LA MEDECINE AU JAPON
Rien n'est plus curieux, pour les Européens de lous les pays, que d'examiner l'extérieur et l'intérieur des innombrables pharmacies japonaises. Elles sont ornées de grandes affiches où sont men* tionnés des remèdes infailUbles pour toutes les maladies connues, et même, je crois, pour toutes celte dont l'humanilé pouiiT^iV ^N^Vt ^d. 's^^^^x^ve un jour.
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Ions.
Ces boasurji"^ î^jh" .inir-.*r t!i:;aeiu:a;: lit .v.ri:ij.-i;.>
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Les phamr...it^ ;.L:l::.:-^-•^ 'Jèi :ir".:ve::: >-.• i\u::ji;.-
is que ct* i-^ s::: ;: Iwii/iei: i-azar Pivreiu-ii ào
lis, Aath^ï ! ali ! ic.iïiiâ^b-.iiuiaeau uiouilo iw snum deux que «.vt iilu>::v Mcii-seilhiis allior aux ]>n^ }\A»'< de la murai» • aso'ti.jue les excollonts in\Kluit«» •• uns deiiréts c<.'lt.ijiialt.-»s I
Ni 'US «li'viuns. ♦'Il jiassaiit, rt» t^inlif hiîuunai;»' a iiii;i'nifu.\ inveuttMir dos liâtes oxtatiqut^s dt» tliuii ;j . Sainli'-Tliéivso, du vin do *Noô, ot di* laul d'anlri'> i-i»duils dont les oslcniaos vôrilal>lonu'nl iflifiiiMix "nnî jias ouhlir los làouscs suoculonri-s.
liivonnns h la niôdooino au .ïajM»n.
Si'i'ions-uous n*drva]iIosdrsni(».\as aux .Ia|M^nal^,
ti'-ndriuns-nous dr n* ]M'Uj»lr i'arl d«* rarii|Miijr Uf? M. AndiH'w Slrinnirtz ralliiiiH' daii^ nui ./// III (nui livr p€ujflt\ ol jMTsnnni' n«' !«' nu*, (jiir ji* lolii». Co «ju'il y a d»* i-rrlain, «'/«'st qur li'î^ .lajiniiai-. l'niiont los nio.xas ot la jMiurtion «mi ^.'laiidt: «ht uniar oxcnijilo, routiv uijo roli(jut; h«)rn\»\t'.\u*'\\V vVa\
SSi LES GIVILISATlOlfS mcoNNUis; '
loureuse, dont la Providenoe, dans ses myi décrets, s'est plue à doter particulièrement le les médecins de ce pays pratiquent Tacupi qui là-bas tient de la magie autant que de li dne. Le chirurgien se mrmit de longues fines aiguilles en or, en argent ou en a( patient adresse quelques paroles bien m Bouddha ; puis il s'étend sur un des jolis dont toutes les chambres à coucher sont oi Japon, et se livre à l'opérateur. Celui-ci pre de ces aiguilles (pas une de plus, pas une de et il les enfonce avec dextérité dans les mu l'abdomen ou de l'estomac du malade. Les osseuses, les nerfs et les vaisseaux sanga évites avec beaucoup d'adresse. Le pratidei trodiiisant les aiguilles, leur imprime un ment de rotation très-rapide, et le malade plus ou moins soulagé. Beaucoup de méd font une spécialité très-lucrative de ce genr ration.
J'ai pu voir à l'exposition universelle de vingt-cinq de ces aiguilles en argent, aussi f le i^lus fin fil d'Ecosse, à côté d'un assez grai bre d'autres instruments de chirurgie japonai lesquels figure, dans sa forme primitive. Tins classique avec lequel on poursuit si plais M. de Pourceaugnac.
Le moxa est un remède universel. C'est !
laineuse de l'arténisia, qu'on détache de ses par la friction el \e lù^XXvv.^'^ , Ga\.l^ e^T^ce de .
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ft6 LES ClVILI9ATI0!fS nVCONIiiES.
che de la médecine*, s'exercent sur des snjeto ba pour cet usage ; ou leur suppose tour à tour In di férentes affections qui se traitent par la fidetioD,! on les frictionne on conséquence. On les appelledi garçons de fi^iclions, et ils sont très-bien payés.
La médecine a ses incrédules dans Tempire < l'Est comme partout ailleurs. Il existe au Japomn comédie (pi'on dit Tort savante et toute l'emplie i Iri'aits satiriques à l'endroit des médecins. Elle apo titre : Le médecin, la médecine et le malade, Ovl^J^ le médecin en présence de la personnification de médecine. Celle-ci raille le docteur en lui prowi son impuissance et en constatant la sienne. Le m donii et la médecine finissent par se moquer d'« mômos et i)ar rire aux éclats de la confiance qa' inspirent au malade. Survient un malade. Aussi !e médecin et la méflecine prennent un iiir grave coîisuitont nuituollcmont, orrlonnent force drjjin et so partagent les lu^iéfices de ce traitement, en siirant aum<alade qu'il guérira radicalement. Quî U; malade est parti, les poches bourrées de remè mais dégarnies d'argent, le médecin et la méde( entament le dialogue suivant :
LK MÉDECIN A LA MÉDECINE. — QuO peUSeZ-TOU
n» pauvre malade ?
LA MÉDECINE AU MÉDECIN. — Mou avis est qu'î guérira pas.
LK MÉDECIN A LA MÉDECINE. — Co u'OSt paS 1
opinion. J'offre do parier avec vous qu'il se poi hU'ïi la semaine pvocb;ïi\vic .
urarra dans îïi± .ocs.
LE mtOnaS a la MLIKLIM. — ^Ur ^.ni^
arier?
LA Fin*"****^™ AT Iftlfct T^ — '1aï:IL CIL
(ûza la drofOfr rae 'rn:» erjc «r^î-iiu ide.
Le méuecin bésiït. I ii'il a oïdbziDéâ, icj: li çnziia'r- -r u.nu: i«^ Va« miloir aoceiitt-r * «lir^ c* >-=> j£«ift ■ncsi.r ^ 8l três-entêt*^ r:: rjr: =-•«: f.T2i:*u:-y^.:.nr *jr «ûnu-r ar la médadiicr. r:::: l::. ±: «-=.:- «il "i»>ur <:-.*r^ BUT de moi ! » il itii nz. s5^cr ^'crjxzijt *£ a!7^-<t j& roposition.
Huit jours apti^!^. 'yjzz::^ xr i>ri*riu- *r. Jt lu^ru^^ ne se sont d&i^-^ reixî-a-Tj-^ j^j-.- tl^- M:*.ui' es nouirelles du t.jl.-. Ît, jtl::.-'! \.y/Lr<;l\ vry^ksjii. L se iKUte à merrëCr. Ljl zzjk'^^zzj^. zjh 'j^w. ^ roîre ses yeni, k ia^leî'±L ri*: rfcl**fvi.
— Buvez, — hzL i:'l& i'y,'ia:r •.ri'-cn^cjfe'^': «fi ^u. (résentant un xnélîJi^e ir dr.-rurr^ wc:-:.'-<jj^ <. «Aitu'fl avait ordonné zn iz^'Chir:.
— Ah! — dit tr^^fSient li zii^l*5CZi»-. — j«- •■•vjiii ien que ce jour ne v:: > lrn.-r.' :l> :^j<, rjr f^. aoi-môme je ne -y, uaî . Lé-*.fe : ^u'^vi i^^u^^jy. outre mes remèdes.
La médecine bcit et neo:*».
Quant au malade, \rx>.rr/^^. '^r \k d'yr»*rvi. ù ifoue n'avoir pris aucune méded^e.
Ce dénoûment de la comédie ja v-rutiv: su* f»faMi*.
en mémoire une petite anecdote publiée en ces tispmes par le docteur Guyard :
a Une dame convalescente de mes amies disait on jour à son médecin :
» — Dites-moi donc un peu, docteur, par quel secret, vous autres médecins, vous n'êtes jamais malades?
>» — C'est, — répondit spirituellement le docteur, — que nous dînons confortablement du produit de nos ordonnances, sans jamais rien prendre des drogues que nous ordonnons. »
Qu'on ne s'étonne pas trop de cette réponse. Les plus grands médecins de toutes les époques et de tous les pays ont été les plus grands sceptiques en matière de médecine. Le père de la médecine, ffippocrate, a dit tristement : « Un médecin prescrit une diète sévère, un autre permet des aliments, survient un troisième qui les défend. De sorte qu'il n'est pas étonnant qu'on dise alors de l'art médical qu'il ressemble à la science des augures. »
Sydenham, surnommé l'Hippocrate anglais, a dit : a Ce qu'on qualifie d'art médical est bien plutôt l'art de faire la conversation et de babiller que l'art de guérir. »
Guy- Patin appelle la médecine « Vart de dem'Mr^ Platon la regardait comme « aussi préjudidaHe aux particuliers qu'à la société. »
Broussais pose carrément cette question , à h Jicige 826 de son Exameu des docvrvuv^^ 'tcvé.difiafof :
fà
■ La médecine a-t-elle été plus nuisible qu'utile à la société?»
Le professeur Bouchardat convient que « la science médicale n'est pas iait^. »
Ghomel, dans sa Pathologie générale^ dit : « Les ténèbres enveloppent encore la branche la plus importante de la médecine. »
Shengel conclut « que le scepticisme en médecine est le comble de la s^âeiice, et que le paili le plus sage consiste à regarder toutes les opinions avec Tœii de l'indifférence, sans en adopter aucune. »
Magendie disait, le 16 février 1846, au collège de France : c Sachez-le bien, la maladie suit le plus habituellement sa mai-clie sanséti-e iufluen</^e parla médication dirigée contre elle. Si même j'exprimais toute ma pensée, je dirais que c'est suiiout iian^ les services où la médication est la plus a<:tive que la mortalité est la plus considérable. »
Rostan fait cet aveu redout;ible : « Chaque formule est pour ainsi dii-e une eri'eur. »
G>rvisart, sur la fin de sa carrière, a dit en pajlant de la médecine : « Bah ! elle ne sert à rien. »
Le célèbre Boerhaave a dit : Si l'on vient à ]x.'s<^j mûrement le bien qu'a prrjcuré aux honniies une poignée de vrais fils d'Esrulajje, et le mal que l'immense quantité de méderins a f^iit au geniv liumain, depuis l'origine de l'art jusqu'à w jour, nu pensera sans doute qu'il sei'ait plus avantageux (ju'il D'y eût jamais eu de méde<:ins dans le nioiid**.
SiabI exprimait r^ désir énergique ". * J^ wwvV-av*»
SâO LES GIYILISATI(»fS INCONNUES.
qu'une main hardie entreprit de nettoyer dtte
étable d'Augias. J'ose pénétrer dans cette peuplée d'erreurs, où la langue est aussi défectoeiue ijue la pensée, oii tout est à refondre» lès prindptf et la matière.»
Enfin, rillustre Bichat écrivait dans ce chefd'œuvre de science , d obsei'vation et de logique <jui s'appelle Anaiomie géiiérale, les ligne» suivantes :
< La matière médicale est de toutes les scieiioei celle où se peignent le mieux les travers de l'esprit humain. Que dis-je ? ce n'est point une sdenoe... c'est un mélange informe d'idées inexactes, d'obievvations souvent puériles, de moyens illuaoiret, de formules aussi bizarrement conçues que fastidieoaement assemblées. On dit que la pratique de la médd* | cine est rebutante ; je dis plus : elle n'est pas le plus souvent celle d'un homme raisonnable, quand on en puise les principes dans la plupart de nos matières médicales. »
Voilà ropinion de quelques piinces de la science; ce qui n'emi)ôche pas qu'à la première indisposition plus ou moins sérieuse, vous et moi nous nous empresserons de réclamer les bons soins de notre doeteur. On ne croit pas à la médecine, mais on cni à son médecin. Cette douce illusion est pour les m^ lades une grûce d'état.
J'ai trop parlé de médecine dans ce chapitre «pécial pour ne pas \ov\s ^«.rlev un peu des morts fl Japon. La transi\ioivNO\is^^^V\x^^«^<esMS^\ss»^
ment préparûe jat UAMU:àt 'é^ tiu^^tink t^ pny
ac, les morts son» Inûu^/I^LÂ l'emjiârer de î Ëbl
&COII tiès-on^iôiutie. Oi^ Li^ Itr* l^r'^je jAiii«;« le faisaient les RijmBÏiiS : oii lie itri eaiLsàUiut
comme faisaient le^ i^jtûens : on ne k« eu* point, comme no::$ .'ivous îjrt ûe le lalitr ; ou ii en baril, ni plus ni moin^ que Je» oomicliou» s olives. C'est ujornie j a: 1 à-ji^iieur di; voui»le Et, ce qu'il y a de i*ai> «rwnnâut, c'est que le ]ui sert aux Ja[ion;â.> 'le '^.'r:Jiéfe demeure n'a s plus de trois pi^'Js «le lr:u* .su:- deux piedë et de diamètit; au sommet, et deux pi^xis à la Gomment le coriis d'na h jmme peut-il se cal*' ms ce baril'/ C c^t un mysi.rf; que les crofjuei japonais ne nous ont j>oint i-érélé, mai£ le fait l'est pas moins InconlciftaLle.
r quelques questions fuite» à ce sujet jiar da» ;eurs, les Japonais ont iviKjndn qu'ils obtet la réduction des cadavres au format régie- !iire du baril en introduisant dans le nez, drins i-eilles et dans la bouche du mort une rert;ûne d'une liqueur préparée avec le suc du dosi;i. liqueur aurait, entre autres qualités, celle de îraux membres des cadavres une soupk^sse ne, qui permettrait, sans aucune fraction , de ser dans leur baril.
américain parle d'une expérience de ce genre t faite en sa présence. Il faisait extrêmement , un jeune bollandciis mourut à la factorerie
tSS LES CIVILISATIONS INCONNUES.
de Désima. Le lendemain matin, plusîeui nais, quelques officiers de la factorerie et l qui rapporte ce fait examinèrent le corps; aussi dur que du bois. L'un des interprètes portefeuille ime poudre grossière ressembl sable : c'était du dosia, préparé en poudre < au lieu d'avoir été mis en liqueur. Le méde nais prit ime pincée de cette espèce de sal introduisit dans les oreilles ; une autre p; mise dans les narines et une autre dans la « Soit par l'effet de la drogue, » dit l'Ai € soit par quelque habile supercherie que y deviner, le corps reprit toute sa souplesse < de quinze minutes. »
Quelques personnes ont cru pouvoir afBi le dosia administré d'une certaine manière poison violent, et elles ont essayé d'en fai: lyse chimique. Mais l'impuissance de la constater les principes contenus dans certa:
stances végétales est manifeste. Par exem est le principe qui distingue le champigm neux, l'oronge vert, si vous voulez, du cha comestible vulgaire, avec lequel on le con:
souvent ? la chimie l'ignore entièrement ; ] les deux champignons sont identiques, et l'un est un savoureux aliment, l'autre un p pidement mortel. Quel est le principe qui i le suc de la hane dont on tire le curare, le ■ lent des poisons connus, des sucs innooei foule d'autres \iaiies*> YadoixMftVx^'cstfc^^^
Jlla Tie.
Ob qui (wmiiwi â nn nrutn ôlleuse* du dosô, e eM qo'Q «M «Çtltf i» les lemplH, et qae m «UfAHMa» «
m pi4trv nomitu^ Koha»-Iliif«. A*» ^ k
tie du dosja est Êiib-. In
B deTantoe produit m wfl fl fai
pt fois Tingt-^at/v Iwnns on
iSfngo. Les (irtMres ifllrniM)
â34 LES CIVILISATIONS INCONNUES.
(le la médecine, voyagout avec une troupe de soidisant incurables qu*ils guérissent régulièieineit dans toutes les villes où ils vont oiiïdr leurs dipgœii (chaque membi^ de la ti'oupe, eu aiiivant dansai, loccxlité, joue son rùlo de malade et guérit en quiques jours si Tempiiique reste quelque jours daas 11 localité, en quelques heures si ce dernier ne iiilti que la traverser. Ces soi-disant incurables passent pour des malheureux recueillis sur la route par k plus généreux des philanthropes. Quand Timpiesario a débité ses di'ogues, et a fait semblant de congédier sa troupe de malades, qu'il reti'ouve à quelque distance de la ville, il reprend ses hommes avec lui dans sa voituitî et va les reguérir aillai».
On dit cette profession très-lucrative au Japon. Elle ne le serait pas moins en France, j'en suis persuadé, si la police laissait h tous les bienfaiteurs de riumianité leur entière liberté d'action.
Les botanistes euroix'ens qui ont parcouru k Japon s'ncxordent à reconnaître l'immense richesse de ce pays en fait de plantes médicinales. Il u\sl pas douteux que la médecine ne tire un jour de cette contrée queLjues remèdes nouveaux dont nous avons le i)Uis grnnd besoin, ot qu'il sera ];on d'njoulor au trop petit nombre des spécillques dont nous jouissons. Daijs l'état présent des choses, le plusbeaude nos médecins ne peut donner que ce qu'il a, et fraih chemeut ce n'est pas toujours assez.
Au Japon, les médecins se font raser la tôle. Avec des cheveux, i\^ \\\'>\i\ïViYvi\vixvV \sNà\sN&^^ ^BOf
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Quand donc, soob ce dernier rapport, les f çais Bezont-ilfl à la hauteur des Japonais !
Dana Men des cas, et qobnd le magistral q les fimctionfl de juge de paix n'a pu condlîi pazties, il les renvae devant les chefs de It milles respectÏTea, lesquels ont le devoir de d la question en litige. Le jugement des cheRi i Tnji^ est <">"» appel.
IjOb édîts, nous venons de I aent pas toi]gciur8 un genre de pénalité contre fi qui les enfreindraient. Ou laisse au l)on !
magistrats et ft leur sentiment de justice àir au coupable le châtiment qu'il mérite, isng 00*11 occnpe, sa fortoue, drconstances dans lesquelles il s'est montré il mis, etc.
Jamais il n'arrive qu'un édit soit accom d'aucune explication, et le devoir de tout beBS toyen japonais est de ne les discuter dans aueu et de les admirer toujours. Qu'il en devine leï ii sons ou qu'il ne les devine pas, un édit pa7BUi(1 doit l'applaudir en s'y conformant. La moindn Jl cusdon sur l'opportunité d'une ordonnance ^ conque amènerait une punition celui qui discuterait, parce qu'implicitement ee 4 rait fidre injure au chef de l'Ëtat, lequel est SD* iniaîllitde au temporel que le mikado l'est a^;^ rituel.
Lorsque, Aaxa un procès, les door-f mandeuT et ùëteniVeoi,
238 LES GlVILlSATlOnS IlfCONNUES.
dehoi's de la peine de mort, entre un homme sans instruction, pauvre et appartenant auhuitièpie rang de la société, et un prince vassal, instruit, riche et puissant encore jusque dans sa chute, le châtiment, eu fait, n'étant pas le môme pour tous les deux, il n'y avait qu'un moyen d'atteindre également tous les coupables, c'était de leur couper la tête à tous. Le moyen est sûr, en effet, mais il est un peu violent. Je ne sais pas bien quant à moi, si, paysan japonais, je n'aimerais pas mieux vivi*e moins bien qu'un prince, puni comme moi pour avoir commis le même crime, que d'être décapité avec lui.
Au reste, cette égalité devant la mort n'existe pas au Japon, ou le noble et le grand seigneur obtiennent toujours ce que toujours on refuse au vulgaire criminel, la faveur de s'ouvrir lui-même le ventre ou de se faire trancher la tête par un des membres de sa famille. Ce dernier genre de mort est cousidéré comme moins avilissant que la mort par la main du bourreau; non point toutefois parce que ce dernier est un exécuteur des hautes œuvres, mais parce qu'il a été ouvrier tanneur, ce qui est le comble de l'abject aux yeux des Japonais, nous le savons. Dans le plus grand nombre de cas, les criminels appartenant h l'aristocratie s'ouvrent les entrailles avec leurs sabres, et les crimes les plus odieux sont effacés dans l'opinion par cette mort régénératrice, qui est la mort des braves.
Le noble condamné assemble sa famille et ses âmis^ se revêt de ses ^\\is\ife^\flL\i^\\&,^^^Rsœj^
LE JAPO?C. ':iW
me physionomie hewrr"isc% et jiifjjjonw un*' ;i:Vj'mj ir.u. Quand son discouj-s «*.st jijji, il alYrxU: uu j-i? lcuh!(*ment de gaiett», déJiiJl s;î cfiiitu]»', s«; «.'«'-«'mj rre le ventrc, et, défialnnut s<;ij s'iLj'<', h'j'jj j;';jlir leiix coups vigoureux <*n Ihi-iim ijff <'roi.\. Si, l<'s iij railles ouvertes, il coiisprvf.- s;i jjjj\>jf;jjf;jjjjr ^';ii •ianto et qu'il ait en'.'cjni la Ijrf:^- et J<' cMiUr.i;'' «Jr* ■nnionn»r quoUjiu's ]».".:(, les, ^a }ii^;y\ iji'vi<';:t jjr'- :;..'(jr.i\ et son nonj, liti} avi- «..r^iijil jj.-ir ].■: '::j'ii|Jii I;.<2Ut>île il aiijjaitji'ijî, j^îî. m; à Ja p'jst«';'jl«''. J><r> Ijît'iis d'un criniin<M q«ii a j;;i o]jt<;jjir Ja JiVi'ij]- /Ji' s'ouvrir le ventre ou de se j'^rjn* r^iMiMtr la t^'ti* j;a/ r.ii lie ses^iarents ne sou! p*'.^ roijlis<]ués, rojjjujc jj-s [iMpriét'js des crinnnel.-? *\.'''ij|î''s p:jr hi hoMirnnu, k'sijuels passent dans !<• d .im'iutf <h' l'État.
Quan/1 les lois d'n:j ],Mys s^jjI ïJ'jwu* troji j.':a:MJ>' êvt'nti*, on peut /***;•'* s"i' «jirr'l'i's si jfjut ijji1i;.'f'"> aïs rappîi«-aliMi par h*.- j !«;.'<•-. C'«*>1 ainsi «jir.iii .ip »:^ si 11* meurt ri '/r *'st t'.-îîjoiirs piiui par la mort, r:::*(.up i]'autrf*s rriniiîH'ls moins nnipîijjjc:- aii\ rnx des dispirnsatriu'sdela Justin; sont e<jn<l;imn«''S
!a pi'ison, aux travaux puMifset au Jannisst'nient.
La i»f»ine dï» la priscni est ]»]us ou nmins ri;:nu- »Mis»* et plus ou ni(iins liumiliMUti* îiiissi, cmi raison r. H! n.L: auipn'l appartient h* n>upaM«». LV^juité jal'îuaiso vi'ut «jui", à «Tini" éi;al. li* no!il(» et \r riclic (»i<*:;t tnu jours plus ri;-r'îunMisfnient punis ([lu*. hninnif» 'lu peuple et le nnsérable.
('.'■■*. •' * niênKM'sprit (l'équité qui fait que l'ain'iiiii* ii't':it j;iwnis p]*onont:ée , \e v*uA\o sv^ Vw^wnawV.
240 LES CIVILISATIONS INGONNUKS.
considérablement moins puni dans ce cas qae le pauvre.
Il y a deux espèces de prisons dans les villes du Japon qui ont pu être observées par les étrangers. La première espèce de prison, la moins infamante, et celle où les condamnés sont le moins maltraités» s'appelle raya^ ce qui littéralement signifie cage.
D'après les détails, un peu vagues il est vrai, que nous avons pu recueillir sur cette espèce de prison, elle offrirait le caractère des prisons cellulaires des États-Unis d'Amérique.
L'autre espèce de prison a pris le nom de gokuya, qui veut dire enfer.
C'est en effet, un terrible, \m épouvantable enfer (jue le gokuya. Bâties en forme de donjon, les prisons de cette espèce sont généralement situées dans l'intérieur même du palais du gouverneur de la ville ; ce qui, entre parenthèse, ne me parait pas de nature à beaucoup égayer le séjour de ce haut fonctionnaire public. Un des suppUces qu'on inflige aux malheureux condamnés à vivre dans ces horribles prisons, est de les entasser les uns sur les autres, de telle façon que souvent on en trouve d'étoufEës. Dans la pensée des juges qui condamnent les criminels à cet emprisonnement, le mal, représenté par eux sur la terre ou le devoir des honunes de bien est de le combattre, se trouve ainsi puni par luimême, puisque les criminels souffrent horriblement de leur contact réciproque.
Passons aux autres supplices.
LE J.iPON. 241
Il n'y a qu'une petite porte dans cliaque gokuya, Bt elle n'est jamais ouverte que pour la réception oa la relaxation d'un prisonnier. Jamais un être libre ne pénètre dans ces affreux séjours.
La nourriture n'y est point distribuée par portions
^alfectéesà chaque détenu, et comme elle est toujours
insuffisante pour le nombre des condamnés, ils se
pédpitcnt en masse sur la gamelle commune, et
«ttt à qui se fera la meilleure part. On devine les
«oènes épouvantables qui en résultent.
Les prisonnière se livrent entre eux, comme feraient des cliiens affamés , des luttes sauvages ÎUi se terminent quelquefois par la mort de Tun d eux. Quoi qu'il arrive, jamais i)ersonne ne vient ïïlettiv un peu d'ordre dans cet enfer si bien Uuumié, et les malades sont condamnés à y périr tiute de soins. La porte diî la prison s'ouvre seuletneiil pour bûsser sortir leur cadavre. Ils ne sont puiiU éclairés la nuit, et n'ont jamais do feu , môme dans les jours dt» frt)id les plus rigoureux.
Pour touU» lumière pendant le jour, et aussi pour tout vtMitilatiuir, les maudits de ces lieux diaboliques uiU une petite fenêtre grillée au plafond, ijui j(;lto sui' eux une lueur triste (»t lointaine, accrompagnée d'un iK?ii d'air frais qui s'est vicié avant d'avoir pénétiv dans l'intérieur. Ils n'ont i>as de lit, et se couchent connue ils peuvent, les uns sur les autres, [rixr lern;. 'r(.)Ut ce qui serait de nature à occnper leur i»sprit en adoucissant leurs souffranci\s leur est iihsulujuen t in tordit.
Lorsqu'un prisonnier pénètre dans un gokuya,» s'assure qu'il n'apporte avec lui ni livres pour lire, li papier pour écrire, ni crayon pour dessiner, mins^ trument pour faire de la musique, ni tabac pour filmer. Les matières premières que les détenus poll^ raient employer à faire des travaux manuels leur sont aussi interdites. Dans ces prisons d'une bartorie sans égale, ce sont les plus robustes et les pto forts qui font la loi aux autres, et rien sans doute n'égalerait en horreur les mystères des gokuyas , i jamais il prenait fantaisie à un prisonnier de le» révéler.
Mais quelles que soient les tortures dont no© n'avons pu donner qu'une faible idée, il en est une autre plus intolérable encore aux yeux de tous les Japonais, et qu'on fait subir aux seuls prisonniers des gokuyas. Cette torture est toute morale; mais, pour l'éviter, on a vu dos prisonniers demander la mort à genoux. Elle consiste dans la suppression de leur ceinture d'étoffe, remplacée par une ceinture de feuilles tressée. Cet afTront est le plus grand qu'on puisse faire subir à im Japonais.
Plus d'un homme égare par les passions a été retenu dans le sentier do l'honneur, bien plus encore par la crainte d'être privé de sa ceinture que parla peiu' du séjour du gokuya. Passe encore si on ne faisait que retirer la ceinture de soie ou de coton de la robe des criminels, mais remplacer cette ceinture respectée par une eemtocç^ ^viUo. de feuilles tressées, voilà ce qui parall \ivlaxv\^\i\, Ts\^Tî\fe ^^x^Xssscbssss^
is plus dépravés, par conséquent les moins aocessiies au sentiment de Thonneur.
On a vu des condamnés se faire volontairement ouffer sous les autres prisonniers, ne pouvant sup- >rter cet afi&ont, le plus cruel de tous au Japon. Ce ii tend à prouver que si le sentiment de la dignité ipsonnelle existe chez tous les hommes, les choses li développent ce sentiment et le réveillent nt de convention partout. Nous rions de la susptibilité exorbitante des Japonais à lendroit de urs ceintures, et très-probablement ils doivent j leur côté considérer comme puériles certaines fenses qui nous paraissent, à nous, sur le petit lin du globe que nous habitons, essentiellement Ses à rhonneur.
H existe à l'égard des réprouvés des enfers japoais un règlement qui prouve une fois de plus le md des juges pour rendre la pénalité égale envers )us. S'il arrive qu'un noble ou qu'un homme riche uelconque, condamné à la prison de gokuya, îuille s'y faire donner ime nourriture plus conveable que la nourriture habituelle de tous les priinniers, il le peut, mais à la condition que tous les ^tenus jouiront de la même faveur et qu'il payera mr tous. Si donc, par exemple, un criminel noble isire un jour manger un poulet et qu'il y ait cinlante prisonniers dans la prison où il se trouve itenu, il est forcé de faire venir cinquante poulets, ainsi de toute chose.
On voit qu'il en coûte cher au riche prisonnier
âi4 LES CIVILISATIONS INCONNUES.
d'améliorer sa condition dans le gokaya. Il répugnerait aux Jax>onais, dans leur vif sentiment de la justice, de penser que le criminel riche puisse manger plus et mieux que les criminels pauvres.
La torture, la monstinieuse et stupide torture, dont les amoureux passionnés de Tancien régime en France l'egrettent sans doute lusage parmi nous, est-elle encore en vigueur au Japon? J'ai lu à œ sujet plusieurs passages contradictoires dans les ouvrages écrits en anglais, en portugais, en fflloTnanH et aussi dans quelques extraits français que j'ai consultés sur le Japon. D'après quelques voyageurs, la torture serait fréquemment employée. D'autres prétendent pouvoir affirmer qu'elle est entièrement exclue de la procédure dans tout l'empire de l'Est
Enfin, il en est qui croient savoir qu'on n'a recours à la torture que pour les délits politiques et l'apostasie religieuse. Quoi qu'il en soit, un fait qui paraît ne présenter aucun doute, c'est l'application des punitions corporelles. Elles sont très-fréquentes et infligées d'après la volonté des magistrats, pour la répression d'un grand nombre de délits, notamment contre les contriJjuaLles qui mettent trop de lenteur à payer l'impôt.
Le système de perception est très-simple au Japon, et, grâce à la flagellation qui menace tous te contribua})les, chacun s'empresse de payer la taxe. Les Japonais avaient l'honneur de payer l'impôt ÎGOr cier plusieurs siè('les avant seulement que nous y songeassions, nous Européens, qui nous prétendons
LE JAPOfV. tl$
les phis imposée du monde. Aa hjji^jti, it fixé, non pas d*après la valeur de la jm)^ ais d*après sa dimension. Tant ]Ân jjtstsr
possèdent de mauvaises terres, ils parent mx qui ont des terres excellentei*.
>is, cette mesure ne s'applique qu'aux propriétés dépassant une certaine ^^ewdue I propriétés moindres sont impf-méf^ d'une m qui rappelle la dlme de notre ancien m^ B taxe relative à la nxyolU* de cliaif|ue imtiht ée sur le riz, qui est la base de YMm^n^ maise, et en général sur tous les pr^idujts î. Les arbres finiitiers sr^nt impr/sés extranent; ils payent une taxe équivalente à la leur produit. Comme autrefois chez nous rception cruelle et vexatrjire de la A\smi, la s fermiers japonais est examinée et est{es employés nommés à a*t eflfet. Les culjnt le devoir de déclarer strictement Unité tion sur le produit annuel de leur propriété* s et les foi-éts sont imposés partout suivant ce. Sont exempts de tout inij>ôt les pro-
qui ne possèdent que quati-e-vingt-dix eiTain en superficie. Il nV a jias d'impôt le revenu, mais il v a une œntribution taire, à laquelle aucim financier n'oserait ire en présence du martinet ofliciel. Une ; dans tout l'empire est exempte d'impôt mpôt volontaire : c'est la ville de Meako, du souverain spirituel.
246 LES GIYILISÀTIOlfS INGONIOISS.
Pms([ue nous avons été entraîné incidemment à donner ici quelques détails sur le système de Timpôt au Japon, ajoutons encore quelques mots pour faire connaître les revenus de cet empire.
D'après Varenius, ils se montent annuellement à 2,834 tonnes d'or. En mettant la tonne à 250,000 fir. le total serait donc de 709 millions 700,000 fr., ce qui est, on le voit, un assez joli chiffre. Outre lesimmenses revenus des provinces, l'empereur temporel possède un trésor particulier en or, en argent et en pierres précieuses, disposé dans des caisses ayant chacune la valeur de 1,000 taels. On ne sait pas œ qui peut arriver.
Revenons aux criminels.
Nous avons dit que, avec la peine de mort, Yeor prisonnement dans les deux espèces de prisons» la cage et V enfer, et les punitions corporelles, on condamnait aussi au bannissement dans le Japon. Cette dernière peine n'est infligée qu'à Tégard des noMe8 attachés à la cour de l'empereur, et des condamna pohtiques de haut rang. Les bannis sont interné» dans des îles désertes, où une mousse jaunâtre e«t tout ce que produit une terre rocailleuse et noiïe. Le bannissement, c'est la mort, mais une mort lente cruelle, désespérée, plus terrible cent fois que 1» mort par la hache du bourreau et plus redoulfc aussi par les Japonais, qui abrègent d'ordinairt les tortures du bannissement en s'ouvrant les entrailles.
On a pourtant vu des bannis vivre plusieurs nioii
Qéme plosenn aimées kil' i*fi- i^rr*iy u*i^ità*^ oi avaient fctédéj#:»nét-I^ uuj- »*, jj.Ji:r:."ïM:^j*;iJw>f
Bter. Do proCTtii: î^ ^eu }*h-:ii^'hivui- 'j tui*^^. *r o*?» ectes qu'ils yjUT'âd^m irjv^e? ^i. 'sr^uhixiî- n re, jusqu'à ce ç;î*: Tt-ni'j-^t vida wj J'-^ pr:'. c.liuzi» tous genres, £t moLLrubWfi:: UcOj: > i.-ju o^ yii*?*' B rocher, l€arL.îd!i*-tii:a. i;cJi::'j»5lif . S'il n'est pDÎnt l-é::ii'ji.*«:-^ -^jr: ^t ijnv-n h'x: aji^ii/ée aux aoccêéé p'.cj av„-' i^:.»* ti-ju*'' j*^ aruii. nt on les support 'X'-jj^fi-iu-et- L -e^i '>»:',••■.>::::„ gu^t >♦* rrections coipco^rlles *«vir. 'r^.-u-rc.uiv:':-: vr->v}^* 'égard des aorris^ j*tx-r.> xr^pi-o^^*. O:. >». lette et on leiir ipylÎTu^ 1â ii?i.Kv-i.iif:. fcr??i.'i'y>î-;i
ces malheureux zyyyj::ilez* n^xx^t J^ 'yj-j^A. !>; lent du bourreau <piiii.il'^ h'hy-.v'pA ^yjh li ry;oe n'est pas assez for:<r i» -;r s-yis: ^^ ;^-':-.^ fc^;> mrir, consiste à ia ia4L.â^*fr Cr: i::^:-j^7^ ;i <>- 'elle ne rende le dernier soupir qsj'iTe': > (î^rroier ap de ibnet ou de Ijâton.
CSomme il iaut que le patient reçoive dani* tous les 5 le nombre de coups auxquels il a été condamné, 'il soit vivant ou qu'il soit mort, le bourreau plai.-e a honneur à ne pas frapper im cadavre, et lait osister son amour-prof^re à comliiner parfaitemtla force de résistance de la \ictime avec l'acn destructive du châtiment, de manière à ce que
condamné n'expire qu*après Texécution de la itence.
Malgré Thorreur des châtiments corpoi'cls, au
Jai)Oiî, chAlinionls qui dénolcnt certains côtés barbares (lo la civilisation do ce pays, nous nous refusons à croire ce que certains voycigeurs ont rapporté des exécutions capitales. D'après eux, le condamné ne recevrait la mort que lentement et avec un raffinement de cruauté iuonï. Ainsi le coupable, — quand il est coupable, — condamne h périr par la hache, avant d'ôtro décapité serait littéralement coupé en morceaux. Et iiour cela on a dit que les jeunes nobles avaient l'halûtude de prêter au bourreau leur sabre, afin d'en essayer le trfinchant sur la nature vivante, laquelle offre à la lame un autre genre de résistance que lîi nature morte.
On a dit aussi que le peuple, très-friand de ces sortes de spectacles, l'était surtout des auto-da-fé, qui s'accîompliraicnt dans des conditions actroces. On enveloiipe la victime dnns un étui d'osier assex épais pour que la flamme ne puisse mordre les chairs qu'avec*- dinicnlté et par d'étroits interstices; puis on jelUî 1(3 panier dans le feu. Au bout de <(uel(iues secondes, milles brûlures, légènîs d'abord, intoléral)les un instant d'après, quand l'osier à moitié consumé laisse pénétnu* partout Taiguillon de la llamme, viennent lorturi»r horriblement le condanmé. Fou de doidenr, il saute instinctivement dans son panier, et elia(jui^ mouvement est l'objet des applaudissements de la foule, qui se croit an spectacle. On rit, on l'interpelle, ou dit de Ijonsmots, jusqu'à c(îqu(i l'élni ne fass(îplus aucun mouvement, <:*'r?sl-à-dire juscjuà ce que la victime soit étouffée.
inquisition était jAus abominable encore, en cm les supplices étaient appliqués à des mnfjCfiStU ies chrétiens qui confisquaient leurs bienjî et 3ndaient juger au nom d'un Dieu de ioVtraïïiuii 5 miséricorde. D'un autre fxjté, il ne faut pas ou- •que la suppression de la t^^rture en FrfinrAtt^Ade )ine de mort par la roue et rér:artf;lage, ne daUf de peu d'années avant la i-évolution de 1789 ', 1 témoignage des voyageurs qui assurf^nt avoir ommettre au Japon les atrr>cités que nous ve- 1 de décrire, Aient se joindre.* le témoignage raire de quelques Hollandais rpii ont éU; tels d'exécutions capitales f>n'S de Nagasaki. Ils
a Franee a été onc des dernières nations européennes, sinon la rSy à abolir les atroces et stnpides bariiaries qv'on infligeait nples prévenus sous le nom de question \tonr leur faire avouer imes qu'ils avaient on qu'ils n'avaient point commis. C'eKt h la »phie, <pn par la voix éloquente de Robert Estienne, de Monde MoflteMiuiea, de Voltaire, s'est élevée avec une videur tîb!e contre cet exécrable usage, qne revient Tbonneur d'avoir sparaitre la torture de nos lois.' Une déclaration datée du 24 rSO abolit la question préparatoire, mais laisse subsister la m préalable. Ce ne fut que huit ans pins tard, le l*' mai 1788, tKtore fat entièrement supprimée. Dans cette déclaration dern voulut bien reconnaître que « cette épreuve presque Umquivoque par des aveux absurdes, les contradictions et les remis des criminels, était embarrassante pour les juges, qni ne ■t démêler la vérité au milien des cris de douleur. En cotre était dangereuse pour l'innocence, en ce que la torture pousse ients à des déclarations fausses qu'ils ne rétractent pas de ïvoir se renouveler leurs tourments. » Voltaire, en suppliant y dTabolir la torture, lui avait dit : « Un roi a-t-il le temps de à cas mêmes détails d'borreur au milieu de ses fêtes, de ses es et de ses maîtresses?
assurent que tout dans ces tristes circonstances s'et passé régulièrement, sans cruauté ni de la part de exécuteurs ni de celle des si>ectateurs. Le prisomm était amené à un endroit fixé hors de la ville. H éU à cheval, les hras et les jambes attachés. N'impoi' qui pouvait lui ofl&ir des raffraichissements et i tabac ; il échangeait des paroles avec ceux qui Tii terrogeaient, et la compassion se peignait sur Uà les visages. Les juges étaient présents à Texécutia] revêtus de leurs insignes.
Le condamné était détaché et descendu de cher avec douceur. Le bourreau, pour se faire pardonn de la victime qu'il allait frapper au nom de la k lui offrait un verre de saki, avec du poisson se des fruits et de la pâtisserie. La victime accepb et partageait ce dernier repas avec les amis q raccompagnaient. Il mangait sans se presser, ma sans chercher à gagner du temps. Puis la de nière bouchée avalée et le saki bu, il se toumi du côté du bourreau et se mettait à sa dispositio On faisait alors asseoir le patient par terre, sur u natte, entre deux tas de sable, de manière à cal en quelque sorte son corps. Puis un des of&de de justice lisait à haute voix la sentence.
Le bourreau se tenait derrière le condamné, et ai le dernier mot de la sentence, la tête du crimim tranchée d'un seul coup, allait rouler dans le saU pendant que le corps assis conservait la même pos tion. Le bourreau prenait la tête du suppHcié et fixait à un poleavi svrcX^ççvv^ ^VLX^&^V^^î^^V^tion i
jt .«-r
f83 LES CrVlLISÀTIOIlS WGONNIJES.
Les filles de qualité, comme les simples i rières, se marient sans dot généralement. Il a même souvent que, lorsqu'elles sont jolies et p dent, avec une bonne éducation, des talents d'î ment, elles exigent au contraire ime dot de qui les demandent en mariage. Dans tous les c la femme survit à son mari , qu'il soit mort p glaive de la justice ou d'une autre manière, la^ entre en possession de la dot qu'elle a exigée d( mari pour être sa femme.
J'ai lu dans im journal anglais que les amb deurs japonais, que nous avons eus demièreme France, seraient mis à mort en rentrant dans pays.
Leur crime , que ne manquerait pas de dén( l'espion qui les accompagnait en Europe, serai voir bu du vin. Il paraît, en effet, qu'il est déf au Japon de boire du vin sous peine de mort. 1 rons que, s'il en est ainsi, les magistrats trouvi moven d'éluder la loi en faveur des ambassadi qui, n'ayant pas chez nous le moindre petit ^ de saki à se mettre sous la lèvre, sont bien € sables d'avoir fait connaissance avec le jus ( treille.
La présence à Paris d'une ambassade japon
à notre époque surtout où les événements se si
dent avec une si grande rapidité, est un fait è
importance considérable. Il dénote de la pa
gouvernement ^a^ow^V^ \m^ ç.^^.ç,^^^ion énorme
aux idées sociales mo^^rs\ft'5>, ^ tos:x^Ss?bN.^
innuBiffe;.
litd'aSIems^ mconseoLL^ rne- Lâss^ômnaiBs
trop juiLv^iiu -oTrûFifr^ jTïîe -âs- JTrmniih
3K .^snsL
noire, ^piiâsc -k îr'^anTP, Zz±i. s: -sl ^
sont st.cjî j-.rs rirt j« &zr:çé2D5. ils f^
l plus Tiri^ire^i rirr Irrs rv-^.n^ ^ ZSl.XZi?
donc tout k ^€^z^z îr l'aveidr de .v peujùe, hui que le? Êta^^^Unis et plusieurs natkius ones entretiennent des plénipotentiAires au
Ck>nti*over»e eplrtttqiaei
Lettre Première.
A PROPOS d'un fragment DE SONATE DICT PAR l'esprit de MOZART.
Sous ce titre nous avons publié, dans le j( nal le Siècle, du 27 octobre 1859, l'article suii qui nous a valu l'honneur, assurément bien rai bien précieux, d'une réponse rédigée par... d sieurs les esprits eux-mêmes. Article, répoi réponse de la réponse, etc., nous reproduisons i aujourd'hui, pour la plus grande gloire des eq frappeurs et discoureurs.
Mozart est mort à Vienne le 5 décembre 1791.
Il n'en continue pas moins à composer de la i sique, comnae a\ix^\\i^\i^^\viL\'5>>^^^^'è.'^.^^.
On est moxl, mais oxs. tv^ '&^^^^\fô^'î^^'aims
Lir cela, s'il en faut croire les adeptes de plus en is nombreux du spiritisme.
iu est-ce que le spiritisme ? me demanderez-vous. 1 cela je réponds diaprés TÉvangile selon Allan ^ec : Le spiritisme est fondé sur Texistence des es intelligents et invisibles qui peuplent l'espace ju'on nomme esprits. Les esprits sont partout : sont parmi nous, à nos côtés, nous coudoyant et us observant sans cesse. Par leur présence au mitt de nous, les esprits sont les agents de divers pbémènes; ils jouent un rôle important dans lemonde )ral, jusqu'à un certain point dans le monde pby- [ue, et constituent ainsi une des puissances de la ture. Les faits prouvent que les esprits peuvent inifester leur présence parmi nous ; que nous pouns entrer en communication avec eux et faire avec X échange de pensées. Les esprits sont créés sim- Bs et ignorants ; ils s'éclairent et s'épurent jusqu'à qu'ils aient atteint la perfection. Il y a ainsi des prits plus ou moins bons, plus ou moins éclairés, 18 ou moins parfaits, selon le degré d'élévation tquels ils sont parvenus. Les esprits sont revêtus ne enveloppe semi-matérielle impérissable, dénée sous le nom de périspfnty qu'ils puisent dans iuido universel, et qui est plus ou moins éthéréo on le degré de leur épuration et selon les sphères tis lesquelles ils se trouvent. Ils revotent en outre nporairement dos enveloppes matérielles destruces, dont la durée constitue la vie coYÇOteWfâ. ^ân Je inonde spirite ou des espvils e^\.\exas>rcv^s>
normal primitif, préexistant et survivant à tout L'existence corporelle est une des phases de la A [J spiiite.
Maintenant que vous voilà sommairement leoseigné sur le monde des esprits, j'ajouterai (p'i existe à Paris une société qui s'occupe de spiritismB expérimental. C'est une société scientifique, comniB tant d'autres, nous dit M. Allan Kardec, unesodéi qui a pour but d'approfondir les différents points 4 la science spirite, qui cherche à s'éclairer; mais es n'est pas une école ni un cours d'enseignement élfr mentaire. Plus tard, quand vos convictions serort formées par l'étude, elle verra s'il y a lieu de voŒ] admettre. En attendant, vous pourrez assisteras» séances une ou deux fois comme auditeur, à confr lion de n'y faire aucune réflexion de nature à froisser x)ersonne. Vous y verrez une réunion d'hommes graves et de bonne compagnie, dont la plupart se recommandent par la supériorité de leur savoir et leur position sociale.
Telle est la société spiri tique de Paris ; telles son) les sociétés spiri tique s des cinq parties du monde, car il y aura bientôt autant de spirites que d'esprit en l'air, et les pauvres esprits, interrogés de toute parts à la fois, ne sauront plus où donner de 1 tête.
Heureusement pour les esprits qu'ils ont pourk plupart le caractère bien fait. Dans les entretien! familiers d'o\\\.re-\.om.lie,iIs rient avec les médiums, chantent et îoiil Oiç-è ç,*Aq:x>:^v>^i^'^^n^^nxsn.^'=5^^
irraiment admirable. Si j*étais croque-mort, ais être aussi médium ; je causerais avec les le je porterais en terre, et il y aurait de quoi
les morts, il est vrai, ne se montrent pas ants ; il est des esprits chagrins qui voient loir; il en est de bons et de méchants, de et d'ignorants, de sincères et d*hypocrites.
ssi des esprits sérieux qui pensent au solide ans la prévision où ils s*incorporeraient une fois et reviendraient sur la terre, songent ivenir et se créent pendant leur mort (îes es pour leur vie.
là ont formé avec le libraire du Palais- M. Ledoyen , une association des jihis îs pour l'édition de leurs ouvrages d outrc- Jn médiiun est chargé d'écrire sous Tinspimorts les précieuses élucubrations littécientifiques et musicales, que M. Ledoyen »c recueillement, et qu'il vend ensuite trèsir respect pour la mémoire des défunts, yen reste seul, il est vrai, dépositaire des provenant de ces ventes qui se multipUent ^n plus ; mais il promet de donner à chaque part (le bénéfices qui lui revient.
[*ule condition est posée pour le règlement )tos ; il faut que l'esprit s'incorpore de nouju'il se présente muni de papiers en règle t son identité et attestant son séjour dans le } des morts.
9tt us cnmiffitfoiis HMMMN*
La pradenco Is pins ffléuiBUlÉiw cette mesure.
Cihaqne esprit ft son ocnupte counu braire, et sa caisse est toujours ouYerte anxi morts qtd se présenteraient.
Mais jnsq[a'à prAient pas un aibdI esprit n^ ) réclamé ses droits d'auteur.
Hosart, ou pour parler pins ezademenl ft de Mosart, n'a fidt jnsgn'ici gn'nne seole pelîlSi ration aTec M. Ledoyen. CTëH l'édition d*B& ment de sonate en mi bémc^, de çpistre qui se vend deux fiancs, prix net*
Contrairement aux usages depuis longtanii'^ blis dans le commerce de mosigne, Téditsw prits ne Mt aucune remise, il a cet espril-BL' donc, malgré ma guaHté d'artiste que j'ai i payé deux francs les quatre pages de l'aitimir Don Juan.
n faut dire qm Mozart s'est beaucoup i6î!a4\ pour venir parmi nous dicter ce fragment de et que, sur le bénéfice provenant de ce cbeM'i vre, son éditeur lui réserve sans doute, ont» droits d'auteur, une prime convenable pourdidi vacation.
En effet, l'illustre compositeur habite une mante maison de campagne dans la plandto piter, et de Jupiter à la terre il y a loin.
Mais il s'agissait pour Mozart d'une alita ma foi 1 comme aident l^^liammes, les afhizesv tout.
^68t h l*€!icellefit méâluiiL Brjuu-Diyfgfff «ilL qm (prit du grand maBden a didé ssl dernière
3'il bâti STOoer tonte ma pensée, je dirai que M»rt se n^l^ depurâ qa'S est mort; il a £iit ■QOCHip mieax qoe cela de son TÎraiEt. Sa sonate mtre-tomI)e est une mélodie très-innocente déve* )pée avec une prudence extrême et d'une harmoe qui craint de se comp«»nettre. Certains accomgnements même soKt d'une pauTreté choquante, les puristes y trouyeraîent des ortaces cachées qne ?n ne justifie. En somme, cela a bien la couleur i Mozart, mais de Mozart en£uit, et j'aurais atndu mieux de Fauteur de YÂre v«rmi, de Don Juan de la symphonie en soi mintar.
Le fragment dont il s'agit a été exécuté, dans une ince de la société spirite, par M^^ de Derans, ve de Chopin.
K Comme point de comparaison , » nous dit la ou€ sjfiriie (car les esprits ont aussi leur journal), yP^ de Devans a préalablement iidt entendre une ^nate composée par Mozart de son virant. Il n y I eu qu'une voix, non-seulement sur la parfaite dentité du genre, mais encore sur la supériorité îe la composition spirite. Un morceau de Chopin a été ensuite exécuté par M"« de Devans, avec Bon talent habituel. »
L'occasion était trop belle pour ne pas invoquer ' deux comiK)siteurs. Eux qui, je l'espère pour le 5off de leur âme, n'assistent pas k Vyaa \^^ ^w^-
980 LES cmLisATHHis noomiss.
cerU qui se donnent à Paris, se sont bit un plaisi et un deTCHT d*assister à celui-ci.
Après la nnisîque, le dialogue suivant s'est étaU entoe le médium et les esprits de rharmonie.
Je dte textuellement la Revue spirite^ qui eompt panni ses abonnés les esprits (teiiestEes) les pbi graves de l'Europe et de l'Amérique.