‹ Les classes rurales en Bretagne du 16e siècle à la RévolutionChapitre 3 sur 219 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

administratifs, très abondants surtout pour le XVIIP siècle : ce sont essentiellement les actes du pouvoir central (ordonnances, édits, déclarations, lettres patentes, etc.), les mémoires et les enquêtes des intendants, leur correspondance avec les ministres, les rapports des subdélég'ués, les rôles d'impositions (vingtièmes et capitation surtout). Une source précieuse aussi, ce sont les cahiers de paroisses de la Bretagne, encore inédits pour la plupart, qui ont le mérite d'exprimer les véritables doléances des paysans, de dénoncer, d'une façon très précise, les abus du régime seigneui'iald). J^es papiers du Comité féodal de la Constituante complètent très heureusement à ce point de vue les cahiers de paroisses : les dossiers des départements bretons sont particulièrement abondants en pétitions et en requêtes, tout à fait instructives.

Il convient encore de ne pas négliger l'étude des Coutumes de Bretagne, des Usements, des commentaires des juristes bretons : les œuvres de Noël du Fail, Hévin, Poullain-Duparc, Girard et d'autres encore contiennent un grand nombre d'arrêts judiciaires et nous renseignent parfois avec précision sur les pratiques de l'administration seigneuriale.

Sur presque toutes les questions de mon sujet, il m'a fallu travailler de première main, et presque tous les documents que j'ai dû mettre en œuvre sont inédits. Cependant, un grand nombre d'articles parus dans les diverses revues bretonnes m'ont fourni d'utiles indications; et il est quelques ouvrages que j'ai consultés avec le plus grand profit : les ti'avaux de M. A. Dupuy, et notamment ses Etudes sur V administration municipale en Bretagne au XVIII^ siècle; la très solide étude de M. Emile Dupont sur La Condition des paysans dans la sénéchaussée de Rennes à la veille de la Révolution ; l'excellente monographie de M. André Giffard sur Les Justices seigneuriales en Bretagne aux XVW et XVIW siècles ; les deux mémoires si consciencieux et instructifs de M. Letaconnoux sur La Corvée en Bretagne au XVlIt siècle et sur Les subsistances et le commerce des grains en Bretagne au XVHI^ siècle, ce dernier encore inédit.

(1) Cf. mon étude, Les cahiers de paroisses de la Bietagne en 17^9 (La Révolution française, juin §t juillet 1904):

VIII PEEFACE.

Comme la condition des paysans, dans ses traits essentiels, ne s'est pas très sensiblement modifiée du XVP siècle à la Révolution, il m'a semblé préférable de suivre l'ordre logique des matières, sans distinguer dans mon exposition des périodes qu'il eût été malaisé de déterminer. Il apparaîtra clairement cependant que le XMIP siècle est caractérisé par un certain nombre de phénomènes, qui aggravent singulièrement la condition des paysans : c'est d'abord le progrès très marqué de la fiscalité royale; puis, dans la période qui précède immédiatement la Révolution, c'est la hausse énorme des fermages et des prix, qui pèse durement sur les fermiers et accroît fortement la misère des journaliers; c'est encore, au même moment, une recrudescence de l'exploitation seigneuriale. Et, d'autre part, la seconde moitié du XVIIP siècle est marquée aussi par une intervention plus active de l'administration royale, qui considère maintenant la protection de l'agriculteur comme une fonction de l'Etat.

Il est de mon devoir d'adresser tous mes remerciements à quelques-uns de mes étudiants de l'Université de Rennes, MM. Letaconnoux, Dubreuil et Gaillard, qui se sont livrés à des recherches dont j'ai tiré grand profit. Je dois beaucoup aussi aux avis et aux conseils du savant professeur russe, M. Loutchisky, dont les beaux travaux sur la propriété en France ont obtenu un grand et légitime succès. Parmi les archivistes qui m'ont aidé de leur expérience, je dois citer en première ligne mon ami si profondément regretté, Paul Parfouru, qui a été pour moi un collaborateur de tous les instants, d'une complaisance infatigable. Je suis heureux aussi de manifester toute ma reconnaissance à son digne successeur, M. André Lesort, et aux archivistes des départements bretons, MM. Léon Maître, Grand, Bourde de la Rogerie, Estienne et Tempier, qui ont guidé mes recherches avec une obligeance si empressée. Aux Archives nationales, MM. Caron, Schmidt et Georges Bourgin m'ont fourni de bien précieuses indications. Je n'oublierai pas non plus l'accueil si bienveillant que j'ai toujours trouvé auprès du dévoué bibliothécaire de la ville de Rennes, M. Le Hir,

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