LA VIE, LA VIEILLESSE ET LA MORT
Ce paragraphe contient une suite de réflexions générales sur la vie et sur la façon de comprendre le bonheur, puis sur la vieillesse et la mort. Quelques-unes sont assez sombres, mais en résumé la vie y semble appréciée à sa juste valeur, sans optimisme ni pessimisme, comme une chose dont on ne peut profiter qu'un instant, et dont il faut se hâter de
jouir. Si dénuée qu'on l'imagine , elle constitue encore le bien suprême auquel les sages Hindous conseillent de sacrifier tous les autres.
— Il a tout lu, il a tout appris, il a tout pratiqué, celui qui a renoncé aux désirs et qui vit sans espérer. {Hit.)
— Celui qui n'a ni tristesse dans l'adversité, ni joie dans la prospérité, ni peur dans le combat, est le tilàka du monde ; rarement une mère donne le jour à un tel fils .
— La jeunesse, la beauté, la vie, la fortune, la puissance, et la société de ceux que l'on aime, sont des choses qui ne durent pas toujours : elles ne doivent donc pas troubler l'esprit du sage. {Hit.)
— Le sage doit songer à la science et à la richesse comme s'il n'était sujet ni à la vieillesse ni à mort ; il doit pratiquer la vertu comme si déjà la mort le saisissait par les cheveux. {Hit.)
— Quel est l'homme qui ne se trouve pas plus grand lorsqu'il regarde au-dessous de lui ? Ceux qui regardent au-dessus d'eux sont toujours pauvres. {Id.)
— Les serpents boivent l'air, et ils ne sont pas faibles ; avec des herbes sèches, les éléphants sauvages deviennent forts ; avec des racines, des fruits, les ascètes les plus distingués vivent : le contentement est certes la plus grande richesse de l'homme. {Pantch.)
— Celui qui passe ses jours sans jouir de sa fortune et sans rien donner aux autres ressemble au soufflet d'un forgeron, il respire mais ne vit pas. {Hit.)
— Qu'est-ce que la vertu ? c'est la sensibilité à l'égard de toutes les créatures. Qu'est-
Agra. Détails d'ornementation des fenêtres en marbre scuJpté à jour du monument précédent.
ce que le bonheur ? pour les êtres de ce monde, c'est la santé. Qu'est-ce que l'amitié ? c'est le sentiment d'un bon naturel. Qu'est-ce que la science ? c'est le discernement. (Hit.)
— Les sages ne pleurent pas ce qui est détruit, ce qui est mort, ce qui est perdu ; c'est cela, dit-on, qui fait la différence des sages et des fous. (Pantch.)
— Qu'on abandonne l'individu pour la famille, la famille pour le village, le village pour le pays, et la terre pour soi-même. {Pantch.)
— Que le sage préserve sa vie, même au prix de son fils et de sa femme, car en conservant leurs jours les vivants retrouvent tout. (Pantch.)
— Lorsque le corps composé des cinq éléments retourne dans le Pantchawam et rentre dans le lieu d'où il est sorti, y a-t-il de quoi se lamenter. (Hit.)