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LES REDEVANCES PERSONNELLES

redevances, qui sont dénommées la taille et la quise; nous voyons, par exemple, que les tenanciers de chacune des frairies de la paroisse de Bain les acquittent solidairement (i). Mais s'agit-il véritablement de redevances personnelles? La quise, tout au moins, d'après un aveu de 1580, n'est due qu'en raison de la jouissance des « communs (2), » et il se pourrait bien que la iaïlle eût le môme caractère (3). On est donc fondé à dire que la taille n'est plus, à l'époque moderne, que tout à fait exceptionnelle. Quant à Va'ide léodale ou aide aux quatre cas, elle semble exister encore au XVIIP siècle dans la baronnie de Pont, en Basse-Bretagne (*), mais je n'en ai pas trouvé d'autre mention.

r Cependant, il est une redevance, qu'on rencontre assez fréquemment, et qui a bien le caractère d'une redevance personnelle : c'est le devoir de chéant et levant. Dans certains domaines, il est dû par tous les tenanciers, et il se lève par tète, car, si un héritage est partagé entre quatre ou cinq personnes, chacune d'elles le paie au même taux. Souvent, chacun de ces devoirs équivaut à un provendier de quelques boisseaux d'avoine, « poule et corvée au prorata ». C'est ainsi qu'au XVIIP siècle, le sieur de la Saudrays possède sur tous les tenanciers de l'un de ses fiefs « le devoir chéant et levant de deux boisseaux d'avoine grosse, une poule et une

(1) En 1580, la frairie de la Couardière, en la paroisse de Bain, d'une contenance de 350 journaux, donne 10 livres 8 s. mon. de taille et 50 s. mon. de quise; la frairie de Sainl-Marzeiin, d'une superficie de 510 journaux, doit 18 s. de taille et 15 s. de quise [Aveu de Vabbé Scoty, fol. 103 et sqq., fonds de Redon, Arch. d'Ille-et-Vilaine, H 6 bis). La taille et la quise se perçoivent encore au XVIIP siècle, comme le montre un rôle rentier de la fin du XVIII' siècle {ibid., H 2).

(2) Cf. l'aveu de l'abbé Scoty, fol. 206 : « ... Item lesditz hommes et subjectz de ladite paroisse de Brain doivent chascun an audit sieur abbé sur leurs héritages non enfeodez, isles et communs, la somme de 18 1. 2 s. 6 den. monnaie rente, appelée quise consortement par une main et ung seul poyement au terme de my caresme et est icelle somme égaillée entreux ainsi que le fouage de ladite paroisse. »

(3) D'après une consultation d'avocats, de 1778, la taille et la quise, dans la paroisse de Bain, sont perçues en raison de droits d'usage sur les communs {fonds de Redon, ibid., H 87).

(4) Aveu de la baronnie de Pont, de 1732 (Arch. du Finistère, E 7201

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