nombre des sens. — On doit en compter au moins six
La vue 9 qui embrasse l’espace et nous instruit, par le moyen de la lumière, de l’existence et des couleurs des corps qui nous environnent ;
Vouïe , qui reçoit , par l’intermédiaire de l’air, l’ébranlement c usé par les corps bruyants ou sonores ;
V odorat , au moyen duquel nous flairons les odeurs des corps qui en sont doués ;
Le goût , par lequel nous apprécions tout ce qui est sapide ou esculent ;
Le toucher , dont l’objet est la consistance et la surface des corps ;
Enfin le génésique , ou amour physique , qui entraîne les sexes l’un vers l’autre, et dont le but est la reproduction de l’espèce.
Il est étonnant que, presque jusqu’à Buffon, un sens si important ait été méconnu , et soit resté confondu ou plutôt annexé au toucher.
Cependant la sensation dont il est le siège n’a rien de commun avec celle du tact ; il réside dans un appareil aussi complet que la bouche ou les yeux ; et ce qu’il y a de singulier, c’est que, chaque sexe ayant tout ce qu’il faut pour éprouver cette sensation , il est néanmoins nécessaire que les deux se réunissent pour atteindre au but que la nature s’est proposé. Et si le goût , qui a pour but la conservation de l’individu , est incontestablement un sens, à plus forte raison doit-on accorder ce titre aux organes destinés à la conservation de l’espèce.
Donnons donc au génésique la place sensuelle qu’on ne peut lui refuser, et reposons-nous sur nos neveux du soin de lui assigner son rang.
2. mise en action des sens. — S’il est permis de se porter, par l’imagination , jusqu’aux premiers moments de l’existence du genre humain , il est aussi permis de croire que les premières sensations ont été purement directes , c’est-à-dire qu’on a vu sans précision , ouï