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Il n’est plus, et la mort à propos vint le prendre;
Car ses lecteurs surpris commençaient à l’entendre.
Mais si, comme ton cœur, ton esprit simple et pur N’ose encore aspirer à l’honneur d’être obscur;
Dégoûté des rébus que tout Paris admire ,
Si pour être compris tu crois qu’il faille écrire ,
Il est des lieux commus, et cependant fort beaux,
Qui depuis deux mille ans semblent toujours nouveaux : Le Trésor des Boudoirs et Y Almanach des Grâces, Vingt autres almanachs qui marchent sur leurs traces,
A ta muse novice offrent des vers heureux Dont tu peux enrichir tes couplets amoureux.
Dans ces recueils où l’art embellit toute chose ,
Chaque objet s’applaudit de sa métamorphose.
Le plus hideux visage et le plus rebutant,
S’y transforme soudain en un astre éclatant.
Un poète, oubliant qu’elle est borgne et boiteuse ,
Sous le nom de Philis chante sa ravaudeuse ;
Ses yeux vifs et perçants lancent des traits vainqueurs Qui commandent l’amour et captivent les cœurs. Séduisante sans art et belle sans parure ,
Elle a de Vénus même emprunté la ceinture.
Aux chaleurs de l’été , sous un soleil brûlant ,
Va-t-elle pour cinq sous, dans un bain dégoûtant,
Laver un corps crasseux et des appas immondes ,
C’est encore Vénus sortant du sein des ondes.
Mais, quoi ! de mes leçons je te vois révolté !
Diviniser des sots outrage ta fierté.
Je n’ajoute qu’un mot ; mais ce mot en vaut mille : Flatter est le seul art d’aller dîner en ville.
Hé! n’avons-nous pas vu des poètes penseurs ,
De ma triste patrie ardents réformateurs ,
De ces grands qu’ils trouvaient si vains, si méprisables, Philosophes gourmands, environner les tables?
Aux abus du pouvoir ils voulaient mettre un frein;
La dignité de l’homme était leur seul refrain.
Cependant , à l’affût des meilleures cuisines ,
Ils savaient adoucir leurs farouches doctrines,
Et , pour de bons dîners vendant leur Apollon ,
Ils dénigraient les rois mais ils chantaient Beaujon. Marche donc sur leurs pas... Dans ce métier facile,
Le plus sol est souvent un homme fort habile :