‹ Les civilisations inconnues [microforme]Chapitre 20 sur 30 · Et vos exécutants, sont-ils aussi errants · texte numérisé non relu

Et vos exécutants, sont-ils aussi errants

» R. Errants comme moi? »

(Si le chef d'orchestre et les exécutants sont errants, les orgues sont aussi errantes, et sans doute à claviers mobiles. C'est très-curieux, et je ne comprends pas bien. Heureusement, voici Mozart qui vient à notre secours.)

« 22. (A Mozart.) Auriez-vous la bonté de nous » expliquer ce que vient de dire Chopin? Nous ne » comprenons pas cette exécution par des esprits er- » rants,.

» — R. Je concçois votre étonnement. Nous vous » avons pourtant déjà dit qu'il y avait des mondes

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» particulièrement affectés aux êtres errants ; mor- » des dans lesquels ils peuvent habiter temporaire- » ment; sorte de bivouacs, de camps, pour reposer » leurs esprits fatigués par une trop longue errati- » cité, état toujours un peu pénible. »

Erraticité est un mot de l’autre monde, et Mozart n'en faisait pas d'aussi jolis pendant qu'il vivait.

Je passe sur la fin du dialogue ; nous en avons vu assez pour :°:: former une idée de l'entretien des esprits sérieux.

Que serait-ce si vous lisiez certains dialogues familiers avec des esprits légers!

Si vous demandez à M. Allan Kardec sur quoi se base la croyance à l'existence des esprits, il répond : « Cette croyance s'appuie sur le raisonnement et sur les faits. Je ne l'ai moi-même adoptée qu'après mûr éxkamen. Ayant puisé dans l'étude des sciences exaëtes l'habitude des choses positives, j'ai sondé, seruté cette science nouvelle dans ses replis les plus cachés ; j'ai voulu me rendre compte de tout. D'ailleurs, où est l'impossibilité qu’il y ait dans l’espace des êtres qui échappent à nos sens ? Et si ces êtres invisibles qui nous entourent sont intelligents, pourquoi ne se communiqueraient-ils pas à nous? À celui qui eût dit, il y a seulement un demi-siècle, qu'en quelques minutes ou correspondrait d'un bout du monde à l'autre, qu'en quelques heures on traverserait la France, qu'avec un ‘peu d’eau bouillante un navire marcherait vent debout, qu'on tirerait de l’eau des moyens

de s’éclairer et de se chauffer; à celui qui eût proposé d'éclairer tout Paris en un instant avec un seul réservoir d’une substance invisible, on lui eût ri au nez. Est-ce donc une chose plus prodigieuse que l’espace soit peuplé d'êtres pensants qui, après avoir vécu sur la terre, ont quitté leur enveloppe matérielle ? Ne trouve-t-on pas dans ce fait une foule de croyances qui remontent à la plus haute antiquité ? De pareilles choses valent bien la peine d'être approfondies. »

A la bonne heure, mais il me semble que, à force de vouloir pénétrer le monde des esprits, on risque fort de perdre le sien; et, en fait d'esprit comme en fait de beaucoup d'autres choses, « un bon tiens vaut mieux que deux tu auras. »

Certaines personnes ont cru devoir protester, dans ces derniers temps, contre l'envahissement du spiritisme, qu'elles considèrent comme étant de nature à propager les idées superstitieuses. M. Allan Kardec répond :

« Il n’y a pas plus de superstition à croire que les esprits se manifestent qu'à croire à l'intervention de tel ou tel saint par suites des prières qu'on lui adresse ; une idée n'est superstitieuse que parce qu'elle est fausse ; elle cesse de l'être du moment qu’elle est reconnue vraie : la question est donc de savoir si oui ou non il y a manifestations d'esprits. « Or, ajoute-t-il, vous ne pouvez pas taxer la chose de superstition, tant que vous n'aurez pas trouvé qu'elle n'existe pas. Vous direz : Ma raison s'y re-

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fuse ; mais tous ceux qui y croient et qui ne sont pas des sots invoquent aussi leur raison, et ‘le plus des faits ; laquelle des deux raisons doit l’eraporter ?

» Direz-vous que nous sommes le jouet d’une hallucination ?

» Je ne sache pas qu’on ait encore clairement expliqué le mécanisme de l'hallucination. Telle qu'on l'entend, c’est pourtant un effet fort singulier et. bien digne d'étude. Comment donc ceux qui prétendent rendre compte par là des phénomènes spirites ne peuvent-ils expliquer leur explication? Il est d'ailleurs des faits qui écartent cette hypothèse ; quand une table ou un autre objet se meut, se soulève, frappe ; quand une chose se promène à volonté dans une chambre sans le contact de personne; quand elle se détache du sol et se soutient dans l’espace sans point d'appui ; enfin quand elle se brise en retombant, ce n’est certes pas par une hallucination. En supprsant que le médium, par un effet de son imagination, croie voir ce qui n'existe pas, est-il probable que toute une société soit prise du même vertige ? que cela se répète de tous côtés, dans tous les pays ? L'hallucination, dans ce cas, serait plus prodigieuse que le fait. »

Ainsi raisunne le grand apôtre du spiritisme en France, qui parle avec les morts aussi facilement que nous parlons avec les vivants, et fait briser par les esprits inférieurs autant de tables qu'il le désire.

Molheureusement, tout le monde n'a pas cet avantage ; chez moi, les tables sont d'une discrétion

268 LES CIVILISATIONS INCONAUES.

remarquable, ne bougeant que lorsqu'on les pousse, ne se brisant que lorsqu'on les brise.

D'unautre côté, mes dialogues avec les morts risqueraient fort de n'être jamais que des monologues très-peu récréatifs. |

Pourquoi les esprits ont-ils des préférences, et ne se manifestent-ils jamais que dans certains locaux arrangés pour les recevoir, et devant un certain nombre d'adeptes ? Si vraiment l’espace était rempli d’'esprits intelligents pouvant se manifester à nous, comment ne le feraient-ils pas un peu pour tout le monde ?

Les esprits ne sont pas indifférents aux choses d'ici-bas, puisqu'ils font éditer leurs ouvrages chez M. Ledoyen, qui leur tiendra compte d'une partie des bénéfices provenant de la vente des susdits ouvrages, dès qu'ils cesseront d'être esprits pour devenir hommes ; comment dès lors l'esprit de la mère défunte, par exemple, ne vient-il pas, en se manifestant directement à sa fille, la consoler de sa douleur, lui prodiguer ses conseils et fortifier ses nspérances en un monde meilleur ? Comment l'esprit du malheureux courrier de Lyon assassiné ne s'est-il pas manifesté aux juges pour éloigner de l'échafaud l'innocent Lesurques? Comment les esprits de ceux qui furent nos parents, nos amis, avec lesquels nous serions si heureux de nous retrouver, qui devraient être heureux eux-mêmes de nous parler et de nous conseiller, restent-ils muets? Et pourquoi parlentils de préférence, ou plutôt exclusivement, à ceux

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qui tiennent salons ouverts d'esprits ? Comment toutes les perfidies, toutes les lâchetés, toutes les injustices, tous les crimes ne sont-ils p#s prévenus par les esprits intéressés à protéger les victimes des perfidies, des lâchetés et des crimes.

Comment! Mozart quitterait sa belle maison de campagne de la planète Jupiter pour venir, sur le morceau de boue que nous habitons, dicter, dans l'intérôt d'un éditeur, quatre pages médiocres de musique, et il ne se dérangerait pas, le cas échéant, pour conseiller un parent où un ami, et l'avertir d'un danger qui menacerait ses jours ou sa fortune !

Je sais bien que les docteurs en spiritisme disent que les esprits sont de deux sortes, bons et mauvais; qu'ils agissent en sens contraire dans notre conscience, et que c'est là ce qui forme notre hésitation à faire le bien ou le mal, Pour moi le sentiment du bien et du mal est inné chez l'homme ; mais je veux pour un instant admettre que ce sentiment nous vienne des esprits bons et mauvais ; en quoi, je le demande, cela empêcherait-il les bons esprits, qui se dérangent parfois pour si peu de chose et parlent si souvent pour re rien dire, de nous dicter directement certains bons avertissements ?

— Pan! pan! pan!

— Qui dst là?

— C'est moi,

— Qui ça vous ? je ne vois personne.

— Je suis ton oncle Mathurin, ou pour parler

plus exactement, l'esprit de ton oncle, Je viens te dire que tu es un double sot de te laisser munger la fortune que je t'ai laissée par un chevalier d'industrie qui se dit ton ami, et de te laisser tromper grossièrement par une intrigante qui veut se faire épouser,

— Mon oncle!

— J'ai dit, et je repars pour la planète Vénus que j'habite, et où, entre parenthèses, les femnnes sont si belles que, pour t'en donner une idée, j'aioutorai que les femmes comme ta maitresse sont ici nos crupauds,

— Pan! pan! pan!

— Qui est là?

— C'eut l'ombre de ton père, qui accourt en toute hâte pour t'avertir que deux hommes, du nom de,

l'attendent à tel endroit pour t'assassiner, Au lieu de prendre ce chemin, prends celui de la préfecture de police pour dénoncer les criminels,

— Pan! pan!pant

— Est-ce toi, mon bien-aimé, mon doux ange, mon aimable Arthur ?

— Non, madame,

— Ah! mon Dieu! cette voix!..

— C'est celle de votre légitime époux, Ah! j'en apprends de belles sur votre compte depuis trois mois à peine que je suis mort. Comment! malheureuse, c'est ainsi que vous me trompies, et c'est ainai que veus respoctes mes mânes ! Je cours de ce pas

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avertir le pauvre diable qui, séduit par vos charmes mensongers, so préparait un avenir semblable à mon passé,

— Pan! pau! pan!

— (jui est là ?

— Ju suis ton ami Lahausse, ton ex-collègue en finances, décédé à la dernière grande liquidation,

— Comment, c'est-toi, le plus adroit de nos boursiors ?

- Moi-méina, mon petit; je suis un esprit orrant ; je fais partio de la grande coulisse de l'autre monde, comme j'appartenais à la petite coulisse de celui-ci,

(Que Me veux-tu ?

— ‘To rendre l'homme le plus puissant de la torre en te faisant gagner cinq cents millions par an, de vois tout, j'entends tout, comme de solitaire du vicomte d'Arlincourt; ce qui me permet de prévoir à coup sûr bien des choses, Au lieu de m'amuser à faire des Vors, à dessiner des arabosques, à écrire dos livres de philosophie religieuse, tels que les diotent los esprits de saint Bloi ot de saint Louis, au lieu de griffonner des doubles croches comme Mo art, dans le but gracieux d'être utile aux éditeurs de leurs ovvrages, moi je veux te faire jouer à coup sûr à la bourse.

— Que veux-tu pour ta part?

— La moitié, dans le cas où je mm'incorporerais de nouveau,

— Acoupté; je tire mon carnet et j'attends tes ordres,

Sinous nous sommes étendu, après un certain nombre de journaux et de revues francaises ot étran sores sur le monde des osprits, d'est que cette ma nie, on s0 propagennt, prend les proportions d'un fléau telloutuel, Car, comme le dit M, Allan Karduc, c'est précisdment dans La classe dolainie que lu spiritisune fait le plus de prosély tes, ot cola dans tons los pays du monde; il on comple parmi los médus ous, los profussours, los artistes, les hommes de lettres, los officiers, lus fonctionnaires, ot mime pari les vortésiastiques.

L'espoou humaine n'avaitolle pus asus, Dan Dieu ! de toutes lus billovosdes qui troublant su rails où, sans qu'une doctrine nouvelle vint onoore “onmparer de notre pauvre corvolle, nous montrer une sarahande d'esprits qui térent da langue, jui ne posent La onain sur La téte, qui bourdonnent dans l'air, au puit qu ti adepte à pie vos jours déruinre ve bouvdonvement pour le bruit de millions du sou chos, où nus faire entendre, aprés une invocation solwmnolle, des Hialogues dans le genre de ouux que nous avons rapportés plus haut, ot d'autres onvore lien plus bouffuns.

Fromple :

— Dis-moi donc un peu comment tu os entré toi

— Delle question ! Hst-co que nous avons besoin de demander le cordon ?

[DELL CETTE trui pré que LUE QIITE

dora

l'hu loux

M ion

LÉ MONDE Dis HaPHiTs, 274

‘Tu poux donc aller partout, entrer partout ? Mais... sans dire gare, enoore,,, Nougme sumos pas april pour Flu,

Ele,, ole,!,

Jo no crois pus aux conversations dos osprité, nu pobnt pare qu'ils pe me mont jaune moaié festin de ani, als parce que da raison roetto dos manifestation, fruit d'une hoagination depuis dongle acid ot préparde au fantastique, Vollaire à dit quelque part que le monde ontior viendrait lui affirmer un fait hnpossible, cuil no croirait pois à où fuit, du nuls, Mn Cal rapport, boaion de l'école du Voltaire,

= Mais à quo donc roy og vous ! me doiinndura peut-dtru M, Allan Kardoo

do crus à Crux clin 4 l'aunour, chu homme, de tout ce qui cet morvoilloux, où mervuilloux il D'abaurde, 06 à l'éditeur qui ua vendu lu

fragment de sonne doté pur losprit de Mount,

? francs, priæ ct

Laure Deuvridine, ETETT) que ou

hÜroNSE Dis HePRITS à L'AUTHUNR Pa LELH SRONNTAINE fti-hHan, M, ALLAN HKaAñtHEe,

Monsiour, Malgré Le ridicule que vous ji te JV UNE quuson ben plu SAVE que VOUS ;:: ANMOE, JO fiu

! Horue spirute, à ds La, Paris.

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