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ORGANISATION DE LA PEOPKIETÉ EN BASSE-BRETAGNE

tout lorsqu'on veut les mettre en valeur, soient transformées en convenants <i>.

Voici, par exemple, la seigneurie de Launay. Elle comprend: 1** le manoir, dont les bâtiments sont ruinés, et qui est tenu à domaine congéable ; 2® les métairies, des bois taillis, un moulin; 3** des convenants, qui sont au nombre de quarantecinq; 4** des flefs nobles et des tenures roturières qui doivent des chefs-rentes (2). Le prieuré de Saint-Sauveur de Guingamp contient : la maison prieurale avec deux petits jardins, un moulin banal, plusieurs pièces de terre données à ferme, des convenants, enfin des tenures qui acquittent des chefsrentes (3).

Il convient de remarquer que, dans les seigneuries de Basse- Bretagne, sur lesquelles, presque sans exception, s'est maintenu le régime du domaine congéable, les tenures féodales sont moins nombreuses, les mouvances, moins étendues que dans les seigneuries de la Haute-Bretagne (*).

C'est du domaine proche, — on se l'explique aisément, —

(1) Voy. VAveu des terres du Garo, Loyon et Penhouei, par René de Quermeno, en 1641 {fonds de Largouet, Arch. du Morbihan) : « ... Une pièce de terre en labeur, autrefois en bois toillifs, tenue à domaine congéable par Guillaume Riguidel, pour en payer chacun an de rente à chacun terme de Saint-Gilles 50 s. mon. et une perrée fourmant. — Une autre pièce de terre en lande, de 9 journaux, aujourd'hui en domaine congéable, baillé audit Biguidel, qui paie de rente chaque année la somme de 20 s. mon... ». De la seigneurie de Loyon dépendent deux pièces de terre, de 5 et 3 journaux, « autrefois en bois taiUifs, aujourd'hui partie en labeur et partie en frotage, tenues à litre de convenant par la veuve Martin Marchant, qui paie une demi-perrée de seigle mesure de Vannes et un chapon »; 4 journaux, autrefois en bois, aujourd'hui en partie cultivés, tenus à domaine congéable par les héritiers de Jean Jegat, qui donnent une rente d*une d€mi-perrée de seigle, etc.

(2) Déclaration de 1540 et aveu de 1652 (Arch. de la Loire-Inférieure, B 1633).

(3) Fonds de Saint-Melaine (Arch. d'IUe-et-Vilaine, H 24). Cf. la Déclaration de Jean du Hallay, seigneur de Kergouanton (Arch. de la Loire- Inférieure, B 1660, fol. 279 et sqq.), de François de Coetlogon, seigneur de Pontblanc {ibid., B 1660, fol. 141 et sqq.); la Déclaration de la seigneurie de Tréduday, près de Vannes {fonds de Pire, Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 207).

(4) Henri Sée, L'administration de deux seigneuries de Basse-Bretagne, loc. cit., pp. 289-90. Cf. VInventaire de la seigneurie de Châteaugiron, de 1765, ûefs de l'évôché de Quimper (Arch. d'Ille-€t-Vilaine, E 22).

que le propriétaire noble tire le plus clair de son revenu; les mouvances, sauf dans des cas exceptionnels t*), lui rapportent beaucoup moins. Consultons le Sommier de la seigneurie de Pouesnel. de 1785^2); il nous fournit les chiffres suivants :

Revenu du domaine proche 12.1981. 10s.

— des fiefs 1.5171. 12s.2den.

Revenus casuels (rachats, lods et ventes). 1.1331. 12s. Uden.

Les revenus de la seigneurie de Gosné, en 1765^ sont estimés comme il suit <3) :

Domaine proche, affermé 1.225 livres

Piefs 867 livres

Dans la seigneurie de la Villetehart (^), les recettes se répartissent ainsi :

Domaines, dîmes, rentes foncières 8.180 livres

Fiefs 918 livres

Droit de rachat 25 livres

Les fermages des métairies, des moulins, la coupe des bois, et, en Basse-Bretagne, les rentes convenancières sont beaucoup plus lucratifs que les redevances seigneuriales, souvent immuables depuis plusieurs siècles <5).

(1) Tels les suivants : dans la seigneurie du Gage, au XVIII' siècle, le domaine proche ne rapporte que 2.372 1., tandis que le revenu total est évalué à 7.941 1. {Grand de la seigneurie^ E SI); le domaine proche de la seigneurie de Saint-Giiies ne produit que 2.609 1., tandis que les ûefs donnent 3.795 1. (Arch. d'Ille-€t-Vilaine, E 81).

(2< Arch. d'IlIe-etrVUaine, E 62. Cf. Saulnier, La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel en Bretagne, d'après dés documents inédits {Mém. de la Soc. archéologique dlUe-et-Vilaine, t. XV, pp. 261 et sqq.).

(3) Inventaire de la seigneurie de Châteaugiron (Arcfi. dllle'et'Vilaine,EÎ2).

(4) Arch. d'Iile-et-Vilaine, E 81. — Cf. le Grand de la terre et seigneurie de Boishermé, au XVII" siècle Honds du Plessis-Botherel, Arch. d'Ille-el-Vilaine, E 268) : la métairie produit 620 livres, la dîme 100 livres, le moulin 40 livres; les bailliages rapportent à peine 120 livres. Cf. J. Trévédy, Les derniers seigneurs de Guémadeuc, dans le Bull, de la Société d'émulation des CôtesdU'Nord, an. 1888, t. XXVI, pp. 165-209.

(5) On évalue parfois la renie du domaine proche à 5 %, celle des mouvances à 2,8 %; cf. le Partage de la succession Beschard de Saint-Gilles, en 1709 Honds de la Chaponnière, Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 104) : la métairie de la Chaponnière et ses dépendances sont pnsées 30 1. de rente et par fond 600 l.; le clos de la Roche, 20 1. de rente et par fond 400 1.; la maison noble du Coudray, 30 1. de rente et par fond 600 livres; les deux flefs de Penabal et de Pouenée sont prisés « à 70 1. de rente et par fond ô 2.450 1. au denier 35 »; les fiefs de la Moignerais et de Pontheron, « 20 1. de rente et par fond, au denier 35, 700 1. ».

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