ARCHITECTURE DE LA PÉRIODE NÉO-BRAHMANIQUE
(DU Ve SIÈCLE DE NOTRE ÈRE AU XVIIIe).
Les monuments de la période que nous allons étudier maintenant, et qui commence vers le sixième siècle de notre ère, alors que le bouddhisme décline rapidement dans l'Inde, se divisent à première vue en deux grandes classes : l'une comprenant tous les monuments des diverses régions du nord et du centre de l'Inde ; malgré leur parenté évidente, ils présentent des différences très notables suivant les contrées et les époques oii ils ont pris naissance ; l'autre renfermant les monuments de tout le sud de l'Inde. Ces derniers offrent de telles analogies qu'il faut un œil particulièrement exercé pour les distinguer. Alors que nous serons obligé de répartir l'étude des monuments de la première classe en plusieurs paragraphes, nous pourrons résumer en un seul tous ceux de la seconde.
Architecture de la province d' Orissa. Les monuments de la côte d'Orissa sont parmi les plus anciens et les plus remarquables de l'Inde.
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Ils ont été édifiés du cinquième siècle au treizième de notre ère. Les tem-
Fig. 211. — Sriringam. Grande pagode. Piliers dans l'intérieur du temple.
pies souterrains qu'on rencontre dans la même région sont beaucoup
plus anciens, puisqu'on en trouve parmi eux antérieurs de trois siècles à notre ère, mais ils ne se rattachent en rien par leur architecture aux temples dont nous allons parler.
Le style des temples de la province d'Orissa est assez uniforme au moins dans les lignes essentielles, malgré les sept à huit siècles qui se sont écoulés entre la construction des premiers monuments et celle des derniers. Il diffère beaucoup de celui des temples du sud de l'Inde : on n'y voit ni tours à étages superposés, ni salles supportées par des colonnes. Bien que les piliers fassent connus, puisque nous les trouvons dans les excavations souterraines bien antérieures aux anciens temples, ils ne sont qu'exceptionnellement employés.
La forme extérieure des temples d'Orissa est pyramidale ; mais ces pyramides, au lieu d'avoir leurs côtés rectilignes, comme dans les temples du sud de l'Inde, les ont curvilignes. (Voir p. 261 et suivantes.)
Les temples d'Orissa consistent essentiellement en un sanctuaire cubique, contenant des images de divinités, surmonté par la tour pyramidale à côtés curvilignes dont nous venons de parler. Ces pyramides sont tronquées à leur sommet et terminées par une sorte de couronne côtelée ressemblant à un melon aplati : elles sont couvertes d'ornements et de sculptures.
Le front de l'édifice est précédé d'un porche couvert également d'une tour pyramidale. A la suite de ce porche, et dans le même axe, sont souvent disposées une ou deux salles, l'une servant de salle de danse, l'autre de réfectoire.
Tout l'édifice est entouré d'un mur d'enceinte à travers lequel on pénètre par plusieurs portes, plus ou moins ornées, surmontées d'un toit pyramidal à côtés rectilignes.
La façade principale du temple est toujours orientée à l'est, de façon que la divinité placée dans le sanctuaire se trouve en face du soleil levant.
Les proportions du temple sont soumises à des règles rigides. Les dimensions de chacune de leurs parties sont également réglées par des canons inviolables. Oe n'est que dans les détails d'ornementation, les sculptures, etc., que les artistes ont pu donner libre cours à leur fantaisie. Tous les temples d'Orissa sont construits sur le même plan, et
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leurs formes générales se ressemblent beaucoup. L'Hindou est le plus conservateur des peuples conservateurs, et quand la coutume a fixé pour lui un type quelconque, il faut des siècles avant qu'il s'en écarte. Ce n'est jamais dans la forme des temples, mais dans leurs détails d'ornementation qu'il faut chercher des traces d'évolution lorsqu'on étudie l'architecture de l'Inde.
Les murs des temples ont une épaisseur considérable, et de beaucoup supérieure à ce que la stabilité de l'édifice exigerait. D'après le
Fig. 212. — Kombakonum. Étang sacré dans l'intérieur de la pagode (xvnc siècle).
canon des plus anciens livres d'architecture hindoue, les murs de l'édifice doivent former quatre dixièmes de son espace total, six dixièmes seulement étant laissés pour l'espace libre. Cette masse énorme de matériaux, tout en donnant un aspect majestueux au monument, a pour résultat de le rendre presque indestructible. Dans un pays sujet aux tremblements de terre et aux intempéries atmosphériques de toutes sortes, cette dépense excessive de matériaux n'est peut-être pas aussi inutile en pratique que la théorie l'indique.
Les architectes de ces temples n'ont rien négligé de ce qui pouvait augmenter leurs dimensions apparentes. Les lignes verticales se trou-
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vent multipliées à dessein, et les lignes horizontales évitées soigneusement.
A Orissa, les temples, au lieu d'être construits en totalité ou en partie en briques, comme dans le sud de l'Inde, sont construits uniquement en pierre : la plus employée est le grès. Ces pierres sont taillées et jointes avec une perfection telle que le ciment était inutile pour les relier ; aussi n'en a-t-on jamais fait usage. Les parties dont la saillie est trop proéminente sont quelquefois consolidées par des crampons de fer. Les architraves, au lieu d'être en pierre, sont parfois remplacées par des poutres de fer forgé ; on en a trouvé à Kanarak qui avaient 7 mètres de longueur sur 20 et 25 centimètres de section. Conformément aux indications théoriques de la mécanique, elles sont plus épaisses à leur milieu qu'à leurs extrémités.
La pierre et le fer sont, comme on le voit, les seuls matériaux de construction employés dans ces temples ; le bois n'est utilisé exclusivement que pour les portes. La plus ancienne porte de Bhuwaneswar est en santal sculpté.
Les voûtes à joints convergents sont aussi inusitées à Orissa que dans les autres temples de l'Inde. Celles qu'on y voit sont toutes formées de pierres disposées par assises horizontales, disposition vicieuse, assurément, au point de vue de l'économie des matériaux, mais qui présente les avantages d'une durée indéfinie.
Les colonnes et les piliers détachés des murs sont extrêmement rares dans les temples d'Orissa; on n'en rencontre guère que dans une des salles du grand temple de Bhuwaneswar.
Architecture du Rajpoutana. — Le nom de Rajpoutana est donné , comme on le sait, à la région désignée par les habitants sous le nom de Radjasthan, ou pays des Rajahs. Depuis qu'ils en ont fait la conquête, les clans rajpouts ont toujours réussi à y maintenir leurs institutions, même lorsque les invasions musulmanes renversèrent leur pouvoir.
Les Rajpouts, c'est-à-dire suivant l'étymologie de ce mot, les fils de rois, représentent une des races les plus anciennes et les plus pures de l'Inde. Ils prétendent être les descendants des conquérants aryens, et c'est
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parmi eux que se rencontre la plus ancienne noblesse du monde hindou. Le Rajah d'Odeypour est le seul souverain qui peut prétendre avoir une généalogie vieille de plus de mille ans.
Lorsque les Musulmans pénétrèrent dans l'Inde, ils y trouvèrent les Rajpouts établis dans toutes les villes du nord et sur la plaine du Gange, jusqu'aux confins du Bengale moderne. Us régnaient à Lahore, Delhi, Kanoudje, Adjodhya, etc. Leur empire s'étendait au nord et à l'ouest, de l'Indus et du Satledj jusqu'à la Jumma, près d'Agra ; à l'est et au sud jusqu'aux monts Vindhya; en un mot sur tout le nord-ouest de l'Inde. Refoulés de ces contrées fertiles, ils se réfugièrent dans les régions moins accessibles du Rajpoutana actuel.
Le lecteur trouvera une grande ressemblance entre la plupart des monuments que nous allons examiner maintenant, au moins dans ceux antérieurs à la période musulmane. Ils sont situés dans la même région et construits par
la même race; mais il en est dont le style est tout spécial. Il est impossible d'indiquer les formes d'où, ils dérivent, ni de marquer les transitions par lesquelles ils se rattachent à d'autres monuments postérieurs, parce que ce sont les seuls représentants de leur espèce.
Fig. 213. — Kombakonum. Intérieur du temple de Rama dans la grande pagode (xvnc siècle). (Hauteur des piliers jusqu'à l'entablement : 3m40.)
Le qualificatif ce jaïna », appliqué au style de plusieurs des monuments que nous allons décrire, nous semble, comme je l'ai dit déjà, tout à fait inexact. Ce terme de style jaïna paraît indiquer, en effet, qu'il .s'agit du style architectural propre à une religion particulière, alors qu'il ne s'agit en réalité que du style d'une époque. Nous verrons en •effet que les monuments d'une même époque, dans une même localité, •ont exactement le même style, quelles que soient les divinités jaïnas ou brahmaniques auxquelles ils sont consacrés : les temples de Khajurao, notamment, nous en fournissent des exemples.
Parmi les monuments de l'ancien Rajpoutana dont un grand nombre figurent dans cet ouvrage nous ne mentionnerons ici que ceux de Khajurao dans le Bundelkund et du Mont Abou sur la montagne de ce nom.
Khajurao, ancienne capitale des Rajpoutes de la dynastie Chandel, est une cité déserte située à 34. kilomètres à l'est de la ville de Chaterpour.
Cette ville, si oubliée aujourd'hui, fut une des plus considérables de l'Inde, à en juger par l'importance de ses monuments. Elle possède environ quarante temples dont quelques-uns ont l'ampleur de nos grandes cathédrales gothiques, et, sur plusieurs kilomètres, la plaine est jonchée de débris. Il y a bien peu de villes de l'Inde, sauf Bhuwaneswar peut-être, présentant une pareille collection de monuments.
Les temples de Khajurao encore debout sont la plupart du dixième siècle ; un seul est supposé du septième siècle de notre ère, mais la date de sa construction paraît fort douteuse.
Bien que généralement construits pendant le même siècle, les temples de Khajurao appartiennent à trois cultes différents, celui de Vishnou, celui de Siva, et celui des jaïnas. Ils sont trop parents au point de vue architectural pour qu'on puisse facilement, au premier abord, dire à quelle religion chacun d'eux appartient. Nous pouvons conclure de l'importance égale donnée aux uns et aux autres, qu'à cette époque ces trois religions étaient également florissantes.
Au point de vue architectural, les Hindous n'ont jamais guère dépassé les temples de Khajurao. Parmi les statues qui recouvrent ces temples par milliers, il y en a plus d'une que ne désavouerait pas le
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ciseau des sculpteurs modernes. Il n'y a guère qu'un artiste des cathédrales gothiques dont les oeuvres aient quelquefois égalé, et bien rarement dépassé, au point de vue de l'ornementation, les temples de Khajurao. (Voir p. 287 et suivantes.)
Fig. 214. — Kombakonnm. Autre vue de l'intérieur du temple précédent.
- En raison de la similitude de ces temples, il me suffira d'en mentionner un comme type. Je choisirai celui de Khandaria Mahaedo. Ce temple, construit au dixième siècle de notre ère, a 33 mètres de longueur, 18 de largeur et 35 de hauteur ; il est placé sur une plate-forme en pierre. Extérieurement il rappelle par la forme de ses pyramides cur-
vilignes les grands temples d'Orissa; mais il en diffère notablement par beaucoup de détails d'ornementation, bien qu'appartenant en définitive au même type. Son sanctuaire est précédé d'une enceinte devant laquelle se trouve un portique auquel on accède par un étroit escalier de pierre. Contrairement à ce qui s'observe dans la plupart des temples d'Orissa, il existe un passage autour du sanctuaire. Le sanctuaire et la salle qui le précède sont éclairés latéralement par de larges ouvertures formant portiques soutenus par des piliers. Il en résulte que le plan du temple a la forme d'une double croix. Ainsi que dans tous les temples hindous, les voûtes sont construites par la simple superposition de pierres horizontales. Ce mode de construction ne permet pas de couvrir un grand espace, mais, comme nous l'avons dit déjà, il donne aux voûtes une solidité très grande. Nous avons vu également que les architectes hindous ont réussi à agrandir l'espace que peut couvrir une voûte construite sur ce principe, en faisant supporter les assises horizontales voisines du centre par des piliers.
L'intérieur et l'extérieur du temple de Khandaria sont couverts de statues qui ont près d'un mètre de hauteur. Il y en a environ sept cents.
Les temples du Mont Abou que nous allons mentionner maintenant se trouvent, comme beaucoup des anciens temples de l'Inde, dans des régions d'un accès difficile; il semble que les constructeurs aient systématiquement cherché à les rendre aussi peu .abordables que possible.
Les temples du Mont Abou sont placés au sommet d'une montagne sauvage de 1,800 mètres environ de hauteur. Ils sont entièrement construits en marbre blanc, matière étrangère à toute cette région. Il a donc fallu hisser ces blocs de marbre au sommet de la montagne, transport qui n'a dû être possible qu'au prix de gigantesques efforts. Pour fouiller ensuite ces masses de marbre dans toutes leurs parties, il a fallu un travail beaucoup plus considérable encore. L'effet artistique obtenu est d'ailleurs au niveau des efforts dépensés. Il n'y a pas en Europe un seul monument de l'âge gothique où l'art de fouiller la pierre ait été poussé aussi loin. (Voir p. 319 et suivantes.)
Les deux temples du Mont Abou sont consacrés au culte jaïna. Un
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de ces temples, celui de Vimala Sali, fut commencé vers l'an 1030, l'autre celui de Vraypal Tcypal, fut édifié entre 1197 et 1247.
Ces temples sont construits sur le même plan. Leur partie fondamentale est une enceinte rectangulaire de 34 mètres de longueur, autour de laquelle se trouvent de nombreuses petites chapelles éclairées seulement par leur porte ; elles contiennent chacune une idole entièrement nue, représentant l'image d'un saint, auquel le temple est consacré. La même image est reproduite identique à elle-même dans chaque cha-
Fig. 215. — Eamesseram. Avenue de piliers dans l'intérieur de la pagode (dix-septième siècle). {La longueur de ce corridor est d'environ 210m, c'est-à-dire supérieure à celle des plus vastes nefs des plus grandes cathédrales.)
pelle. Il y a près de soixante de ces chapelles disposées autour de l'enceinte rectangulaire. Devant chacune d'elles se trouve une double rangée de piliers formant une sorte de vérandah. Au-dessus de chaque porte sont sculptés des bas-reliefs représentant des scènes de la vie du personnage.
La partie antérieure de l'enceinte forme un vaste portique couvert d'un dôme supporté par quarante-huit piliers. Ces piliers de marbre blanc fouillés dans toutes leurs parties sont incomparablement supérieures, comme effet, aux colonnes si nues de l'architecture grecque. Le dôme que ces piliers supportent est, comme tous les dômes de l'époque,
disposé par assises horizontales; seize statues sont rangées extérieurement sur la circonférence. (Voir p. 321.) Comparant ce dôme à ceux des chapelles de Westminster et d'Oxford, cités partout pour leur richesse, Fergusson trouve ces derniers grossiers en comparaison, et je ne puis que partager entièrement son opinion sur ce point.
Contrairement à ce qu'on observe à Khajurao, les temples du Mont Abou ne présentent extérieurement aucun ornement, aucune sculpture, et rien ne pourrait révéler, au premier abord, les merveilles qu'ils renferment.
Bien d'autres monuments splendides, ceux notamment de Gwalior et Chittor existent encore dans le Rajpoutana. Ne pouvant les décrire faute de place, je me bornerai à les représenter. (Voir p. 327 et suivantes.) Le palais de Gwalior forme, avec les temples renfermés dans l'enceinte de la forteresse, une des plus remarquables collections d'anciens monuments de l'Inde. Je dirai quelques mots de ce palais et de celui d'O dey pour.
Bien que le palais de Gwalior soit dans un triste état de délabrement, et que la plus grande partie de son revêtement de faïences émaillées soit aujourd'hui tombée, on ne peut s'empêcher, en le visitant, d'éprouver un sentiment d'admiration analogue à celui qu'éprouva l'empereur Baber lorsqu'il y pénétra en 1527.
Le palais de Gwalior fut construit vers l'an 1500 ; il domine la forteresse et occupe un de ses côtés. Il a extérieurement près de 100 mètres de longueur et 30 de hauteur. La plus importante de ses façades, celle recouverte entièrement de briques émaillées, regarde l'est : elle a deux étages et est formée d'un massif rectangulaire coupé à intervalles égaux par six tours rondes couvertes de coupoles. (Voir p. 238.) Les faïences émaillées dont ses murs sont encore partiellement revêtus produisent un effet d'ensemble splendide; les dessins qui les recouvrent sont hindous, mais leur travail est visiblement d'origine persane.
L'intérieur du corps du palais consiste en deux groupes de petites chambres disposées autour de petites cours. La plus grande chambre n'a que 10 mètres sur 6. Leur architecture est fort belle, comme on peut en juger par une de nos photographies (voir p. 341), et je ne connais
que certains appartements des palais de Futtehpore — très analogues du reste par leur architecture — qui soient aussi remarquables.
Le seul palais du Rajpoutana qu'on puisse comparer à celui de Gwalior est celui d'Odeypour. Plus moderne et ayant subi un peu les influences musulmanes, il lui est évidemment inférieur par l'architecture, mais sa situation dans un des sites les plus merveilleux du monde, en fait un des plus beaux palais qu'on puisse rêver. (Voir p. 365 et suivantes.)
On trouvera également parmi nos planches relatives aux monuments d'Odeypour quelques mausolées du cimetière où sont déposées les cendres des rois du Meywar. (Voir p. 371.)
C'est à 19 kilom. d'Odeypour que se trouve la ville, ruinée et perdue dans les jungles, de Nagda. Elle fut fondée au septième siècle de notre ère et contient quelques temples qui peuvent être certainement rangés parmi les plus splendides de l'Inde. Ces ruines, d'un accès fort difficile, avaient échappé généralement aux explorateurs, et les magnifiques monuments qu'elles renferment n'avaient encore figuré dans aucun ouvrage. (Voir p. 345 et suivantes.)
Architecture du Guzerat. — L'architecture du Guzerat, et notamment celle d'Ahmedabad, qui peut être prise comme type, diffère de celle des autres monuments que nous avons décrits par la combinaison d'éléments musulmans avec l'architecture dite jaïna.
Ahmedabad, fondé au onzième siècle de notre ère, fut pendant cent cinquante ans la capitale du Guzerat, province dont l'étendue est égale à celle de la Grande-Bretagne et dont la population a toujours conservé une autonomie remarquable, malgré la diversité des races qui la composent. Cette ville a toujours été réputée parmi les plus industrieuses de l'Inde, et, de tout temps, les lettres et les arts y ont brillé d'unvif éclat. La région où elle se trouve était du reste célèbre dès la plus haute antiquité et commerçait jadis avec l'Arabie et l'Egypte.
C'est aux disciples du jaïnisme, secte religieuse analogue au bouddhisme, et dont le Guzerat était le principal centre, que sont dus les mo-
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