‹ Les classiques de la tableChapitre 31 sur 282 · DE L’APPETIT · texte numérisé non relu

DE L’APPETIT

19. Définition DE l’ appétit. — Le mouvement et la vie occasionnent dans le corps vivant une déperdition continuelle de substance; et le corps humain , cette machine si compliquée , serait bientôt hors de service si la Providence n’y avait placé un ressort qui l’avertit du moment où ses forces ne sont plus en équilibre avec ses besoins.

Ce moniteur est l’appétit. On entend par ce mot la première impression du besoin de manger.

L’appétit s’annonce par un peu de langueur dans l’estomac et une légère sensation de fatigue.

Enfin l’appareil nutritif s’émeut tout entier : l’estomac devient sensible, les sucs gastriques s’exaltent; les gaz intérieurs se déplacent avec bruit ; la bouche se remplit de sucs , et toutes les puissances di- ] gestives sont sous les armes , comme les soldats qui n’attendent plus que le commandement pour agir. Encore quelques moments, on aura des mouvements spasmodiques, on bâillera, on souffrira , on aura faim.

On peut observer toutes les nuances de ces divers états dans tout salon où le dîner se fait attendre.

Elles sont tellement dans la nature que la politesse la plus exquise ne peut en déguiser les symptômes ; d’où j’ai dégagé cet apophthegme : De toutes les qualités du cuisinier , la plus indispensable est V exactitude.

20. anecdote. — J’appuie cette grave maxime par les détails d’une observation faite dans une réunion dont je faisais partie ,

Quorum pars magna fui ,

et où le plaisir d’observer me sauva des angoisses de la misère.

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