LES TERRES INCULTES
Proportion des terres cultivées et des terres incuites. — L'enquête de 1737. — Le mémoire de l'intendant de la Tour, de 1733; intéressant essai de statistique. — A quelles causes les contemporains attribuent-ils la lenteur des défrichements? Les remèdes proposés.
On commence déjà à se faire une idée précise de la situation économique et so<îiale des paysans bretons. On sait qu'ils ne détiennent qu'une portion insuffisante du sol, ou qu'ils ne louent la terre qu'à des conditions généralement onéreuses, que le régime seigneurial, bien qu'atténué, pèse toujours sur eux, et que les progrès de la fiscalité royale ne cessent d'accroître leurs charges. Cependant, semble-t-il, ils pourraient encore supporter l'exploitation à laquelle ils sont soumis, si leur force de production était suffisamment active et énergique, s'il leur était possible de mettre en valeur, comme il conviendrait, les ressources naturelles du sol sur lequel ils vivent. Sur l'agriculture bretonne, les documents ne nous fournissent de données un peu précises que pour le XVIII* siècle; à cette époque seulement, on peut se rendre compte véritablement de l'étendue des terres cultivées, de la nature des pro-