L UTAH
sieurs autres de mes serviteurs depuis la création du inonde jusqu'à ce jour ; et en rien ils n'ont péché, si ce n'est dans les choses (ju'ils n'avaient pas reçues de moi.
» Les fenmies et les concubines de David lui furent données de ma part par la main de Nathan, mon serviteur , et par les mains d'autres prophètes qui avaient les clefs de cette autorité ; et dans aucune de ces choses U n'a péché contre moi, excepté dans le cas d'Urie et de sa femme. C'est pourquoi il est tombé de son exaltation , et il a reçu sa part ; et il n'héritera pas d'elles hors du monde, car je les ai données à un autre, dit le Seigneur. . .
» Et de plus, comme appartenant à la loi du sacerdoce, si un homme épouse une vierge , et désire en épouser une autre et que la première y donne son consentement ; et s'il épouse la seconde et qu'elles soient vierges et qu'elles n'aient pas été promises à un autre honune ; alors il est justifié : il ne peut pas commettre d'adultère, puisqu'elles lui ont été données ; car il ne peut commettre d'adultère avec ce qui lui appartient et à personne autre ; et s'il a dix vierges qui lui sont données par cette loi, il ne peut pas commettre d'adultère, car elles lui ont été données et elles lui appartiennent. Il est donc justifié. Mais si l'ime ou l'autre des dix vierges , après qu'elle est mariée, va avec un autre homme, elle a commis l'adultère et sera détruite ; car elles lui sont données pour multiplier et remplir la terre selon mon commandement et pour accomplir la promesse
qui fut faite par mon Pore avant la création du monde ; et pour l(mr exaltation dans les mondes étemels, afin qu'elles puissent enfanter des âmes d'hommes ; car là se perpétue l'œuvre de mon Père pour sa propre gloire.
» En vérité, en vérité, je vous le dis, si un homme ayant les clefs de cette autorité a une femme et lui enseigne la loi de ma prêtrise qui a traita ces choses, alors elle devra croire et le servir, ou bien elle sera (IcHruite , dit le Seigneur votre Dieu ; car je la détruirai, car j'exalterai mon nom sur tous ceux qui reroivent ma loi et l'observent. C'est pourquoi , si t^lUî rejette cette loi , il pourra légitimement devant moi recevoir toutes choses quelconques que md, le S(îigncur son Dieu , lui donnerai , parce qu'elle n'a pîis voulu croire ni le servir selon ma parole ; el alors elle devient le transgresseur ; et il est exempt (le la loi de Sara, qui servit Abraham d'ain-ès la Id, (juand je commandai à Abraham de prends Agar [)our femme. Maintenant , au sujet de cette loi , en vérité, je vous le dis, je vous en révélerai davantage [)lu8 tard. Que ceci vous suffise pour le présent. Voici, je suis Alpha et Oméga. »
L'apôtre mormon parcourut plutôt qu'il ne lut dans son entier cette pièce qui parut l'égayer médiocrcîment.
— C'est bien le même texte , me dit-il , que celui que je connaissais sur cette prétendue révélation; mais, encore une fois, Joseph Smith n'écrivait plus sous l'inspiration du Très-Haut, lorsqu'il produisit
■rtiimiinf iViiilldiiiii ■mm iimliixIlM
vto de IfomnoBt t
fr m'en sépare jamaifl.
QDf donc œ qa'il dit à l'éganl de la pelir-
Il éa derniers joun oawxH Bqn livse sacré .
[aisait:
Ht lumime panni tous n'ania qu'une et de conculane iln'enanra anccme. Car m » le Seigneor des années, je meiéjouis iMteté des ftimaes. Yons ayes brisé le ocBor todres épouses ; tous avei perdu la conte Tos enfants , à cause des mauvais ezeme TOUS mettez devant eux ; et les sanglots G cœurs montent au ciel contre vous ? »
sdr ? et les Mormons corrompus , dont Tatand vient de répandre en Europe les détes- ;trineSy pourront-ils soutenir après ce texte g[ue la polygamie est d'institution divine ?
oue, monsieur l'apôtre, que les bras me Mais comment font-ils, dites-moi, pour iccord le texte sacré qui leur défend la poavec la polygamie qu'ils se permettent.
-ils soutenir q\ic les lois divines puissent iorées par les lois humaines ou que Dieu lit?
prôtrcs mormons, comme les prôtres de la îs autres religions, sont adtoil^ vv. \fâv\\vvSi.'t. iltés, et les contraâic\àûn!& cviVcvb ^ v^^^
devraient faire et ce qu'ils font ne les eflfrayen* lement. Us agissent déjà à Tégard du livre de mon conune certains catholiques agissent d longtemps à l'égard de la Bible ; ils le vénère théorie, et en pratique ils défendent qu'on le Aussi qu'est-il arrivé ? C'est que la foi s'est pe cette foi par laquelle les anciens recevaient '. des promesses, faisaient des œuvres de justice, levaient des montagnes, mettaient en fuite de mées étrangères et fermaient la gueule aux 1 N'est-ce pas par la foi que Moïse divisa la m fendit le rocher ? Et dirons-nous que maintena nature, les objets et le pouvoir de la foi ont oh ou cessé ? Ne devons-nous pas dire plutôt qi sont les hommes qui ont cessé d'adorer le vrai] de la véritable manière, et ont ainsi perdu ce q la source de ses bénédictions. Conunent l'oi s'est-il ch«nngé en imvil métal, suivant l'expre de Jorémie, si ce n'est par l'apostasie ?
— Vous avez peut-être raison, monsieur l'aj
— L'apostasie, voilà la peste morale qui a eoi h sa chute la nation juive, et menace aujoun de précipiter dans un abîme sans fond toute la( tienté di\isée en plus de sept cents sectes diflR tes. Vivons-nous dans les jours où régnent les i de la grande apostasie , telle qu'elle a été prédi XXI V« et au LIX« d'Isaïe, et au XXIV de saint tliieu ?
— Je dois vous avouer, monsieur l'apôtre q 21 ai à ce sujet que des idées N^gaÇiS.
l'utah. Si
— S'il en est ainsi , et qui pourrait en douter, ne pouvons-nous pas espérer que « d'autres ouvriers 9 seront envoyés dans la vigne h cette onnème » heure (Matth. xx), juste avant le jour de la co- » 1ère de Dieu sur Babylone et l'heure des der- » niers jugements (Âpoc. xiv) , annonçant que le 9 royaume des deux est près (Luc xxi), et criant 3 d*une voix forte : Voici l'époux qui vient ; sortez 9 au-devant de lui (Matth., xxv). v Et ne seront-ils pas informés de sa venue par un saint ange, qui doit restaui'er l'Évangile dans ces derniers jours (Apoc. xiv) et la dispensation «linsi réUiblie ne sera-t-elle pas la dispensation de la pl(r*nitudc des temps (Eph. I, acte m), et le royaume ainsi annoncé celui dont parle Daniel (Dan., ii) ?
— C'est bien possible , et je n'y vois pas d'objection.
— Il y en a une pourtant.
— C'est encore bien possible.
— Paul dit : « Mais quand nous-même nous an- » noncerions ou quand un ange du ciel vous annon- » cerait un autre évangile que celui que nous avons » annoncé, qu'il soit anathème 1 9 (Galat. i.)
— Eh bien ! comment vous tirez-vous de là avec votre nouvel évangile ?
— De la manière la plus simple. Le Christ a dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui » n'entre point par la porte dans la 1 ergerie des » brebis, mais y monte par une autre issue, est un > larron et im voleur. » (Jean x.)
— Eh bien! n'est-il pas clair que Jésus-Cihrista voulu (lire par là qu'il ne reconnaissait comme vrais qu'une «(îule doctrine, celle qu'il prêcha lui-même et que pr6(îhrTent les apôtres ; que toute modification à ses lois, pratiquée par des hommes dans le but do p^'îut'îtrer dans la bergerie, c'est-à-dire an ciel, piu» imcî autre porto que celle ouverte par le fils de Dieu, devdt être condamnée.
— C'est lûcn cela, et je conclus que c'est le comUe de la folio de croire qu'il cuisse y avoir plus d'un seul et vrai ordre, entendez bien, ordre de l'Évai^iile. G*est là pourtant ce que prétend si «audacieusement ce Bertrand qui, (lèsl'ûgc de deux ans...
— Mais le livre de Mormon ne modifie-t-il pai sonsibleiJHMit rËvan<;ile? Il me semble à moi, sanf meilleur avis, que c'est moins encore par la fenêtie que» j)ar la ch(?miiiéo que vous voulez escalader la l)CJ*gerie.
— Porinollcz! la loi de Moïse avait été donnée par révélation divine ; cela a-t-il empêché le t'ils de Dieu de venir sur la terre promulguer en quelque sorte les décrets de son i)ère, loreciue les juifs, à l'égal des chrétiens de nos jours, s'éoîirtèrent du sentier divin tracé par le Tout-Puissant? Tant que les fils d'Israël observèrent toutes les ordonnances de la loi de Moîee, ils furent bénis; mais c|uan(l ils eurent apostasie, que les passions humaines l'emportèrent chez eux sur les aspirations divines, que l'amour du temporel prit la j»la(M3 lie l'amour du spirituel, qu'ils songèrent à devenir puissants et riches, égoïstes, vaniteoXr
L'tTAR. 33
Tiels ; qu'ils se divisèrent, quime suite de doctp:."^ i théologie firent enteniliv, p.i:* iniérét nH!>i«)anei plus souvent, leurs leçons <lis«v:r';ai:'i»s. ■t»!:rs ^rations tronquées, leurs mterpp'-ta: n r.r? ■•? -iniiLip:ires, leurs éloquentes et trompeuses -iisTiuri^s. J^^siia nt, et dit aux Ph:irisiens iivrjorrltt^s -rt lu.*: '^•':-±eîî : c Malheur à vous qui lermez 1»* 7':yiTîme :•-- I'Mul aux hommes! car vous-mêmes r/v ►»n*r'?z 'i« ir.t, ni ne souflErezipie ceux ipii vp»iiieiit y .?r^-r» • t ^r.trent; vous êtes semilatles aux -î^^juI-'p^s . i.mchis qui paraissent beaux «i'i 'i'^riors. zlus r:: la dedans sont pleins dop?em»^r.:s «i»^ mo-*.- -t > •:. 'ttes sortes d'cjnlures. Serpents, rai.'e v '".'t-r-s! conmientéviterez-vcuâLe?îipr.Li''e:e'.i -■-::»-!:.-:t?! i Toyea Matthieu xxiir. Oe n>sr 7;lt ' i:* tuist a encore dit aux Pharisier.i : ' V.:»:^ .•» -- '-.^ enfants de votre r-^^re Le diaile. rt '■:':■= :* .''-- -«-s œuvres : car il a «-m -n-riV!::- i. .; 1- -ri:...- .«liment. » Et pourtar." les Sril»--. '.r-^. P'.'..: •-- --. • :: s Saducéens ï m--*- 'Tir:-: l'.ii.T.i:-:.": ':•• .■--ii.n être les discipl^^s =:■- M:.*-.: e: :- ^--r-ir D.- : — ' .' i loi: mais Jésus, «nii ne iv.trrir.t l-ri.- ::-•-. : :.r-i ?t ordre à ses a:»'*:?*?* : i Allez ';tr :.:î:: 1 - .i: :.:e :*. prêchez TÉvangile :>. ti.ute «^r^iitiir*^ • ■^'.-:. fi: : "i cru et qui aura ét^} l-a^risé ^er-- 5.i::v»^: rr..-..-? --l:. qui n'aura ras «:ru5'^ m '^cïi'lazirié. 1 Els:-:e .^:i:r? .. onmient, vous ne Cii-mr-rer-ez ^.is ?
— Pas encore parfaitenez.:.
— Qu'a été le Nouveau TestdinenV? Ur. ^y^trme 'inspiration, depiiuvoiisapostoliçits. 'i-: mir^i»
de giiérisons, de révélations, de prophéties, de visions, d'anges, etc. Or, jo vous demanderai si Tordre de choses dont je viens de parler s*est perpétué dans sa pureté et son efficacité jusqu'à ce jour? ri Tapostolat, les dons do vision, de révélation, de prophétie, de miracle, degrAce, etc., sont demeurés intacts? Répondez, je vous prie, et dites-moi soui cpiollo hannièi*e viendront se ranger les Juifs et lei nuti^s tribus d'Israël quand, suivant les ÉcritureSi leurs temps seront accomplis, quand sera venue répoque marquée pour la restauration des choses dont ta prophètes ont parlé depuis le commencement du numdê; ce dont le faux prophète Bertrand ne sait pas le premier mot, bien que dès TAgc de deux ans...
— Vous avez toujours dos questions embarrassantes auxquelles il m'est impossible de répondre. Mais, si j'ai bien compris, nous serions dans une époque d'anarchie spirituelle, et le liviv de Mormon est la parole de Dieu qui doit metti*e bon oi'di-e à tout ce qui se passe à cet te heure.
— Vous avez compris.
— Eh bien ! monsieur Tapôtro, pemiettez-moi àî ne pas en ciboire un mot.
— Ah! croyez-le, cher monsieur, le livre de Mor mon i^st divin, et c'est lûeii lui qui introduira le millenium, Tèi'o de la vérité, de la connaissance um verselli»; Vinv. do la concorde universelle.
— Mais , dis-je h mon saint visiteur, vous qa pnvîoz (lo ('()n(*()rde um\v.>Yse.Uo , commcncei dan
pur vous inetti*o iVaccorà av^ic \îc^\.\fe
L*UTAB. 55
Mon interlocuteur ayant eu Ijesoin cl etemuei-, iio pondit pas tout de suite à mon oljsenation.
Après que les picotements des muscles de la nale furent apaisés :
— Vous venez de me remettre, me dit-il, sur la ie. Je TOUS disais donc que Tapôtre Bertrand avait, s l'âge de deux ans. . .
— Du reste, monsieur l'apôtre, je comprends In-sm qu'il ne faille rien préjuger contn; l'ère de véé et de concorde générale que doit apjiorter chez \ hommes le livre de Mormon, parce qu'il sera rvenu quelques légères controverses au sujet de iterprétation de ce livre ; mais rpii me prouve 'il est véritablement divin?
— Tout, et notamment ceci: Joseph Smith, 1«ï ypbèie inspiré, a été i)ersécuté et i-egardé comiiut
imposteur.
— Permettez-moi de trouver cette prcMJve insnffiite.
— Soit, mais c'est un fait frappant qiu» jiartoiît ofi eu a investi des hommes de Tautoril*; If'^gitiuie, \ hommes ont toujours éUî regardés conmie des rturbateurs en Israël, des fou», d(;s traîtres, des posteurs, et ont été chassés et pourchi»ssés. Conitez l'histoire.
— Ne trouvez-vous pas étonnant rpio Dieu qui ipire les prophètes, qui est venu lui-même sur la re, qui a nommé des apôtres pour enseigner aux mmes une religion qu'ils ne pouvaient savoir int qu'on la leur eût apprise, ait permis avxxXw^^vv-
56 LES GIYILISATIOIfS INCONNUES.
mes d'entraver la vulgarisation de son œuvre en persécutant tous ceux qui sont chargés de la répandre, et en tuant celui-là même qui en était Tauteur?
— Il faut croire que la persécution est en pareil cas une excellente chose, puisque Dieu, qui ala toutepuissance, a bien voulu qu'on le persécutât comme il a permis qu'on persécutât tous les hommes investis de son autorité légitime... Pour en revenir à Tapôtre Bertrand, je vous disais donc que, dès Tâge de den ans...
— Quoi qu'il en soit, monsieur l'apôtre, je doute encore de la divinité de votre livre de Monnon. Le temps me paraît à jamais passé où Dieu se plaisait à se communiquer aux hommes et à les initier à sa volonté, soit qu'il leur parlât de vive voix, comme il fit avec Adam, Abraham, Élie et quelques autres; soit qu'il leur envoyât des anges, connue cela arriva, autant que je m'en souvioime, pour Loth, MariBi Élisalicth, Pierre, Paul et Jean; soit enfin qu'il se manifostAt par des songes, ainsi qu'il advint à Joseph, à Jaœb, son père, à celui qui fut l'époux delà Vierge, à Daniel, à Pierre, à Jean le révélateur, etc.
— Et p^jurquoi donc, monsieur l'esprit fort,— pardon de la hberté grande, mais je n'y mets aucune méchanceté, — vous paraît-il que les temps soient finis 011 Dieu doive se révéler aux hommes par ki moyens que vous venez d'indiquer? Dieu ne senît^
il plus iout-puissant, ou auTaiV-il cessé de s'intéie^ ser au sort de l'humanilè'î S\ YaXîtiaikRfc ^Xfisc«S^%
lVtah. -TT
mfremte. p^^uî-on maintenir qiv- l'a^tirfT. hule seule «qifiira jkiu: di-truirr iri^ ^rrr-ur^ du sj*^ urêter le crime (lU n^'uirali?^*:- i* mDciw du ' Et s'il a faliu un pouvoir- c:v1l *.': Jf-f :*''véiii*
immédiates j»our établi:- J'Év;.::^:!. .'n Ti'^Tni^r ne sont-ilF pas nécessaire*? T'::;r :."rT>»*tU"r le e Évan L'Ile dans son int^'^ritr et î.jf»iîlor de elles insîrurrtions aux in5tr:vîi-iî> ancionn^**!? quoi donr, ?i Ion rrr/ii ani T«r^'i'h» t».'* ûricj»*ns, oirait-on j>as aux nouv^'aux? N**•^1-'■e pas •'îrrani foi que nous devr-n? avoir -^ans les r»'vr':]ti' ins mnes que d'établir sy«t.'matj*^ni*^m'*:.t ]"i:T;>''Sté de révél::ti''ns uît^'n^-iir**?^? I^irri-t-co mie , pour réformer s-'in Èi'lis*'. d'«ive .•■tt.*:j.l:v- m«. ommes soient plus f;firrom:.u? .yi'ils n** le >"t.î ? ^ je réponds que h.' '^'îni:^. v.mx /■î:!**' -Ir Ni»'. •a les hommes dans tous le^ s ■::> ••* '.:.::? >i::^*s X!ui»ations de la lie, mar.i!»'Lnl, bViViiiit. >i- jnu" , avant fomme au''''ur'i*hui cl*•^ îi!»--!:'^ i:> rcnes, fillal*'S, de jiarentn. et rrii-r ♦'■tcii'-nt ♦•:! .«.-•aussi bien qu'a prés*'*nt. G la. en ]*■ >:.iî. nfnîi pas le fléau d»- Diêu d^* s et '-n •]!•»' sur îfs nés d*alx)rii. Pourquc-i, répon.Jfz-njiii jn-j'in-*- , le Seigneur n'aurait-il j.îjS er.vr.M'- uu anp* îi jh Smith pour instruire les homnies à n-tr.vt'au, s sauver, si faii-e se jienl? Vc»yons-nfiii? coWo
pour laquelle Notre-S^-iguMir a ]iné. H ne iB-nouspas au contrain^le sertairiaiiismo: j-itorans tous les esprits l'inquiétudo nvt'C It"* doute? }yoiis^nous pas, lorsque nous passoi\> exv vv»\>Mi
le monde chrétien dans son ensemble, quand nous examinons les croyances et l'organisation de toutes les sectes qui le divisent, qu'aucune d'elles n'est édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes? qu'elles ont toutes substitué quelque chose qui exclut, soit virtuellement, soit par profession, les droits, les privilèges de l'apostat? Et encore autre chose : est-ce que quand Dieu a donné au monde des révélations il a jamais consulté la sagesse des hommes? Il serait vraiment curieux qu'on déniât à Dieu le droit d'envoyer de nouveaux prophètes? Si encore une fois vous croyez aux prophètes anciens, vous n'avez pas de raison jMJur ne pas croire à de nouveaux prophètes, quoique,— chose étrange, — les plus grands ennemis de Dieu et de ses serviteurs soient ceux qui, de tout temps» ont nié la venue des prophètes vivants pour croire exclusivement aux prophètes défunts.
A ce moment l'apôtre se tut pour reprendre lialeiiie. Il avait une certaine facilité d'élocution el ne manquait pas de mémoire. Il crut sans doute que ses paroles avaient porté la foi mormone dans mon (XRiir, car, me prenant la main avec cette douceur alFectéc qui convient admirablement aux hommes dont la profession est de convertir les gens :
— Je vois, me dit-il, que les vérités étemelles combattent en vous le doute horrible qui dévorait votre âme. L'ÉgUse mormone, mon frère, serait heureuse de vous compter au nombre de ses saints, et, en ce qui me couceme, je remercie le ciel d'avoir
guidé mes pis jusgnai vum ^^ Q** 3x1 £vmr ôonzé dans le langage «ette lors* àt eonicâiiL omiBr: or ocBur pour amrer ac cxfizr. Ti^'oik, sers^vdis û«» nôtres? A qnand le laafikmit^
— Mon Dieo! monsâsur TsmrtsfL ie st oée |Stt qne tos paroles n'aient pas psné£ré mrK ascr. iKir- Ueal mais je Toodnû aroâr. o^mme oECiL jg-vmijff de me reloumer. Je suis jèL, par lutszrc. ôan§ intf: religion à laquelle je sms atsorRztizmé^ «C l mu âge on n'abandonne pas farflerzwnl de( IbaoÉtuâfs ôt^ tonte la Tie poor en oantraci^PT de iiaiin%!]«*§- Et ini» mi mot m'efi&are : cehn de r&iè^xL
— Cher frère, — pmmptbsxr-ukrâ de Tvns a^wlter îr ce beau nom, — s'fl n'y axaii pas de i^iiriéadè- £ i. 7 aurait pas de prcisélj-tes. Or. cpoi fr plus prè-i^n pour toutes le? religion* qn*? de faire â*« yTD!>él7"we* ^
— C'est possible ; maif toijî ie àT**! ait ct^ !-«• dogmes divers séparaient le mormonisnie de 1 àpc>tre Bertrand du vôtre: je c/jnnais ]e iDorm:rj>T:.e «le ce dernier, mais je ne connais q^i imparfaitement le vôtre, et franchement je considère ciiam^ stni»ide de se convei-tir à une reii;-ion. si (lii'iLrquelle puisse être, si ou n"a pas été mis à m^-n:- Iptuivoir l'apprérier.
— Oui et non, et il v a dans le mormf»ni>:n»\ Hinmie un peu dans lH?aucoup d'autres religi'^-iis, une foule de croyants qui ne savent pas trop ce qu'ils crruent. Mais, puisque vous avez prononcé le nom de rai>ôtre Bertrand, je suis Jâen aise owùw ùv^ no\\^ (limque, dcslûge de diuix ans...
60 LES CIVILISATIONS INGONmJES.
— Monsieur l'apôtre, il me serait impossible, malgré tout le désir que j'ai de vous être agréable, de me convertir à la secte à laquelle vous appartenez, n faut pour que je croie que vous me disiez au moins à quoi il faut croire.
— Soit, mon cher frère ; je prépare une réfutation complète de l'Église dévoyée dont Bertrand s'est fût le missionnaire. Je dis Bertrand tout court, car à U fin la patience me manque en parlant de cet homme qui dès l'âge de deux ans...
— Et puis?
— Et puis vous lirez ma réfutation en même temps que l'exposé des vérités étemelles...
— Les vôtres ou celles de l'apôtre Bertrand?
— Les nôtres, bien entendu, et j'espère alors que vos scrupules cesseront, et que vous serez avec nous; ce qui réjouira le Tout-Puissant, n'en doutez pas.
— Je n'en doute pas. Mais si entre vos vérités étemelles et colles de l'apôtro Bertrand ma conscience reste indécise, et que, tout bien pesé, elles me paraissent aussi respectaMes, aussi vraies et aussi étemelles les imes que les autres, bien que contradictoires, que ferai-je alors ?
— Alors je vous demanderai la préférence; et ce sera justice, car enfin il est bon que vous soyei éclairé sur ce concurrent qui, dès l'âge de deui ans...
— Soit, mais à la condition que, pour suppléer à rJnsuffisancQ de vos aTgvmieT\\is, vous me ferei dn
moins un fout petit imrac\e.
— J'eanieraL
— An lefoir donc, uumssear Uapôtie.
Le saint homme sortit ; mais ce qui me laissa de U àé&SDce aa siget des iréiilss éteEnelIe» dont oe respectable eommis voyageur cherchait le placement, c^etst que je ne remaïquai ancnne auréole aatoor de son chapeau, et qn aucun &a de Bengale nllhiBiiiasa sortie.
combien j'avais raison de me défier des vérités éterneUes de œ second apôtre mormon !
Paris, '.'her lecteur, possède un troisième apôtre monaon, ilont Les croyamres diffèrent sur pixLsitfiir^ points importants de celles des deux autres, et «pii pourtant, lui aussi, assure posséder les vérités éternelles.
— Mais il en pleut donc des ap«jtres mormons ! aliez-vous dire.
li t-n irrALe, et œ troisi-me saint des derniers jours — «['iii du restr-, vuUi L' allez VL-ir, lld: l'ar-ô^re kiIL simple amateur, — est eutn' chez m-ji «:omrr.e 'j-i oi:ra::an de Mie BourLuii. r^-^ir nie dém'-atrer «r:-: Li I- !'•:•:.. •:• '::/:>■' l'.-'a -■.::■ \i ili dnrs Mormons -'ux*: Ujn-. simple nie ut un tlaspuême, e" «^le rien z. >-.-'. plus 'îiviu «[ue la fHDl y garnie coaïorm^'jmeL.i: -x «.e que ùii i a[.-jtre Bt.»rtrai!d, et contrai:viuiv;'Ar^ j. <A qu^ùirme son rind, l'autre apôtre mjruijii.
— Monsieur, me dit en pénétrant dans mon cabinet ma domestique, quelqu'un désire vous parler.
— Son nom?
— n m*a dit qu'il était Mormon, et qu'il venait à cause de la poly... poly... polygaminerie.
— Polygamie, vous voulez dire?
— Je crois qu'oui, monsieur.
— Dites-lui que mes occupations ne me pennettent pas de quitter mon bureau pour un simple Mormon, et que je ne me dérange que pour les apôtres. Exprimez-lui comme vous pourrez tous mes regrets.
La servante part et revient.
— Monsieur, il est apôtre.
A peine avait-elle prononcé ces mots que la porte s'ouvrit brusquement.
— Je ne viens pas vous déranger, mon cher con^ frère; je sais combien le temps est précieux. Je dis confrère parce que, avant d'avoir abjuré le christianisme pour embrasser le mormonisme, j'ai publié quelques fragments sur Socrate, et une nouvelle intitulée les Deiix boutons de roses. L'un de mes boutons était une jeune fOle ; l'autre, im bouton de rose véritable.
— L'idée était ingénieuse autant que délicate. Bl vous avez abandonné la littérature et la botamque pour vous faire apôtre ?
— Mon Dieu 1 monsieur, je suis apôtre sans l'être; c'est-à-dire que, mes moyens me permettant de vivie indépendant, je fais du prosélytisme à mes heures perdues etcomme je.l'entendSy sans que personne
'en ait prié : umqaeDUfflit pour rendre liamma^ jc vérités étemelles et gagner des âmes an gmsL
— J'y suis; tous êtes apôtre amateEnr. Et gœ is-je faire, monsiear, pour tous être agrèaliley
— Rendre hommage à la Tenté, monsenr.
— De quelle vérité vonlez-Tons parler ? E y en a it de différentes et même de cantradictaires çroe je lindrais de mal placer mes hommages.
— Je veux parkr de la polygamie, dÎTine iiistitun s'il en fût, et qui a été révélée an prophète Jo- >h Smith, le 12 juillet 18i3, par TîDlenxkédiaire m ange.
— Ouijesais, un ange, un dandy dans son genre, i était vêtu dliahils blanios sans couture.
— On a dit en effet que les haldts de cet auge u^ rtaient aucune trace de couture ; mjiig ce détail u a s été suffisamment éclâird, et le doute est pemû?. î surjilus, cela importe peu.
— Permettez ; je ne suis pas tout à lait de votre is ; il me semble au contraire que, au point de rue
la fabrication céleste, ce détail ne manque pas ntérùt; cela tendrait à prouver qu'il n y aurait pas
moindre couturière au del, j'en avais déjà le *siif^ soiify;on.
— ()''.\-t [KjssiLîe, mais encore une fois c'est là nu •..îii, *'X le JMUX capital est celui-ci : à savoir que la lyîramie est d'essence di\ine, que la monogamie isort seule des lois humaines, et que prétendre le itraire c'est offenser Dieu en blasphémaxvV.
" Vous auriez raison en effet si, le \î j\û\ie\. V^'^i
64 LES CIVILISATIONS mCONNUES.
Joseph Smith était encore Télu du Tout-Puissant sur la terre, mais j'ai entendu certifier par des personnes bien renseignées, qu'à cette époque Dieu s'était ennuyé de parler par sa bouche.
— Et vous le croyez, monsieur?
— Faut-il vous dire la vérité, toute la vérité?
— Dites, dites, je boudai, si cela est nécessaire, le calice jusqu'à la lie.
— Buvez-le donc, car il est évident pour moi, ohl mais là, de la dernière évidence, que Dieu ne parlait pas par la bouche de Joseph Smith lorsque celui-ci ordonna la polygamie. J'ajouterai que, dam ma conviction, le prétendu ange envoyé des sphères célcîstos comme ambassadeur auprès de Joseph Smith était vctu d'habits cousus.
— Quand donc, murmura l'apôtre amateur en levant les yeux au ciel, la philosophie, d'où naît le scepticisme, sera-t-ellc enfm vaincue par la foi?
— J'espère que cola ne sera jamais, monsieur le prosiilytisto, et je l'espère dans Tintérôt de la doo trino niormonne elle-môme, que vous défendez avec tant de conviction. En effet, si personne ne raisonnait, et si tout le monde croyait ce que chacun lui dit do croire, comme il y a, d'après une statistique récente, six mille religions ou sectes différentes, votre devoir serait de croire à tous ces systèmes spiritualistes, ce qui serait fort gênant. J'admets comme un fait, triste, il est vrai, mais fatal, que la raison humaine est insuffisante à pénétrer les causes pre-
zaières; mais est-ce un. mo\iî ^ovk ^MvsçMsst ^Uâ
raison tout mOGmplète -TZrrlJr: i!r±L -»-: iEID-i H'MS
oondamner à Tidiotiaiie zaitjc q:^ ziira. z^ hul* ,•*comiaissoiis pas assez dlz::>Cdstfii%?
— Elh! que venez-voc* r» zazî^tt î»ft sz tti'V religions ou sectes quL ^-n 5eôir5 ô»^ li Tn^X: -•*•!gion, du mormonisme. y^rûgsr; i-r-^: ^*^ ii::^» ;uitôt pour égarer respriî i» bi — es r^r
ger! Quand je pazie a*? la 1.L y: za ytrjr: ruft 'Jt Ji, vraie foi, de la miemie. €5 ricc îr -.^Zjst î-n "asi d'imbéciles qui méiiteraf«rL., )1^. jajô:ii. ^ -ji- Idiais que, n'étant pas Mrjf^sriCL. t-jt^ ZrzT^a zjhys^xùrrement appartenir à une ■:** si ziZ> ^-nr*?* -•*ôgions.
— n n'y a pas de maL ir/yisrrz^ Ir: zLji£fx:i.^^y^. et je vous prie de ne potn* tvis ^Zsrz.
— Merci, monsieur, m^r-i. -Si '-r z.^s^:zx 'jl* :-,-rrant moi-même, je urz. ^tiz.^ rir i-.iî li wÀr..:. ^ chez les autres. A-issi Lî^z^ J isrrrî: Irr li 'jfzrii..'^.:.:. •lue vous m'accordez d-? p^rl^r lir.r^n-^r.: ?ir -,r .;.. forme la base même de no'r^ s>'i-^".«^ r^-rnér*^ ^ar Dieu, c'est-à-dire sur la pjIy^-iEci-r.
Ici mon visiteur foiiilla f^rbrllrc:^:.: lins la ;-> hr lie son f>aletijt et en tiri •r-rl'P'r'* :Vj::11^ -rr : ':;:^-"'-
— Monsieur, me «lit-il en liiio-'ir.t ?^;r ni'.i .:. :*:gard triomphateur. >i vo':^ ne jr'jyez :.*ii h. . :'.phète nouveau uniquement \az^'J: 'lU'il es: r.o .'.'^^^: pt qu'il a vu le jour en Am-^ri-pe. vjU.- orov-z ; : moins aux prophèU?s anciens nés en Orient.
— Quelle question! Ah! certes, oui, j'y crr-is!
— Très-bien. Vewiiiez donc écouler les rjOLe\<\v\vïS
citations que j'ai copiées pour vous de rAnden etdt Nouveau Testament. Je serai bien aise ensuite dtfj voir comment vous vous y prendrez pour soutenir- = que la polygamie n'est pas d'institution divine... Ahl: messieurs les monogames, vous croyez nous tenir par quelques textes mal compris ou machiavélique» ment interprétés? A ces textes sacrés nous en opposons d'autres non moins sacrés, et quiontTavantag» de ne présenter aucune obscurité. D'abord, monsieur, pai^tons de ce fait, que si quelques polygames, fils ou petit-fils de polygames, n'ont pas été exclus du saniv tuaire de Dieu, c'est que la polygamie est un véritable mariage ayant la sanction de l'Éternel, fil effet, il est écrit {Deut. xxiii, 2) : « Le bâtard n'entrera ])oint dans l'assemblée de l'Étemel, même jusqu'àU dixième génération. »
— Ne trouvez-vous pas que c'est un peu sévère?
— D'accord, mais cela ne me regarde pas. Ce que j'ai à dire, c'est que les saints patriarches, colonne» de notre foi, tels qu'Abraham et autres personnage», ne furent point monogames, mais bel et bien polygames, ne vous en déplaise. Or, si leur postérité sainte a été et reste éminemment agréable à Dieu, c'est évi^ demment qu'elle n'était point bâtarde, mais parbite» ment légitime au contraire.
— Vous condamniez la raison il n'y a qu'un luttant, et voilà que vous raisonnez à cette heure.
Le missionnaire fit semblant de ne pas entends» et continua.
— Cela établi, je passe à. la lectvire de quelque»
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textes. Après le polygame Abraham, qui dans la Bible est représenté oonmie Vami de Dieu, et qui est appelé dans le Nouveau Testament le père des fidèles,. je passe à son petit-fils Jacob. Croyez-vous, monsieur, qpie JTaoob ne fut point hautement estimé du Seigneur?
— Je n'ai jamais dit le contraire.
— Eh bien 1 monsieur, Jacob a eu quatre femmes qui lui ont donné douze fils et une fille.
— Permettez-moi de le plaindre rétrospectivement de tout mon cœur.
— Pourquoi cela? les écrivains sacrés ont parlé hautement de ses femmes comme honorables et vertueuses; elles ont, disent les Écritures, édifié la maison d'Israël. Faut-il suivre cette postérité? Je vois que les douze fils que Jacob eut de ses quatre femmes devinrent des princes, des chefs de tribus, des patriarches dont les noms sont transmis de siècle en siècle.
— Vous avez raison, mais c est le cas de répéter le dicton : Autres temps, autres mœurs. D*ailleurs Abraham ne croyait peut-être pas mal faire en épousant plusieurs femmes à la fois.
— Gomment 1 ne savez- vous donc pas que Dieu conversait fréquemment avec Abraham ainsi qu'avec Isaac et Jacob, et que ses anges les ont visités, leur ont maintes fois adressé la parole et les ont bénis, eux, leurs femmes et leurs enfants.
— Âh\ c'est vrai, je n'y pensais plus.
— Maintenant que je vous ai mis sur la voie, VOUS devez vous rappeler aussi que le Seigneur a réprouvé les péchés de quelques-uns des fils de Jacob, parce qu'ils ont haï et vendu leurs frères, parce qu'ils ont commis le crime d'adultère. Mais a-t-il jamais condamné leur organisation de famille, et n'a-t-il pas au contraire promis à Abraham qu'il le ferait le père de plusieurs nations, et qu'en lui et sa postérité seraient bénies toutes les familles et nations de la terre ? Dieu eût-il tenu ce langage s'il eût blâmé le mariage patriarcal?... Voyons, monsieur le monogame, répondez sans ambages.
— Je n'aime pas, monsieur, qu'on m'impose te conditions, et puisque vous ne voulez pas que je réponde sans ambages, je ne répondrai pas du tout Je vous eusse volontiers répondu avec ambages, puisque ambages il y a.
— En ce cas, je continue. Si je passe à Moïse, je vois que la pluralité a été perpétuée, sanctionnée et réglementée par sa loi. David, le Psalmiste, avait plusieurs femmes ; ce n'était pas encore assez, et le Seigneur lui-même parlant par la bouche du prophète Nathan, un vrai prophète, celui-là, j'espère...
— Sans contredit.
— Lui donna encore les femmes de Saûl. Cela est vrai ou n'est pas vrai ; si c'est faux, prouvez-le md; si c'est vrai, n'avais-je pas raison de proclamer U polygamie d'institution divine ?
— Monsieur, je ne suis point théologien ; mait j'ai rassurance que si vous aviei affaire à un théolo-
gien, Une serait pas enûamteé pour vonm lépcMidie» arec oa sans ambages.
~ Vos réponses sont érasiTes» monsieiir le aaoaoguae, mais je ne me déoonorale pas, et je pour- ■ù. Voici œ qœ Dieu hn-même dit k Dacvid :
• Jéfai donné les femmes de ton seigneur, et si €M encore peu, je t'eusse ajouté telle ou telle dMM» (SI Sam. zii, 8.) Id non-«eulenient Dieu imnet lapol^;amie, maisc^est hn-mème qui maihavec plusieurs fimnnes numune qu*il aimait tendranent. Qu*aTes-Tous àdire?
— Je répète que si j'étais théologien je TOUS écrasendsde la belle manière. Malbeureiisement je ne le mis pas, et n'ai pas d'aiUenrs le moindre amfaage à num service.
— (Test donunage. Mais passons de l'Ancien au Nouveau Testament.
— A dire vrai, je n'en serai pas fâché, car après tout, il est très-possible que Dieu ait abrogé par de nouveaux décrets ses décrets anciens.
— Cest une supposition erronée, monsieur.
— Permettez, je vous ai dit que je n'étais pas liéologien, mais je sais lire et voici ce que j'ai u : c Les elders et les diacres seront élus parmi eux qui sont imis à ime seule femme, n
— D'accord; mais ceci n'implique pas qu'il y ait u mal à épouser plusieurs femmes, car, dans ce cas, i prohibition aurait été imposée à tous également. bulez-vous un fait historique à l'appui de mou ob-
— S'il n*est pas trop long à raconter je le Tein bien.
— En 1539, le landgrave PhiKppe de Hesse voulut, sa femme étant vivante, en épouser um seconde.
— Voilà ce que je ne puis pas comprendre, car M me semble que, quand ça n'est pas trop une femme c'est toujours bien assez. Mais veuilles continuer*
— A cet effet, le landgrave demanda une coaasultation aux éminents auteurs de la réforme, Martin Luther, Philippe Mélanditon, Martin Bueer, Antoine Gorvin et quelques autres. Tous donnèrent un avis favorable au second mariage, à conditim toutefois de le tenir secret.
— Pourquoi, si cet acte n'était pas UâmaUi^ le tenir secret.
— Je n'en sais rien. Ce que je sais c'est qu«, dans leur consultation, rapportée par Bossuet (Histm des varicuions), on lit ce qui suit : c C'est wm que nous l'approuvons et dans les seules circoiifttances que nous venons de marquer, car TËvangile n'a ni révoqué ni défendu ce qui avait été permis dans la loi de Moïse à l'égard du mariage|; Jénif' Christ n'en a point changé la poUce extérieure, mab il a ajouté seulement la justice et la vie étemelb pour récompense. »
— Monsieur, je me jette à vos pieds pour voai supplier de m'épargner toute autre citation. Adreip| sez'vous au journal le Monde; vous trouverez là
sa van ts d 'infiniment d' esçril cçai \oiv^<£tQûîw ^^«c
tes sacrés comme les jonglenrs japonais jonglent îc leurs boules dorées. Vos citations ne m'ont niillent ébranlé, et je réprouve la polygamie comme B monstruosité. Si je losaL*, je voii:» donnerais me un conseil : Vous avez de la tbrtime, m'aveiuditr
— Ob! une très-modeste fortune: de Taisance, là tout.
— Raison de plus. N'ayez qu'une seule femme, elle fira, croyez-le bien, pour faire honneur à vos Ltes.
If on apôtre amateur me salua froidement et sortit, lançant sur moi un de ses regards de fanatique issé dans ses convictions, qui me prouva une fois plus que si llionmie est de tous les animaux le is féroœ, il doit cette supériorité à son penchant jr la superstition. Ce sentiment désordonné a fait, plane paix, forger ou briller près de huit cent Ifions de créatures humaines, depuis les incarnans de '^^hnou jusqu'à la Saint-Barthélémy. E^DÔsse Dieu, ce que je n'ose plus espérer depuis la erre que se font à Paris les apôtups mormons, prêter les saints des derniers jours de tout niasse sacré.
D n'est pas agréable d*étre égorgé, même reUnflement.