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Les civilisations inconnues

mants ; — que de toutes les religions en usage la meilleure ne vaut pas grand' chose, d'après le témoignage de l'Être suprême lui-même, et que la seule excellente est le mormonisme ; — que sais-je encore? une foule d'autres choses non moins merveilleuses ; la pohce s'emparera de votre personne, vous serez condanmé comme escroc, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire, et au besoin les lames d'or de votre livre sacré seront fondues pour payer les frais du procès.

En Amérique, au contraire, les prophètes, quand il s'en présente, — et il s'en est présenté quelquesuns, — jouissent de la liberté qui protège tout le monde. Ils peuvent écrire et parler tout à leur aise. On les croit ou on ne les croit pas; ils réussissent où ils ne réussissent pas; cela dépend des circonstances dans lesquelles ils se produisent, des gens qui les recommandent, de leur mérite personnel, de l'état des esprits auxquels ils s'adressent, et de ce je ne sais quoi de mystérieux, qui assure le triomphe ou détermine rinsuccès.Dans tous les cas, les autorités ne songent point à leur ravir leur liberté, à moins toutefois que par leurs prédictions ils ne se mettent en désaccord avec les lois du pays. Alors on empoigne mon prophète comme un simple mortel, et, suivant le cas, on Temprisonne ou on se borne à l'envoyer prêcher dans le désert.

Mais si les lois, en Amérique, consacrent tous les genres de Eberté, elles sont quelquefois impaissantes à garantir tes prophètes contre le fanatisme de cer-

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tains religieux. C'est précisément ce qui est arrivé pour cet infortuné Joseph Smith, Je fondateur du mormonisme, mort assassiné par de farouches dissidents, et dont nous allons raconter brièvement l'histoire.

Quelques lignes de biographie sur le prophète yankee sont d'autant plus nécessaires que ce chaîné d'affaires de la puissance céleste pourrait bien, d'ici à peu de temps, être supplanté dans l'admiration des fidèles par un autre prophète non moins yankee dont on parle beaucoup en Amérique en ce moment, et qui, par le nombre de ses miracles, semble devoir dépasser Joseph Smith, son prédécesseur en thaumatui^e. Le progrès, de l'autre côté de l'Océan, se manifeste partout, et l'émulation stimule jusqu'aux prophètes eux-mêmes. Il y a des gens, blasés en matière de spiritualisme, pour lesquels les miracles de Joseph Smith ont vieilli, et qui en veulent de nouveaux, n'en fût-il plus au monde. Je suis beaucoup moins difficile que ces amateurs, et je trouve les miracles de l'inventeur du livre des Mormons très-convenables et très-suffisants pour asseoir une honnête reUgion comme celle que pratiquent Us saints des derniers jours.

Au surplus, vous allez en juger.

Joseph Smith naquit à Shœron, comté de Kindsor- Vermont (États-Unis), le 23 décembre 1805. Encore tout enfant, il partit de cette petite ville pour suivre son père à New- York.

Le futur prophète avait quatorze ans Vore^QoA^

voit à Manchester remplir les modestes fonctions d^ garçon de ferme. A quinze ans, les sermons de je ne sais quel pasteur ayant échaufie sa jeune imagination, il néglige les travaux de la ferme pour rélléchir au meilleur moyen de mériter le paradis. Considérant que l'adoption d'une religion est chose grave au milieu du nombre étonnant de reUgions et de sectes qui florissent aux États-Unis, et viennent comme d'elles-mêmes s'offrir à la consommation, il foraia le projet de les étudier toutes. Il fut entraîné à cette résolution par la peur de l'enfer, ayant entendu dire par chaque ministre de chaque secte différente qu'une seule doctrine était agréable à Dieu, la leur, et que Dieu punirait des flammes éternelles les infidèles, c'est-à-dire tous ceux qui le prieraient autrement qu'ils le priaient eux-mêmes.

Chacun des ministres de chaque secte étant de bonne foi en parlant ainsi, rien n'égala l'embarras et la frayeur du pauvre garçon de ne pas tomber sur la seule doctrine agréable à Dieu, et par suite d'aller brûler éternellement dans les flammes de l'enfer. Il se mit donc à étudier l'une après l'autre chaque religion, et négligea de plus en plus les travaux de la ferme. Peu de gens ont eu cette patience, assurément fort louable, et le plus grand nombre des humains aimerait mieux, peut-être, se tromper dans le choix en prenant au hasard que de choisir juste à ce prix.

Quoi qu'il en soit, le résultat des recherches de Joseph Smith sur la meilleure religion à adopter fut

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