‹ Les classiques païens et chrétiensChapitre 5 sur 11 · QUELQUES MOTS D HISTOIRE XI · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS D HISTOIRE XI

... Et si aujourd'hui la France se débat dans les angoisses, si pour se défendre contre la violence de ceux qui voudraient la déchristianiser, elle ne trouve plus rien autour d'elle; si, depuis quarante ans, les jeunes générations chrétiennes qui se sont succédé chez nous, sont toujours plus molles au combat, plus faibles, plus indécises, plus réfractaires (!) en un mot, à qui la faute? N'est-ce point à ceux qui, au lieu de les nourrir de la moelle du lion (!) que leur fourniraient les Pères de l'Eglise, ne leur servent pendant huit ans que le pain stérile (!) et les vains breuvages de la sagesse antique; qui, au lieu de les élever selon les règles de l'éducation tracées par le Chef de l'Eglise lui-même, préfèrent les façonner aux règles surannées (!) de leurs traditions propres à tout ce qu'on peut appeler l'ancien régime (!) de leur illustre Compagnie (1) ?

Evidemment l'auteur de ces lignes a dû être nourri de la « moelle du lion » ; mais tous les moyens ne justifient point la fin, cette fin fûtelle excellente. Et n'est-ce point outrepasser les bornes, que de traiter de la sorte un Ordre religieux, et ses méthodes d'éducation, tant de fois approuvées, louées, recommandées par FEglise — et cela, juste au moment où le Chef de l'Eglise félicite la Compagnie de Jésus, d'avoir, malgré

(1) VAmi de l'Ordre, 27 octobre 1892.

XII QUELQUES MOTS d'hISTOIRE

tant de bouleversements, tant d'innovations, gardé ses « glorieuses traditions » in hoc etiam disciplinaruni génère? (1).

M. le comte d'Haussonville, assez peu flatté (cela se conçoit) de voir son nom mêlé à cette besogne, a déclaré « absurde et inconvenante » la pièce qu'on lui attribue et protesté contre une semblable manœuvre. Et nous, alors, n'avonsnous pas le droit de nous étonner que M. Tabbé Garnier ait, en cette occasion, prêté main-forte à son collaborateur ; qu'il ait fait imprimer la prétendue Lettre, restée sans effet cliez nos voisins de Belgique, puis qu'il l'ait distribuée ou vendue en son propre domicile ? (2) N'avons-nous pas sujet de nous plaindre qu'on ait expédié ce pamphlet aux maisons catholiques d'éducation ? Ces procédés sont-ils vraiment de bonne guerre ? C'est à d'autres que nous qu'il appartient de prononcer.

Mais espérons que personne n'aura plus recours à des tactiques de ce genre. Espérons que

(1) Voir plus loin, page 172.

(2) Avec une brochure intitulée : Place aux auteurs chrétiens. — C'est contre cette brochure que M. l'abbé Ragon, professeur à l'Ecole des Carmes et secrétaire de l'Alliance des maisons d'éducation chrétienne, écrivit son article judicieux et spirituel : Le Coche et la Mouche (i'r janvier 1893).

Page 1