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CHAPITRE PREMIER

Les origines de l’art en Extréme-Orient : la Chine préhistorique.

La haute ancienneté de la civilisation en Extréme-Orient, longtemps affirmée comme un dogme, puis niée sans plus de preuves, vient d’étre enfin établie sur des bases positives, grace a une série de découvertes.

Au cours de fouilles paléontologiques dans la région des Ordos, au grand coude du fleuve Jaune, les Péres jésuites Licent et Teilhard de Chardin ont mis au jour un grand nombre dinstruments paléolithiques, pointes de silex et coups de poing, de type moustérien ou aurignacien. L’analogie exprimée par ces deux termes ne prétend d’ailleurs nullement impliquer une idée de synchronisme. Si l’on veut chercher a dater le paléolithique chinois, c’est a la géologie qu il faut s’adresser. Les pieces découvertes par MM. Licent et Teilhard de Chardin gisaient sous la couche du loess, haute, par endroits, de 40 a 60 métres. La formation d’une telle couche ayant exigé des milliers d’années, on discerne l’antiquité des premiéres industries humaines en Extréme-Orient.

. Séparée de cette culture paléolithique par toute la durée de la formation du loess, apparait la civilisation néolithique

et énéolithique découverte par le professeur J.-G. Andersson pendant les années 1920 et suivantes.

Les trouvailles d’Andersson s’étendent sur une aire trés vaste, embrassant toute la Chine septentrionale : Kan-sou, Ho-nan, Chan-si, Mandchourie méridionale. Les deux sites les plus intéressants sont ceux de Ts’i-kia-p’ing au Kan-sou, et de Yang-chao-ts’ouen au Ho-nan. A l’étage le plus inférieur, celui de T's’i-kia-p’ing, nous sommes 4 la derniére phase du néolithique. On en a exhumé des pichets non peints, de terre grise ou rougeatre, a l’anse vigoureuse et franchement détachée, ornés, le cas échéant, a l’ongle ou a l’outil, de dessins gravés, d’un géométrisme élémentaire. Céramique d’une rugueuse simplicite, que l’ceil non prévenu ne distinguerait guére de la généralité des vases néolithiques d’ Europe. Mais souvenons-nous que nous sommes en Chine. La simplicité allant jusqu’a june sobriété sévere, la robustesse et la franchise des formes, livrant 4 méme la qualité intrinséque de la matiére, annoncent les vertus éternelles de lVesthétique d’Extréme-Orient (I).

A lépoque suivante, qui anperten: a lénéolithique et qui est désignée sous le nom d’époque de Yang-chao (encore quelle présente autant de spécimens au Kan-sou qu’au Honan), tne révolution s’est produite. La poterie peinte a fait son apparition. Et d’emblée elle produit des chefs-d’ceuvre dignes de la céramique égéenne.

Comme I’a fait remarquer M. Andersson, beaucoup de ces pots de la période de Yang-chao, surtout ceux du Kan-sou, affectent la forme de gourdes ou de calebasses élargies vers la base; en méme temps le décor rappelle souvent la texture de la vannerie (voir notre tome I, fig. 17, 18, 19) ; mais bient6t lornementation — généralement enlevée en noir ou en brun sur fond rougeatre ou brunatre plus clair — atteint une élégance inattendue. Ce sont des spirales s’enroulant et se dérou-

(1) Cf. ANDERSSON, Preliminary report on archaeological research in Kansu, pl. V, fig. 3, et le vase analogue du musée Cernuschi (ex Wannieck). “

lant aux flancs du vase en un mouvement fort agréable a 1’ceil (fig. 1, et tome lI, fig. 20), des lignes ondées fluctuant sur la panse en vagues pleines de vie, des festons d’une saisissante allégresse, des stries, des zébrures, des cordages ou des « peaux de serpent» dont la vibration est déja du grand art. Les enroulements de spirale, surtout, ont le rythme puissant et aussi

Fic. 1. — Vase énéolithique, style de Yang-chao. Collection C. T. Loo.

la liberté de la décoration sous-marine égéenne. Légérement différente est la poterie du Ho-nan de la méme époque (Yangchao proprement dit). Au lieu des spirales du Kan-sou, nous avons affaire soit 4 des hachures qui rappellent plus directe-

ment la vannerie, soit 4 un décor plus complexe, en rouge ou noir sur engobe blanc, avec de curieux motifs elliptiques reproduisant des lentilles foliformes pouvant représenter des cauries, d’autres lentilles en forme d’ceil, ciliées de longs rayons, ou le motif panasiatique des triangles réunis par le sommet « en ailes de papillon », mais formant souvent ici a leur jonction une sorte de nodosité (1).

En effet, la plupart de ces thémes semblent appartenir aun

Cliché Andersson.

FIG. 2. — Céramique peinte du Ho-nan (Stockholm).

fond eurasiatique commun a toutes les civilisations énéolithiques. Les motifs du Ho-nan, de I’étage dit de YVang-chao, dont nous venons de parler — texture en vannerie, lentilles ciliées, lentilles « en cauries » — rappellent un peu les motifs

(1) Rapprochement avec un théme analogue de Suse in ANDERSSON, Early chinese culture, p. 59, fig. 13.

de la poterie d’Anau prés d’Askabad, au Turkestan russe, et beaucoup plus ceux de la poterie de Tripolje prés de Kiew (r).

Quoi qu'il en soit de ces analogies ou de cette parenté, si les vases honanais ‘de l’époque Yang-chao n’ont pas 1’éblouissant mouvement, plus puissant et plus unanime, des vases

Fic. 3. — Décor préhistorique 4 damiers losangés, Kan-sou (style dit de Yang-chao). Musée du Louvre.

synchroniques du Kan-sou, leur fabrication, comme nous le disions, est plus soignée; la matiére en est plus fine, les cou-

(1) Cf. ANDERSSON, An early chinese culture, B. G. S. C., pl. XIII, et PER- CEVAL VErrs, Painted neolithic pottery in China, Burlington Magazine, décembre 1925, p. 309, fig. 2.

leurs s’avérent plus riches. Tel pot rougeatre au treillis brun (1) est déja, dans son unité de teintes, une caresse pour les yeux. Tel autre vase a fond gris-fer, a double bordure rouge soutenue de dessins en crochet (fig. 2) (2), annoncerait par son élégante simplicité une des qualités que montrera un jour la céramique chinoise médiévale. Et cependant il s’agit ici d’un jeu de lignes qui ne reparaitra plus par la suite. De méme les damiers en losange (fig. 3), les stries pectiniformes,

Fic. 4. — Poterie énéolithique du Kan-sou.

Collection Wannieck.

les lentilles foliformes et les divers autres thémes déja mentionnés, enlevés en rouge ou noir sur engobe calcaire (3), ré-

(1) ARNE, Painted stone age pottery from Honan, pl. 1. (2)elbid- plz.

(3) Ibid., pl. 4.a 6.

FG. 5. — Poterie énéolithique du Kan-sou.

Collection Wannieck.

Les Civilisations de VOrient. — T. III.

velent un style décoratif trés original, d’une géométrie savante et délicate, de coloris harmonieux, qui marque un apogée de civilisation.

Rencontre curieuse : le méme groupe de Yang-chao, au Ho-nan, renferme, a coté de cette céramique peinte si particuliére, qui ne se retrouvera plus par la suite, des vases non peints dont les formes « appellent » celles des bronzes archaiques de la période suivante. C’est ainsi qu’on voit apparaitre dans la poterie de Yang-chao les formes de vases tripodes appelés dans l’art chinois classique vases lz et vasesting (cf. fig. 6 et 7), avec méme les stries dites en texture de nattes(?) que nous retrouverons sur la panse de certains bronzes (I).

A lépoque suivante, qu’on caractérise par le site de Match’ang, au. Kan-sou, la céramique peinte penche vers la décadence. On voit encore courir sur la panse des vases (lesquels se signalent par une curieuse atrophie des anses) des ondes festonnées ou des zébrures d’une incontestable richesse décorative, mais les éblouissantes spirales de jadis ont disparu (2). Plus tard encore, dans l’étage caractérisé par le site de Sintien, également au Kan-sou, un décor entiérement nouveau apparait. Non seulement plus rien ici des enroulements des spirales anciennes, mais plus rien méme de la fantaisie des zébrures d’autrefois; plus rien non plus du patient morcellement de losanges ou de lentilles de Yang-chao. A leur place, sur des vases élégants et sévéres, aux anses larges, aux formes plus allongées, quelques lignes puissantes et sobres; une sorte de grecque, plus étirée d’ailleurs que celle du Dipylon (3), enserre le col; abandon des courbes et des enchevétrements pour la ligne droite ou brisée, recherchant leffet décoratif par sa seule affirmation, exception faite toutefois pour un

(rt) Cf. Cours de M. Pelliot A l'Institut des Hautes-Etudes chinoises (Sorbonne), 21 mars 1927.

(2) ANDERSSON, Preliminary report on archaeological research in Kansu, pl. IX.

(3) Voir les dessins comparés dans ANDERSSON, Archaeological research in Kansu, p. 16, fig. 4.

Loo.

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FIG. 6. — Tripode de bronze ¢

puissant motif en maniére de « cornes de mouflon », tres élargies et retournées, qui barre la panse (I).

Ce sera 1a, semble-t-il, le dernier éclat de la céramique peinte protochinoise. Pour l’époque qui vient ensuite et qu’on désigne par le nom du site de Sseu-wa, au Kan-sou, Andersson

Fic. 7. — Tripode Ji. Collection Sumitomo.

n’a mis au jour que des vases non décorés; il est vrai qu’en méme temps le cuivre se généralise.

Sur les vases de Sin-tien apparaissent aussi des représen-

(1) Voir ANDERSSON, Archaeological vesearch in Kansu, pl. III, 2, et IV.

FORMATION DE L7)ESTHETIQUE CHINOISE ir

tations zoomorphiques trés stylisées : chevaux, oiseaux, figurations humaines (1) dont la schématisation a quelque chose du style du Dipylon, mais qui se rapprochent en réalité de Suse II. Un peu plus tard encore, a Cha-tsing (toujours au Kan-sou), les représentations animales revétent un certain caractére d’élégance, et entrent dans la série des thémes décoratifs. Tel est le cas des frises d’oiseaux schématisées, communiquées par Andersson (2), et qui évoquent les frises de palmipédes de Suse I et II.

Deux problémes se posent en présence de cet art préhistorique chinois. Jusqu’a quel point est-il en liaison avec 1 énéolithique de l’Asie occidentale et de lEurope? Et quels furent ses rapports avec l’art chinois historique? Disons tout de suite qu'une réponse positive serait, dans les deux cas, prématurée.

Montrer les affinités lointaines de l’énéolithique chinois avec Anau, Suse et surtout Tripolje Bo :

nest pas aussi concluant quwil Fie ea semblerait. En effet, comme Collection Sumitomo. nous l’avons indiqué au tome I de cette série (p. 19-20), l’Eurasie presque entiére a connu, entre le V@ et le III® millénaire, une civilisation générale de la poterie peinte; les découvertes de M. Herzfeld, que nous n’avons pu mentionner en temps utile

(1) ANDERSSON, Archaeological research in Kansu, p. 17, fig. S. (2) Burlington Magazine, décembre 1925, p. 310, fig. 3.

dans notre premier volume, ont achevé d’étayer nos hypotheses a ce sujet. L’admirable civilisation, supposée néolithique (et non point encore énéolithique), que larchéologue allemand a découverte dans ses campagnes-de 1927-1928 4 Damaghan, a Persépolis, et sur divers autres points du plateau de Perse, nous permet de pressentir que la plupart des centres de civilisation préhistorique qui nous paraissent aujourd’ hut isolés durent étre réunis entre eux par des chapelets de cultures intermédiaires. C'est ainsi que les thémes de Persé-

Fic. 9. — Type de vase touei. Collection Sumitomo.

polis et de Damaghan (motifs géométriques, ibex, mouflons, orants, etc.) se relient, bien qu’étant peut-étre, selon Herzfeld, chronologiquement antérieurs, a Suse I et a Suse II (1). Mais cette notion d’une continuité de civilisation énéolithique de Tripolje au Ho-nan, du Kan-sou aSuse ne doit nullement

(1) HERZFELD, in London Illustrated News, 19 novembre 1927, 25 mai 1929, 1 juin 1920. <

nous faire conclure prématurément a la subordination de tel foyer a tel autre. Il est infiniment plus raisonnable d’admettre leur autonomie respective au sein d’une culture générale plus ou moins commune. De ce fait, et jusqu’a plus ample informé, le foyer chinois doit conserver son indépendance virtuelle, et cela d’autant plus que les examens craniologiques de M. Davidson Black tendraient a prouver que la race humaine associée a la céramique néolithique et énéolithique du Ho-nan et du Kan-sou était déja d’aspect chinois.

Cliché Eumorfopoulos.

Fic. 10. — Type de towez. Collection Eumorfopoulos.

Cette derniére induction, si elle se confirmait, permettrait d’aborder avec plus de sécurité le second probléme : celui des rapports du préhistorique chinois avec l’art chinois historique. Mais c’est tout le probleme chronologique qui se pose en méme temps et nous n’avons aucun élément de réponse. Les hypotheses de M. Andersson qui situaient Ts’i-kia-p’ing vers 3500, Yang-chao vers 3000 et Sin-tien vers 2000 n’étaient hasardées par lui qu’en fonction de la chronologie de Suse; or, d’une

id LES CIVILISATIONS DE LORIENT

part cette chronologie a été, depuis, revisce, et, d’autre part, rien ne dit que des cultures analogues comme Suse et la Chine préhistorique doivent étre nécessairement considérées comme synchroniques. En remettant a plus tard le probleme de datation, il nous reste donc, pour apprécier le lien qui peut unir la Chine de la poterie préhistorique a la Chine des vases de bronze, les affinités déja signalées : celle-ci, notamment, que la poterie de Yang-chao et de Sin-tien annonce déja, par

FIG. 11. — Type de tsouen caliciforme. FIG. 11 bis. — Type de kou. Collection Eumorfopoulos. Collection Sumitomo.

certaines de ses formes: (tripodes) et par quelques éléments de décor (le1-wen, « S couché »), les bronzes archaiques (1).

(1) Cf. ZoLraAN VON Takacs, Urchinesisches in der chinesischen Kunst, in Wiener Beitvage zuv Kunst und Kultur Asiens, Bd III, 1928, p. 4o.

L’époque Yin et Tcheou.

L histoire de la Chine archaique, telle que la raconte Vhistoriographie traditionnelle, est trop mélée de légendes, de romans et de remaniements tardifs a préoccupation morale pour pouvoir étre utilisée de confiance. La critique préa-

Fic. 12. — Type de tsouen a couvercle. FIG. 12 bis. — Vase lien. Collection Sumitomo. Collection Sumitomo.

lable de M. Henri Maspero (1) a établi le peu de sécurité que présentent les traditions relatives non seulement aux « Cing Souverains » mythiques, mais aux trois dynasties royales :

(1) H. MasprEro, La Chine antique, éd. de Boccard, 1927.

Hia (xx®-xvie siécle?), Chang ou Vin (xvie-xre siécle?) et Tcheou (xre-111e siécle). Les mémes objections subsistent encore en grande partie pour la seconde moitié des temps Tcheou, dans ce qu’on est convenu d’appeler « l’époque des hégémons » (vue siécle avant notre ére) et « lépoque des royaumes combattants » (v-1re siécle). Mais, au. moins pour cette derniére période, si les annales traditionnelles ne peuvent servir comme guide fideéle, elles n’en présentent pas moins un intérét considérable au point de vue social et moral.

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Cliché Eumorfopoulos.

Fic. 13. — Vase a vin yi, Ts’in ou Han. Collection Eumorfopoulos.

Le fait méme qvrelles fourmillent de romans historiques a peine démarqués nous garantit que nous y trouverons, a défaut de certitudes pragmatiques et chronologiques, un tableau coloré de la société du temps. Société féodale, féroce et compliquée, encore ployée sous les terreurs de la mentalité primitive, vivant en outre parmi les angoisses d’une loi de sang —1la guerre féodale en permanence avec un luxe inoui de meur-

tres collectifs. Il faut suivre dans les laborieux mais utiles essais de reconstitution de l’école sociologique les procédés par lesquels le chef de guerre s’assurait « les accroissements de prestige » nécessaires a son triomphe, pour avoir une idée de la vie chinoise archaique, si frauduleusement déformée a nos yeux par les homélies vertueuses d’époque confucéenne. Seules les sociétés mexicaines précolombiennes nous présentent un aussi féroce tableau. Et en-méme temps que ce mépris absolu de la vie humaine, une tension, une fou-

Cliché. Vignier

FIG. 13 bis. — Vase a vin yi Han. Collection Vignier.

gue contenue, une surabondance de force, une Apreté dans la violence qui, malgré toutes les édulcorations postérieures, maintiendront le potentiel de l’4me chinoise jusqu’au seuil de l’époque Ming.

De cet état psychologique et social découle lesthetique chinoise archaique, telle qu'elle se révéle 4 nous dans l'art des os inscrits et des bronzes primitifs.

Les os inscrits d’époque Yin.

Le premier site de trouvailles de la Chine historique est sans doute Siao-t’ouen, village du Ho-nan septentrional, prés de Tchang-t6-fou, qui correspondrait a une ancienne capitale de la dynastie Vin (xir® siécle avant Jésus-Christ). Il s’agit, d’une part, d’une céramique blanche ou se maintient la vieille forme préhistorique du tripode, avec des rayures imitant un peu la vannerie, d’autre part de fragments d’os, d’écailles de tortue, d'ivoire, de cornes de rhinocéros, etc., tous fragments généralement inscrits et ayant servi a la divination. Les os sculptés trouvés sur le méme site se présentent aussi sous forme d’épingles de coiffure. Cet ensemble, naguére étudié par larchéologue chinois Lo Tchenyu, se trouve aujourd’hui assez abondamment représenté dans nos musées, notamment au musée Est-Asiatique de Stockholm, a l University Museum de Kyédto, et a l’Ontario Museum de Toronto. Pour Paris, signalons dans le méme style un fragment inscrit donné par M. J. Hackin au musée Guimet et, bien que peut-étre un peu plus tardif, le trés beau masque de ?’ao-?’1e en ivoire du musée du Louvre (1).

Car —et cest le fait essentiel de ces découvertes-—les motifs décoratifs de Siao-t’ouen seraient déja ceux que nous allons retrouver dans les bronzes Tcheou. Tous les thémes que nous allons voir dominer pendant plus de vingt siécles l’esthétique chinoise — masques de monstres appelés ?’ao-?’ie, dragons stylisés en lignes de force géométriques, gueules ouvertes de dragon tous crocs menagants, lignes de foudre dites /ei-wen, élégantes cigales aux ailes repli¢ées — tous ces motifs apparaitraient déja sur les os et les ivoires de Siao-t’ouen. Ce serait, si nous songeons que les piéces dont il s’agit peuvent dater en moyenne du xir® siécle avant notre ére, un recoupement précieux sur la formation de l’esthétique chinoise.

(1) M. MIcEon, Musée du Louvre, Vart chinois, p. 14 et pl. I

ESTHETIOUE CHINOISE

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