PRÉFACE
Par dTilisations prinitiTef , j'estends \m eivUisitioiiB qui ae sont développées spo&Uoéoient, enddkonde toute ififlueoee éinngke, n* ayant d'analogies entre elles» qne eelles nées d* origine et de cireonstanees semblables»
Oes jiordes savftges^ des tribus nomadeSy rameaux déuebésd'un tronc commnn, sans résidence fixe, sans règles so« dales, vivant des fruits de la terre et de la chasse, après avoir longtemps erré* trouvèrent^ enftn, des lieux favorablement situés oà elles s'établirent en groupes de familles*
A la suite de relations d'échanges et de mariages, ces groupes se réunirent et formèrent de petits états. Alors, se consolidèrent les usages dès longtemps admis ; les mœurs se dessinèrent et prirent cette teinte locale qui caractérise un état primitif. Des lois même furent ébauchées.
Plusieurs siècles ont passé sur ces premiers développe^ ments sans laisser de traces vraiment historiques; les conjcc* tares plus ou moins ingénieuses dont ils ont été Tobjet s'ap-
II PUÉFACB.
puyaot uniquement sur. des traditions légendaires ou sur des systèmes préconçus ne sauraient faire autorité; c'est par leurs monuments écrits, sculptés ou peinu qu'on reconnaît les sociétés définitivement assises.
Le nombre des matériaux de ce genre qui se rapportent aux anciens peuples de TOrient augmente chaque jour ; ils nous révèlent de plus en plus ce que chacun dut k luinoBéme» ce qu'il emprunta aux autres, et nous permettent enfin de recomposer leurs annales perdues ou altérées.
11 y a trois éléments d'investigations pour la science histo* rique : les livres, les inscriptions et les monuments; ils ne constatent pas seulement des faits et des dates, mais ils fournissent de prédeox renseignements sur les mœurs et les idées. Or, depuis un demi siède, TeAnographie appliquée aux anciens temps a fait de grands progrès, et c'est au moyen des découvertes et des travaux récents, que i*ai entrepris de reconstituer rhlatoire des civilisations primitives de TOrient, et de montrer, surtout au fcini de vue moral, ce qui les sépare et ce qui les rapproche*
La nAilleura partie de ces résultaU revient à la philologie. En faisant connaître d'anciennes langues, des idiomes et des littératures restés jusqu'ici dans l'ombre, celte sdencea dis* sifS quelquesmns des nuages qui environnaient les commencéments de certains peuples.
Il est démontré aujourd'hui que l'antique Orient se partageait en trois grandes familles de langues :
l^ LMdiôme chinois, qui n'a jamais franchi les limites de la Chine et du Thibet ; 2* les langues indo-persanes (le sanscrit
FRÉFACC. III
et k zend), d*oii sont nées preMiaa toutes les langues de TSurope; 3^ les langues séniliqtes qui se propegèreni dtns l'Asie oceideDiale.
Or, nos kngues représentent tutenl de peuples sinon aniodrtoiies, du oioias isoléiieni eonstitués, en sorte qn'ib dif* ftrani essenliellemenl les uns des ancres.
Ainsi, les Chinois dont il y a tnris nècles nEurope connaissait k peine rexistenee, nous apparaissent aejoiir*Atti« grtee aux tni?auL des missionnaires et de nos savante sioolognes» comme une des nations le plus aneienuement et le plus complètement dviliséei.
Les Indiens sont également tent noureaux pour nous : les Anglais n'ont pas conquis seulement les produits de leur terri* teire et de leur industrie, ils ont découvert et propagé en Europe leur Utièrature ancienne, rivale devancière des litlératures grecque et latine.
A défaut de livres, les Perses, les Babyloniens, les Syriens et les Égyptiens rat laissé des monuments, des inscriptions, des peintures, que le temps plus que les hommes a respectés, et dont la terre recouvre encore de précieux débris. Les dernières découvertes effectuées sur les emplacemente de Ninive, de Babylone et de Persépolis ont provoqué des études et des interprétations qui ont mis en lumière des faite jusqu'ici de*» meures inconnus ou obscurs.
Le travail d'exploration à la fois archéologique et philologique que M. E. Renan vient d'entreprendre en Syrie ajoutera sans doute beaucoup de documente aux données incomplètes que les Grecs et la Bible nous ont transmises sur ses andens habitente.
Le peuple qui a le plus gagné aax investigations de rérudition iMdeme, c'est le peuple égyptien. L'examen de ses nombreux monumenlSi le déchiffrement de ses inseriptiotts et da ses papyrus. Tant fait sortir, eu quelque sorte tout vif aut de ses ruines et ont confirmé les rédts d*Hérodote et la dtfOMH logîe de Manéthon. C'est ainsi que la connaissance des moan* ments et des langues conduit à celle des faits historiques.
Les hardis explorateurs des anciens temps s'élancent comme les marins et les astronomes, à la découverte de mondes inconnus ou éloignés. Au retour de leurs lointaines et aventureuses excursions, s*iLs apportent des notions nouvelles qui dissipent nos illusions les plus chères, ce n'est point podr y substituer le doute désenchanteur, mais pour opposer des faits authentiques à des bits contestables, et la foi éclairée à la foi aveugle.
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