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LISTE DE MM. LES OFFICIERS DE LA BAZOCHE

MM. Vieille, chancelier; — Henry, vice-chancelier.

Anciens chanceliers : MM. Herbin, — Geoffroy, — Deviterne, — Collet-le-Jeune, — Royer , — Rolle de la Chasse, — Geoffroy Dubuy.

Maîtres des requêtes honoraires ayant voix délibérative et consultative: MM. Lakanal, — Rochereau, — Durand, — Salleron.

Maître des requêtes honoraire , ayant voix consultative seulement: M. Lefebvre.

Maîtres des requêtes ordinaires : MM. Cornu de Palmery, . — Bezard, — Chabod , — Hémart, — Jeannin.

Maîtres des requêtes extraordinaires: MM. Buache deFlubeval, — du Colombier, — Junot, — Fromen-

tin, — Laine. — Cyba, — Louis, — Desmarquest, — Garnier.

Parquet: MM. Duchesne de Beaumont, procureur général; — Pons, avocat général; — Brun, procureur de la communauté des clercs; — Huguin, substitut du procureur général; — Mérigot de Rochefort, greffier.

Avocats: MM. Lelièvre, bâtonnier; — Dreue des Marets, — Dupont, — Dubois des Ghannes, — Hureau,

— Billaut, — Piette.

Huissiers : MM. Couchot, premier huissier; — Chaltas, huissier audiencier ; — Le Neveu, huissier audiencier.

Aumônier , avocats, procureur, médecin et chirurgien delà Basoche: MM. Agier, aumônier; — Huteau ; avocat au parlement ; — Lepicard , avocat aux conseils ;

— Geoffroy Dubuy, procureur au parlement; — Matthey, médecin; — Collon, chirurgien; — Cornu de Palmery, trésorier; — veuve Ballard et fils, imprimeur.

Audiences les mercredis et samedis , à midi

Comme dernière lueur de vitalité on trouve encore que, le 2 3 février 1788, la Cour bazochiale rendit un arrêt portant règlement de la communauté pour l'instruction des sociétaires qui en faisaient partie ; mais les événements politiques ne permirent pas sa mise à exécution. Enfin, dans les premiers jours de la Révolution, les clercs du Palais se réunirent en corps de troupes. Leur

— 3 17 — uniforme était rouge, avec épaulettes et boutons d'argent. Ils assistèrent à la prise de la Bastille. On compta, diton, plus tard, leurs bataillons parmi ceux des volontaires de Jemmapes et de Valmy. Ils rendirent quelques services à l'ordre public, mais, comme tant d'autres, ils furent brisés par la tempête, et se soumirent sans murmurer aux décrets qui anéantirent les corporations.

Telles furent les diverses phases par lesquelles passèrent les sociétés des clercs du Palais : elles vécurent cinq cents ans, autant que les Parlements, à l'organisation desquels elles durent la vie ; leur origine et leur fin furent communes: seulement, la magistrature résista à la tourmente révolutionnaire et en sortit avec une autre organisation. Les Bazoches, trop faibles, devaient mourir comme toutes les corporations de métiers. Elles sont aujourd'hui tombées dans l'oubli le plus complet , et à peine un demi-siècle s'est-il écoulé depuis leur disparition, que nous semblons avoir perdu leurs traces.

Nous avons entrepris la tâche difficile de reconstituer ces sociétés singulières , et de les montrer telles qu'elles ont existé depuis les premières années du quatorzième siècle. Nous avons recueilli à grand'peine et avec un soin minutieux les documents épars qui nous ont aidé à nous guider dans cette route difficile de cinq siècles, pendant lesquels l'ignorance, les orages, les guerres, les désastres de toute nature, les triomphes de la civilisation se sont disputé tour à tour les institutions et le territoire de la France. De loin en loin les arrêts du Parlement ont été pour nous comme les phares qui nous guidaient dans les ténèbres.

Nous nous sommes efforcé de conserver aux clercs

du Palais leur physionomie particulière à travers les différentes époques de leur histoire.

Nous les avons montrés exerçant leur juridiction exceptionnelle et conservant leurs privilèges avec une ardeur en quelque sorte brutale et jalouse, susceptibles à l'excès quand on touchait à leurs prérogatives, querelleurs et séditieux avec les universitaires, bravant la force armée et apportant dans leurs rapports avec les clercs du Châtelet toutes les passions d'une rivalité ardente et continue. Poètes gracieux et féconds, licencieux et spirituels, nous avons cherché leurs noms dans la poussière des bibliothèques pour les arracher à l'oubli. Sur le théâtre nous les avons dépeints sous leurs couleurs véritables en analysant les moralités, qu'ils écrivaient pour l'instruction du peuple , et leurs comédies , qui sont presque toujours des satires violentes contre les grands pouvoirs de l'État et les grands vices de l'époque.

Nous avons trouvé le Parlement indulgent comme un père pour tout ce qui touchait à la juridiction exceptionnelle des dignitaires de la Bazoche, à leur organisation judiciaire et à leurs droits, jugeant solennellement les causes les plus légères qui lui étaient soumises , mais sévère avec raison quant il s'agissait de libelles et de spectacles.

Leurs cérémonies ont été pour nous un attrayant sujet d'étude: nous les avons considérées comme les traditions des temps les plus reculés du moyen âge ; nous avons cru, dès lors , qu'il était de notre devoir de leur conserver leur caractère à la fois sérieux et burlesque.

Enfin, nous avons étudié avec soin leurs tribunaux et leur organisation judiciaire, et nous avons constaté les

services qu'ils rendaient à la magistrature et aux officiers ministériels; et, après avoir signalé la juvénile gravité qui présidait à leurs audiences , gravité que la futilité des débats ne comportait pas toujours, nous avons rendu témoignage aux progrès qu'ils avaient faits dès le dixseptième siècle en multipliant les conférences sérieuses et en donnant à la délivrance de leurs certificats d'aptitude une réglementation salutaire.

Si, dans l'accomplissement de notre tâche, nous n'avons pas apporté le talent dont notre sujet était digne , nous avons au moins pour nous la consolation d'y avoir donné les soins les plus consciencieux.

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