‹ Les classiques de la table, à l'usage des praticiens et des gens du monde ... [etc.]Chapitre 136 sur 180 · LE COUP DU MILIEU · texte numérisé non relu

LE COUP DU MILIEU

Air de la pipe cle tabac.

Nos bons aïeux aimaient à boire , Que pouvons-nous faire de mieux ?

Cil AN SOINS.

Versez , versez, je me fais gloire De ressembler à mes aïeux. (Bis.) Entre le chablis, que j’honore ,

Et l’aï, dont je fais mon dieu , Savez-vous ce que j’aime encore?

C’est le petit coup du milieu. (Bis. )

Je bois quand je me mets à table,

Et le vin m’ouvre l’appétit ;

Bientôt ce nectar délectable Au dessert m’ouvrira l’esprit :

Si tu veux combler mon ivresse ,

Viens, Amour, viens, espiègle dieu, Pour trinquer avec ma maîtresse M’apprêter le coup du milieu.

Ce joli coup , chers camarades,

A pris naissance dans les deux.

Les dieux buvaient force rasades , Buvaient enfin comme des dieux ;

Les déesses, femmes discrètes,

Ne prenaient point goût à ce jeu :

Vénus , pour les mettre en goguettes , Proposa le coup du milieu.

Aussitôt cet aimable usage Par l’Amour nous fut apporté :

Chez nous son premier avantage Fut d’apprivoiser la beauté ;

Le sexe , à Bacchus moins rebelle ,

Lui rend hommage en temps et lieu ,

Et l’on ne voit pas une belle Refuser le coup du milieu.

Buvons à la paix , à la gloire ,

Ce plaisir nous est bien permis ; Doublons les rasades pour boire A la santé de nos amis ;

De Momus disciples fidèles,

Buvons à Panard , à Chaulieu ;

Mais pour la santé de nos belles Réservons le coup du milieu.

Armand Coiffé.

CHANSONS

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