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CHAPITRE VI

Les quatre procédés de multiplication employés pour propager les végétaux : semis, marcottage, bouturage et greffage, sont à la rigueur tous applicables aux Clématites; mais les résultats sont très différents selon qu'on utilise les uns ou les autres. Les marcottes ne font jamais de bonnes plantes et les boutures réussissent rarement; aussi les praticiens n’emploient-ils que le-semis et surtout la greffe. Nous allons étudier chacun de ces procédés, en insistant naturellement sur les deux derniers et en particulier sur le greffage, à l’aide duquel on propage aujourd’hui toutes les espèces et variétés grandiflores, de beaucoup les plus importantes.

Semis. — Le semis s'emploie pour multiplier en quantité toutes les espèces à petites fleurs, telles que les Paniculées et en particulier la Viticella type, qui sert de sujet pour la greffe,

On ne l’applique guère aux autres variétés que pour obtenir des nouveautés ou alors des plantes en mélange, chez lesquelles la beauté et la grandeur des fleurs ne sont pas les principaux objets en vue.

Les graines doivent être mises en stratification ou semées directement si la quantité est grande, dès leur maturité. Conservées longtemps au sec el

semées au printemps, par exemple, la levée en devient très longue et irrégulière ; dans le premier cas, au contraire, elle a lieu de bonne heure en saison.

S'il s’agit de graines de choix et peu abondantes, on les met en stratification dans un pot, mélangées à du sable, puis on les sème en février-mars, dans une terrine bien drainée et remplie de terre légère ; ou bien on les sème dès leur maturité en terrine et on hiverne alors celle-ci sous un châssis froid. Si la quantité de graines est grande et qu'elles soient destinées à être semées en planches, on les sème de suite si le terrain est prêt, ou bien on les stratifie dans du sable, comme on le fait du reste pour beaucoup de graines d'arbres et d’arbustes.

Pendant le cours de l'été, lorsque les jeunes plantes ont atteint 5 à 6 centimètres de haut, on les repique en planches, à 5 ou 6 centimètres de distance, ou en godets si elles sont rares et précieuses.

Marcottage. — C’est un procédé simple, qu'on peut employer lorsqu'on ne désire obtenir que quelques plantes et qu'on est dépourvu du matériel nécessaire pour le greffage. Il convient donc bien plus à l’amateur qu'au spécialiste, qui à besoin d'opérer rapidement et économiquement pour obtenir un grand nombre de plantes. De plus, il présente l'inconvénient suivant, assez grave au point de vue de la durée de la plante. Les Clématites n'émettant des racines que sur les nœuds et les mérithalles étant généralement très espacés, il en résulte qu'on ne peut conserver qu'un seul nœud

de racines lorsqu'on relève les marcotles pour les mettre en pots et le nombre de racines est ainsi limité. Ce même inconvénient existe chez les boulures.

Les marcottes se font en juin-juillet, avec des pousses semi-ligneuses de l’année. On pratique la marcotte simple, c'est-à-dire qu'on se contente d’enterrer le rameau dans de la terre légère, sans aucune entaille ni autre opération. On le fixe avec un petit crochet de bois dans le fond du trou, on le couvre et on foule modérément la terre, puis on l'entretient daus un état d'humidité modérée, mais constante. Les marcottes s'enracinent généralement pendant le cours de la saison et peuvent alors être relevées au printemps suivant. Il est presque toujours possible d'amener les branches jusqu'à terre; dans le cas contraire, ‘on aurait recours à l'usage des pots, de préférence ceux dits à marcotles, qui sont fendus sur le côté pour laisser passer le rameau nourricier.

Bouturage. — Si ce procédé donnait des résultats tant soit peu acceptables, nous nous empresserions d'en indiquer les détails les plus importants, mais la reprise des boutures est si mauvaise que ce moyen de multiplication n'est pas recommandable chez nous. Il n'y a donc pas lieu de nous étendre sur son compte et il suflira de l'indiquer en quelques mots, pour permettre de l'essayer à ceux qu'il tenterait. En Angleterre, le bouturage donne de bien meilleurs résultats, sans doute à cause du climat plus humide et moins brülant que le nôtre pendant l'été.

Le bouturage se fait, comme pour les marcottes, en été, avec des pousses semi-ligneuses, que l’on

repique en godets ou à plein sol dans une serre à multiplication, sous cloches ou sous châssis bien étouffé. On traite ensuite les boutures qui se sont enracinées comme les greffes reprises, dont nous pärlerons plus loin.

Greffage. — Ce procédé de multiplication est le plus important au point de vue horticole, car c'est à son aide qu'on propage toutes les espèces et variétés grandiflores. Toutefois, il n’est guère praticable que par les spécialistes, car il exige un matériel et certaines connaissances que ne possèdent pas généralement les amateurs ; d'autre part, ceux-ci n'ont guère besoin que d’un nombre limité de plantes et souvent une fois pour toutes. Néanmoins, nous indiquerons les principaux détails de l'opération et les soins ultérieurs à donner aux jeunes plantes, afin de permettre aux amateurs outillés de mettre ce procédé en pratique et aussi parce quil est le plus important.

Le greffage des Clématites peut se pratiquer pendant toute l’année ; toutefois, on l'effectue de préférence à deux époques : en juillet-août, avec les jeunes pousses aoûtées et pendant tout l'hiver, avec ces mêmes rameaux lignifiés et coupés sur des plantes en plein air. Enfin, on emploie aussi la greffe herbacée pendant l'hiver, mais seulement pour les plantes nouvelles, qu'on fait alors pousser en serre, à contre-saison, afin d'obtenir dès le printemps de jeunes plantes livrables. à

La greffe en juillet se fait dans une serre non chauffée, tandis que celle faite en hiver nécessite une bonne serre à multiplication, avec chaleur de fond, modérée toutefois.

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La première époque ne présente pas beaucoup d'avantages sur la dernière, sauf qu'étant faite à froid, l'opération est mieux à la portée des amateurs et plus économique au point de vue industriel. Toutefois, les horticulteurs, étant beaucoup plus occupés en été qu'en hiver, préfèrent généralement cette dernière époque. Du reste, les plantes greffées en juillet ne sont pas beaucoup plus avancées au printemps suivant que celles qui ont été greffées en hiver; les soins à donner aux plantes après leur reprise sont les mêmes; nous les indiquons plus loin.

Il est toujours nécessaire d’étouffer les greffes

sous cloches ou sous des châssis à multiplication Jusqu'à leur reprise complète, et il faut aussi les

abriter soigneusement contre les rayons du soleil, surtout pendant l'été.

On emploie comme sujet des racines d'espèces vigoureuses et faciles à se procurer en quantité voulue. Plusieurs sont utilisables, notamment celles des ©. Jackmani type et Vitalba ; mais les praticiens se servent le plus généralement de celles de (!. Viticella, qui sont abondantes et les plus grosses de toutes ; la grosseur des racines ayant une assez grande importance pour la facilité du greffage et le succès de l'opération. Pour les greffes herbacées. de nouveautés, on emploie souvent des racines préparées, c'est-à-dire des Clématites Viticelles ayant été replantées l'année précédente, après avoir eu leurs racines rognées à 15 centimètres environ. Cette opération ayant facilité l'émission des radicelles, les plantes se développent plus vite. On place alors la greffe sur le collet des racines.

Le C, Vitalba ne s'emploie guère que pour les

espèces et variétés vigoureuses de C. Jackmam et Viticella, que l’on greffe alors au collet de plantes de semis, pendant le cours de la végétation.

Les racines ordinaires de Vaiticella sont choisies

Fig. 24. — Greffe en fente de Clématite, sur fragment de racine. Le greffon est en voie de développement; il émet presque tou- Jours une racine à la base de la greffe.

aussi grosses qu'on peut se les procurer, au moins de la grosseur d’une forte ficelle, c'est-à-dire en-

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