QUELQUES MOTS D HISTOIRE IX
notre discussion, tout nom propre, ainsi que les allusions personnelles ; nous bornant à ce terme g'énéral : les réformateurs. Nos lecteurs, nous le savons, n'avaient pas eu trop de peine à traduire ; mais enfin nous ne voulions point nommer, ni prendre directement à partie, celui, ou ceux, que visait notre réponse — car notre « plaidoyer » n'est qu'une réponse.
Par son zèle vaillant, par son intrépide dévouement aux intérêts des classes laborieuses, M. l'abbé Garnier mérite des égards plus qu'ordinaires ; alors même que son zèle le pousse dans d'autres voies. Nous signerions des deux mains la phrase, où Mgr l'Évêque d'Angers, blâmant la reprise d'hostilités contre Virgile et Homère, définit ainsi le célèbre orateur populaire et son œuvre : a Un excellent homme qui charge sur les Anciens avec une conviction sincère, et prêche nos contemporains avec un zèle digne de respect )> (1). Aussi, avions-nous respecté son nom et ses qualités, en exposant et appréciant le contenu de ses brochures, dirigées contre l'enseignement classique.
Aujourd'hui, nous ne nous croyons pas tenus à cette réserve ; M. l'abbé Garnier ayant lui-
(1) Revue des Facultés catholiques de l'Ouest, octobre 1893.
X QUELQUES MOTS d'hISTOIRE
même déclaré que nos articles lui sont « consacrés ». Nous ne prétendons ni prolonger le débat, ni entamer une polémique nouv^elle ; il s'en va temps que les escarmouches inutiles ou inopportunes prennent fin. Nous désirons seulement, comme on nous Ys. demandé, conserver les pièces du procès ; ou, plus simplement, réunir ces pages, oii nous avons essayé de préciser la doctrine commune en ces matières, et dissiper un certain nombre d'équivoques, ou de nuages.
Nous voudrions aussi prévenir et décourager des retours offensifs qui nuisent à une entente cordiale et pacifique, qui surtout s'écartent par trop des habitudes d'une discussion littéraire et courtoise. Expliquons notre pensée, en mettant les choses au point; ceci encore est un mot d'histoire. L'an passé, au mois d'octobre, l'un des plus ardents collaborateurs de M. l'abbé Garnier, publia, dans un journal belge, contre la Compagnie de Jésus, son éducation, ses méthodes, ses élèves, une sorte de manifeste anonyme, qu'il abritait sous ce titre à réclame : Lettre du comte d'Haussonville. De cette pièce aux assertions aventureuses, nous détachons cet alinéa :