aplati à sa partie supérieure. Il a
d'une sorte d'autel formé d'un parallélépipède supportant trois plaques de pierre, chacune plus large que celle située au-dessus, et recouvertes de sculptures. Cette forme d'autel est d'ailleurs classique; elle se retrouve sur tous les dessins de topes, de bas-reliefs, et sur les dagobas des temples souterrains.
Comme toutes les constructions analogues, le tope de Sanchi est construit en briques. La partie la plus intéressante de ce monument est la grande balustrade en pierre qui l'entoure, et surtout les quatre admirables portes qui y donnent accès, et dont nos gravures représentent les parties les plus remarquables. (Voir p. 217 et suivantes.)
La balustrade de pierre fait le tour du tôpe; elle est formée de piliers verticaux octogonaux portant des ouvertures à travers lesquelles ont été passées les colonnes horizontales de pierre destinées à la compléter.
La balustrade possède plusieurs médaillons sculptés, mais le travail le plus important des artistes semble avoir été réservé pour les grandes portes dont nous avons parlé plus haut : elles sont couvertes de sculptures et de bas-reliefs sur toutes leurs faces. La plus importante est celle du nord : elle a près de 10 mètres de hauteur sur 6 mètres de largeur. Nos dessins en donnent diverses représentations à plusieurs grandeurs.
Les bas-reliefs dont les portes monumentales de Sanchi sont couvertes offrent généralement des scènes de la vie de Bouddha lorsqu'il était prince ou pendant ses existences antérieures. Le réformateur n'est nulle part représenté dans les attitudes conventionnelles, debout ou assis les jambes croisées, qui devinrent universelles plus tard.
Cette même porte nord est surmontée du trident, emblème de Bouddha. Sur le côté gauche, à la base du pilier, est figurée l'empreinte du pied de Bouddha.
Les autres portes sont moins chargées de sculptures et d'ornements; elles sont cependant fort remarquables encore, comme on peut s'en convaincre par nos photographies. Les animaux qui surmontent les piliers de Tune d'elles notamment sont fort curieux.
L'aspect des personnages sculptés sur les bas-reliefs de Sanchi, leur coiffure, leurs figures rondes et aplaties semblent indiquer une race de l'Asie centrale. Cette race, disparue de nos jours, a dû jouer un rôle
LES MONUMENTS DE L'INDE
important à cette époque, car ce type figure également sur les monuments de Bharhut, Bouddha-Gaya, etc.
Grands temples bouddhiques construits sur le sol. — Les grands temples bouddhiques non souterrains sont d'une rareté excessive ; non sans doute parce qu'il n'y en eut qu'un petit nombre d'élevés, mais parce que leurs matériaux de construction, la brique notamment, présentent peu
de résistance sous le climat de l'Inde. Le seul qui ait échappé entièrement à la destruction, et cela grâce uniquement aux restaurations successives dont il a été l'objet, est celui de Bouddha-Gaya, construit un siècle avant Jésus-Christ à l'endroit où Bouddha se tenait lorsqu'il arriva, suivant la légende, à la suprême sagesse. (Voir p. 239.)
Pour les 500 millions d'hommes qui professent encore le bouddhisme, c'est-à-dire pour la majorité des peuples asiatiques, les trois localités les plus sacrées du monde sont : Kapilavastou, où naquit Bouddha; Bénarès, où il prêcha d'abord sa doctrine ; et Bouddha-Gaya, où il arriva à la suprême sagesse. On ne connaît pas avec certitude l'em-
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placement de la première de ces trois villes; les deux dernières existent encore et figurent parmi les lieux les plus fréquentés de l'univers.
La date de la construction du temple de Bouddha-Gaya a été l'objet de nombreuses controverses parmi les archéologues. L'époque de sa primitive fondation n'était guère contestée, et on reconnaissait généralement que la description donnée par Hiouen-Thsang correspond exactement au temple actuel. Toute la discussion portait uniquement sur le point de savoir si le travail dont il avait été l'objet, d'après une inscription, au commencement du quatorzième siècle, avait été un travail de réédification ou simplement une restauration. Les recherches de Cunningham et du babou Rajendralala Mitra semblent avoir mis hors de contestation que le travail exécuté au quatorzième siècle fut une simple restauration faite par des ouvriers locaux, et qui n'altéra en rien les formes essentielles du monument.
Le temple de Bouddha-Gaya a la forme d'une pyramide à base carrée, à neuf étages, reposant sur un cube de 8 mètres environ de hauteur sur 15 mètres de côté. La hauteur totale de l'édifice est d'environ 52 mètres. A l'intérieur sont trois petits sanctuaires superposés : celui de la base a un peu plus de 6 mètres de côté sur près de 7 mètres de hauteur; il contient un trône de basalte noire sur lequel était jadis placée une statue en or de Bouddha.
Je ferai remarquer que la forme pyramidale de ce temple est tout à fait anormale dans le nord de l'Inde ; elle rappelle un peu au contraire les temples du sud de la péninsule. Les plus anciens construits sur ce type étant postérieurs d'une dizaine de siècles à celui de Bouddha- Gaya, il serait fort possible que celui-ci leur eût servi de modèle.
Dans les fouilles qui ont été récemment exécutées autour de Bouddha- Gaya, on a déterré un nombre considérable de sculptures, piliers, stupas votives, etc., fort anciens pour la plupart. Ils sont placés aujourd'hui dans les jardins qui entourent le temple. Une de nos photographies (p. 245) représente les plus remarquables.
Le temple de Bouddha-Gaya a été de la part du gouvernement anglais l'objet d'une restauration qui vient d'être terminée récemment : on ne saurait en complimenter l'auteur. Non seulement il a cru devoir modifier
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sensiblement la forme de certains détails, comme j'ai pu m'en convaincre sur place par la comparaison du temple actuel avec la photographie du monument avant sa restauration; mais, en outre, il a recouvert l'édifice d'une abominable couleur jaune sale qui lui donne un aspect fort laid. 200,000 francs environ ont été dépensés pour ce malheureux travail.
Monuments gréco-hindous du nord-ouest de V Inde. — Les puissantes barrières qui semblaient devoir toujours isoler l'Inde du reste du monde ne l'ont pas empêchée, depuis l'antiquité la plus haute, d'être envahie
Fig. 209. — Sriringam. Grande pagode. Détails des sculptures d'une portion d'une gopura (dix-septième siècle).
La grande pagode de Sriringam est probablement le plus vaste temple du monde. Elle est formée de sept enceintes concentriques dont la plus grande a près de 900 mètres de côté. Elle possède quinze gopuras dont une a 52 mètres de hauteur.
par les peuples les plus divers. C'est à travers l'Himalaya, et surtout par la passe de l'Afghanistan , que sont entrés tous les conquérants, Aryens, Mogols, Persans, Afghans, qui ont contribué à la peupler, et depuis les Perses qui l'envahirent sous Darius cinq siècles avant notre ère, depuis les Grecs qui y pénètrent 330 ans avant Jésus-Christ avec Alexandre, jusqu'aux Arabes et aux Mogols qui la conquirent entièrement, elle a été en contact avec bien des peuples et soumise à bien des influences étrangères.
Nous devons donc nous attendre à trouver dans l'architecture de l'Inde le reflet de ces influences étrangères. Nous le trouvons, en effet, mais — sauf pour les influences musulmanes — à un degré bien faible. Jusqu'à l'époque oii elle fut soumise à la loi de l'Islam, l'Inde a tou-
jours absorbé les différents conquérants qui l'avaient envahie sans se laisser influencer par eux. Elle présente un phénomène analogue à celui jadis constaté en Egypte. Envahi par vingt peuples divers, parmi lesquels les Grecs et les Romains, le pays des Pharaons avait gardé son antique structure et conservé, sans y rien changer, sa religion, son architecture et sa langue. La civilisation musulmane seule fut assez puissante pour transformer entièrement sa religion, sa langue et ses arts.
L'islamisme exerça dans l'Inde une influence analogue; sans faire disparaître, comme en Egypte, les éléments qu'il rencontrait, il se combina intimement avec eux ; de même que la langue, l'architecture devint demi-musulmane, demi-hindoue.
En dehors de l'islamisme, les influences étrangères dans l'Inde ont toujours été extrêmement faibles, et ont été absorbées ou transformées par des influences locales plus puissantes. Quel que soit l'art importé dans la Péninsule, qu'il l'ait été il y a 2000 ans, ou de nos jours, il s'y transforme bientôt et prend entre les mains des artisans hindous un aspect spécial qui fait reconnaître immédiatement que l'esprit de l'Inde a passé en lui.
Les plus anciennes influences artistiques étrangères se montrent dans l'Inde sur les bords de FIndus. C'est par cette région que les relations s'établirent d'abord avec les Perses, puis avec les Grecs. Nous avons vu que les récits d'Hérodote, confirmés par des inscriptions cunéiformes, prouvent que, 400 ans avant J.-C, des royaumes des bords de FIndus payaient tribut au roi des Perses.
Des débris de monuments, dont les plus anciens ne sont pas d'ailleurs très antérieurs au début de notre ère, révèlent l'influence persane dans certains motifs d'architecture. Elle se manifeste surtout dans des colonnes dont les chapiteaux en forme de cloche sont surmontés d'animaux couchés dos à dos ; on en retrouve le prototype dans le palais des rois achéménides à Persépolis. Ce genre de colonnes se retrouve dans beaucoup d'anciens temples de l'Inde, et notamment à Nassik, Sanchi, etc., mais surtout dans les districts avoisinant Peshawer. Les plus anciens se rencontrent à Bharhut et sont antérieurs de 250 ans à notre ère.
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Ces influences persanes furent remplacées plus tard par des influences grecques, mais ces dernières ne se rencontrent que dans les vallées de Kaboul et du Cachemire. Elles se manifestent surtout dans les statues (voir p.
249 et suivantes) et les colonnes. Les colonnes sont doriques dans le Cachemire, ioniques à Taxila , corinthiennes dans la vallée de Kaboul. Elles portent du reste les marques des croyances hindoues. On y voit notamment la statue de Bouddha entre les feuilles d'acanthe.
Les influences grecques n'ont guère dépassé la partie bien limitée du nord-ouest de l'Inde que nous venons d'indiquer, et c'est en vain qu'on a cherché jusqu'ici à les découvrir dans les bas -reliefs et les sculptures de divers monuments. Au delà des régions avoisinant P Indus elles ont été
Fig. 210. — Sriringam. Grande pagode. Détails d'un pilier.
tellement noyées dans l'art hindou qu'elles sont devenues entièrement méconnaissables. Après avoir examiné avec le plus grand soin les temples les plus considérables de l'Inde, je n'y ai rien trouvé qui puisse indiquer, ni dans leur sculpture, ni dans leur architecture, que les Hindous, en dehors des régions si restreintes que nous avons signalées, aient jamais fait un emprunt important à l'art grec.
Les influences persanes primitives mentionnées plus haut et qui disparurent bientôt, reparurent plus tard, et beaucoup plus profondes, avec les invasions musulmanes. L'art que ces dernières apportaient avec elles était d'origine persane, mais profondément transformé déjà par la civilisation que les Arabes avaient introduite en Perse, lorsqu'ils y renversèrent au septième siècle la dynastie sassanide. L'art nouveau, demipersan, demi-arabe, que les Musulmans importèrent dans l'Inde se rattache par bien des points aux plus anciens styles de la Perse. L'emploi de briques émaillées, par exemple, remonte à une antiquité bien antérieure à notre ère.