LE COUP DU MILIEU
Air de la pipe cle tabac.
Nos bons aïeux aimaient à boire , Que pouvons-nous faire de mieux ?
Cil AN SOINS.
Versez , versez, je me fais gloire De ressembler à mes aïeux. (Bis.) Entre le chablis, que j’honore ,
Et l’aï, dont je fais mon dieu , Savez-vous ce que j’aime encore?
C’est le petit coup du milieu. (Bis. )
Je bois quand je me mets à table,
Et le vin m’ouvre l’appétit ;
Bientôt ce nectar délectable Au dessert m’ouvrira l’esprit :
Si tu veux combler mon ivresse ,
Viens, Amour, viens, espiègle dieu, Pour trinquer avec ma maîtresse M’apprêter le coup du milieu.
Ce joli coup , chers camarades,
A pris naissance dans les deux.
Les dieux buvaient force rasades , Buvaient enfin comme des dieux ;
Les déesses, femmes discrètes,
Ne prenaient point goût à ce jeu :
Vénus , pour les mettre en goguettes , Proposa le coup du milieu.
Aussitôt cet aimable usage Par l’Amour nous fut apporté :
Chez nous son premier avantage Fut d’apprivoiser la beauté ;
Le sexe , à Bacchus moins rebelle ,
Lui rend hommage en temps et lieu ,
Et l’on ne voit pas une belle Refuser le coup du milieu.
Buvons à la paix , à la gloire ,
Ce plaisir nous est bien permis ; Doublons les rasades pour boire A la santé de nos amis ;
De Momus disciples fidèles,
Buvons à Panard , à Chaulieu ;
Mais pour la santé de nos belles Réservons le coup du milieu.
Armand Coiffé.
CHANSONS