RENTES SOLIDAIRES
neurs ou ordre, en Tendroit de la procession du jour de Noël en l'église de Pleuguenec, à peine de l'amende de 60 sous monnaie en cas de deffaut^*). »
Grâce au devoir de sergentise, les tenanciers d'un même fief sont, à tour de rôle, solidaires du paiement des rentes. Mais il existe des flefs, dont tous les cotenanciers sonl solidaires en même temps, d'une façon constante. Tel est le cas des masures, que Ton trouve assez souvent dans la Haute-Bretagne et surtout dans le pays nantais. Les rentes sont fixées par masure, et chaque tenancier est solidairement responsable de l'ensemble de ces rentes. Ainsi, sur la masure des Lumières, qui dépend de la baronnie d'Ancenis, on perçoit, au 8 septembre, de rente seigneuriale « solidairement par une seule main payable au receveur général » 9 livres 11 sols 9 deniers monnaie et 59 grands boisseaux d'avoine menue, à la mesure d'Ancenis W. Sur les domaines de Saint-Mars-la-Jaille, on trouve à la fois des rentes portant sur chaque tenure en particulier et des rentes globales sur l'ensemble de la masure <3). Signalons encore l'existence d'autres fiefs solidaires, très analogues aux masures : ce sont les fie{s (rarescaux. Nous savons qu'il s'en trouvait dans la baronnie de Sens et dins la seigneurie du Gage, dont les « devoirs» étaient « revengeables entre les hommes et te-
(1) Déclaration de la seigneune du Gage, au XVHI* siècle, fol. 23 (Arch, d'Ille-€l-Vilaine, E 63). — Voy. aussi V « enroUement des rentes amendables du chftieau du Vautenet, le troisième dimanche après Noël de chaque année, à peine de l'amende de 60 sols monnaie, conformément aux aveux rendus par les vassaux de ladile seigneurie, montant en sommaire par avoine à 8 boisseaux... » Les demoiselles Bequin doivent 2 mesures d'avoine; Antoine Robert, un quart et demi-quart de mesure; Pierre Briand, 1 mesure 1/2 et 1/32; René Bourdais, 1 mesure 1/4 et 1/32; René Decouescou, un demi-quart de mesure; d'autres doivent 1/16 et même 1/64 de mesure fjonds de la seigneurie de Vautenet, Arch. d'Hle-et- Vilaine). Cf. un rôle rentier de la baronnie d'Ancenis, vers 1580 (Arch. de la Loire-Inférieure, E 259)
(2/ Déclaration de la baronnie d'Ancenis, de 1680, fol. 58 et sqq. (Jonds d'Ancenis. Arch. d'IUc-et-Vilaine).
(3) Réiormation générale des rôles rentiers de la diâiellenie de Saint- Mars de la Jaille, 1745 (Arch. de la Loire-Inférieure, E 260). Toutefois, les habitants prétendent que ces rentes solidaires sont dues, non en raison des diverses lenures, mais des landes encloses dans la masure.
92 LES SENTES SEIGNEUBIALES.
neurs, » c'est-à-dire établissaient entre tous les cotenanciers une étroite solidarité (i).
On comprend à quel point la solidarité des rentes peut être ruineuse pour les tenanciers W. Plus loin on verra aussi à combien d'abus donne lieu la perception des redevances seigneuriales. Ce sont ces abus qui en rendent la charge insupportable aux paysans. Car, en elles-mêmes, ces rentes ne paraissent pas très lourdes. Considérons, en effet, que, depuis le XVP siècle, elles ne se sont pas sensiblement élevées; souvent môme, dans Tespacede plusieurs siècles, elles sont restées à peu près identiques. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les comptes seigneuriaux, les rôles rentiers. Rien de plus significatif, à cet égard, qu'un rentier de la baronnie de Lohéac, qui décrit les rentes seigneuriales, telles qu'elles ont été déterminées, pour différents fiefs, par les aveux de 1622, de 1641 et un projet d'aveu de 1785 (3). Qu'on en juge par le tableau suivant :
(D Egail de 1690 Honds de la baronnie de Sens, Arch. d*Ilie-et-Vilaine, E 389). Déjà, en 1490, il est question de « fiefs frareschéaux, unys à ung mesme devoir et revengeables entre lesdits hommes et teneurs » fibid.}. Cf. le Rôle et égail du bailliage de la Raimbaudière, dépendant de la seigneurie de la Tour et Lesnen Pomerfl; ce bailliage est « solidaire et revengeable » {tonds du Gage, Arcb. d'Hle-et-Vilaine, E 68).
(2) En 1787, disent les paroissiens de Plouezec, la moitié des habitants a été ruinée par la « solidité pour le paiement des chefrentes » : « Tactionné n'ayant aucune connoissance de ceux vers lesquels il peut avoir un recours est obligé de payer ce qui se trouve de restant sur la tenue et par 1& se trouve fort souvent ruiné totalement » (Délibération de Plouezec, du 3 mars 1789, Cartons des affaires de Bretagne, liasse H, Arch. Mun. de Rennes). — Cf. Déclarations des vingtièmes, paroisse du Loroux {Arch. d*nie-et-Vilaine, C 4538) : Jean Llger se plaint d'avoir h payer des rentes seigneuriales très lourdes; il est des années où « il faut qu'il mette du sien, tant le fief est chargé et qu'il est solidaire. »
(3) Rentier de la baronnie de Lohéac, de 1785 {fonds Pire, Arch. d'Hle-et- Vilaine, E 198).
PEBICAlTEirCE DES EBITTES.
1 AYoine.
Aven de 16SS.
Aven de 1641.
Projet d*âvoa del78«.
Poules.
Corvées.
Fief de la Chaloasaye
Gants.
1 paire.
(nniiM ëe BurHci-CMptei).
Deniers.
Deniers amendables.
Rentes sur cens.
3i.,19i.,2te.