‹ Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle a La RévolutionChapitre 135 sur 169 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le nombre des pauvres. II s'aocroft aux époques de crise. — Les guerres de la Ligue et leurs conséquences. — Les crises du XVIII« siècle. La misère dans les canipagnes. La disette. Mesures du gouvernement pour assurer les subsistances. — Les épidémies au XVIII« siècle. — La mendicité et le vagabondage. Charité et assistance. — Le mouvement de la population.

Si les paysans de condition moyenne sont dépourvus de tout bien-être, quelle doit être la détresse de ceux qu'à tout instant guette la misère, qui, ne vivant que du travail de leurs bras, ne possèdent que les ressources les plus précaires I

Sans doute, le nombre des pauvres varie suivant les régions, les localités, suivant les époques aussi. Mais presque partout, on compte beaucoup de personnes qui, voisines de l'indigence, sont réduites, en temps de crise, à la plus profonde misère. Les documents nous fournissent à cet égard quelques données significatives. Un Etat de la subdélégation de Pontchâteau, de 1774, estime que sur les seize paroisses de la subdélégation, il en est cinq très pauvres, où le quart des habitants est réduit à la misère, sept où les pauvres sont encore assez nombreux, quatre seulement où il y en a très peu <*). A Ghelun, qui compte 800 communiants, les commissaires de la capitation déclarent en 1785 W : « L'énumération des pauvres est actuellement de 200, sans compter ceux qui vont se trouver dans la nécessité de mendier cet hiver. » — Les rôles de la capitation indiquent souvent le nombre des pauvres, qui ne

(1) Arch. d*Ille-et-Vilaine, C 1293. — Sur tout. ce qui suit, cf. un mémoire encore inédit de M. H. Gaillard sur La misère et Vassistance en Bretagne au XVIII* siècle.

(2) Arch. d'IUe-et-Vilaine, C 3912. Chelun est situé dans le voisinage de la forêt dé La Guerche.

paient pas Tinipôt. Les rôles de 1745 et de 1750 ^D, par exemple, nous montrent que, dans bien des paroisses, on compte 100, 200 pauvres ; citons quelques chiffres :

A Saint-Turied 40 pauvres.

A Baulon 60 —

A Bréal 200 —

A Tonguedec 306 —

A Plougrescant 250 —

A Plouguiel 300 —

A Penvenan 250 —

A Pleubien 850 —

A Pleumeur-Gautier 800 —

A Pleudaniel 750 —

A Ploezel 500 —

Et ces pauvres constituent souvent une portion notable de la population, comme le montre le tableau suivant W :

ParolwM

PsoTreB

Oontribnmbles i 1» oapliaUon

Pommerit-Jaudy

Minihy

Coatrenen

Hengoat

Langoat

lanmodez

Lanvezeac

Manstalot

Berhet

Camlez

A Gourin, déclare le subdélégué en 1720, on compte 300 mendiants, et, dans la plupart des paroisses de la subdélégation, au moins 200 pauvres ^3).

(1) Rôles de Tévêché de Sainl-Malo, en 1750 (iWd., C 4073), et rôles de l'évêché de Tréjîuier {ibid., C 4100).

(2i Ibid., C 4109.

(3) /5id.. C 128î>. — Le subdélégué de Châtelaudren écrit : «« Il y a à une lieue & la ronde 5 à 600 pauvres et les maisons de villages entiers sont

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