A M. ALLAN KARDEC
Directeur de la Revue spirite, pour remettre à Messieurs les esprits frappeurs, sermonneurs et gouailleurs dans les différentes planètes de l'univers.
Monsieur,
Dans votre dernier numéro de la Revue spirilte, journal d’études psychologiques, que vous avez bien voulu m'adresser, vous faites appel à mon impartialité pour reproduire ici la réponse écrite par vous sous la dictée de messieurs les esprits.
C'est trop juste, et bien que nous n’ayons pas à craindre les sommations par huissiers spirituels, les huissiers*étant essentiellement terrestres, vous voyez, monsieur, que je me suis fait un devoir de me conformer à vos désirs.
Aujourd'hui pour vous répondre à mon tour, au pour parler plus exactement, pour répondre aux esprits qui vous ont honoré de leur confiance, en vous choisissant comme leur secrétaire, il me faut remonter au point de départ de cette polémique, c'est-à-dire au fragment de sonate dicté par l’ombre de Mozart et mis en vente chez M. Ledoyen.
Donc j'entrai chez cet éditeur qui, je le savais était en relations suivies avec un assezgrand nombre
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de morts de lettres dont il publie les œuvres nouvelles. :
S'il faut tout avouer, je n'y entrai pas sans une certaine appréhension, bien excusable chez un simple mortel qui pénètre dans le royaume des esprits éternels.
Dans le fond de la petite boutique de l'éditeur spirituel, qui est aussi un spirituel éditeur, je crus apercevoir l'ombre de saint Louis (un habitué de la maison), corrigeant les épreuves de son dernier ouvrage posthume.
Je ne me trompais pas.
Cette ombre était bien en effet celle de saint Louis, qui, par une marque de sa haute bienveillance, s’est dernièrement constitué président spirituel de la société des études spirites de la bonne ville de Paris !.
Quand M. Ledoyen eut appris l’objet de ma visite :
— Pardon, monsieür, je n'ai qu’un mt à dire à Charles IX, et je suis à vous.
— À Charles IX? — dis-je, croyant avoir mal entendu.
— Oui. Ce monarque, à qui l’on doit la Saint-Barthélemy, comme vous savez, vient, après quelques hésitations bien naturelles, de nous promettre enfin d'écrire ses mémoires. Cela formera quatre forts volumes à cinq francs. Quant à l'esprit de Privat d'Anglemont, en état d’erralicité, et qui frappe en
* Voir la Revue spirite ; décembre 1859, p. 353, 6° paragraphe.