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Une déclaration du lo juillet i685^ enregistrée au Parlement le 26 du même mois, fait défense à tous juges, avocats, notaires, procureurs et sergents, de se servir de clercs faisant profession de la religion prétendue réformée.
Le clerc de procureur ne recevait aucun salaire. La délibération de la communauté des avocats et procureurs du Parlement de Paris, du 3o avril 1689, confirmée par arrêt du 28 juillet suivant, contient sur ce sujet des détails précis. Par cette délibération, les avocats et les procureurs s'engageaient à ne recevoir dans leurs études aucun clerc salarié, et à renvoyer immédiatement ceux qui recevaient un traitement au moment où elle fut prise.
En 1 691, le Parlement prononça un arrêt en forme de règlement, relatif au délai dans lequel les clercs devaient se foire pourvoir aux o£Bices de procureurs lorsqu'ils les avaient acquis. Enfin, des arrêts des 23 octobre 1625, 6 février 1698 et 3 août 17 18, font défense aux clercs de procureurs du Parlement, à ceux du Châtelet et autres juridictions, et aux clercs d'huissiers, déporter, dans le Palais, des épées ou des cannes et bâtons, et, partout ailleurs, des épées, aux peines, savoir: de cent livres d'amende, pour la première fois, et d'être privés de l'entrée du Palais pendant six mois, et, en cas de récidive, de deux cents livres d'amende, et d'être déclarés incapables d'être procureurs, etc.
Les poètes et les écrivains de l'époque s'accordent à représenter le clerc de la Bazoche comme le type de l'écolier fréquentant l'Université. Brave, entreprenant et hardi , beau parleur, il avait l'esprit caustique et l'air
narquois; prompt à la répartie, il ne l'était pas moins à mettre l'épée à la main dans l'occasion ; instruit ^ il était assidu au Palais et laborieux dans l'étiide, mais, à ses moments de liberté, il se dédommageait de la contrainte que sa condition lui imposait, il devenait l'âme des révoltes des universitaires; extrêmement chatouilleux sur le point d'honneur, il était jaloux par vanité dans ses amours; frondeur dans ses épigrammes et dans ses chansons, il narguait le prévôt et ses sergents; enfin, critique audacieux, satirique mordant, comédien moraliste, quoiqu'il ne prêchât pas d'exemple, il attaquait avec une sorte de fiireur les vices de son époque et de ceux qui l'entouraient, et poussait même la satire jusqu'à la hauteur d'une injure ou d'un affront publics.
Le clerc du Palais était bien vêtu; il affichait même un luxe de toilette qui cadrait peu avec ses modestes ressources; il tranchait du brave et du mauvais garçon, portait l'épée ou le poignard à la ceinture, avait la barbe longue sous François I^, si longue même qu'on put dire:
Clercs du palais, Ba20chiens, Pour faire des couples aux chiens , Leur barbe sera bien propice (i).
Comme on le voit, l'histoire delà jeunesse est toujours la même en France à toutes les époques.
Saint Nicolas paraît avoir été le patron des clercs aussi bien que celui des écoliers. La Bazoche du Châtelet faisait célébrer, le jour de la fête de ce saint ^ une messe
(i) BlatOH de* barbes de maintenant, chate trh-Joyeuie et trH-récréa" tipe. Recueil d'anciennes poésies ffan(aises, t. II., p. aïo, édit. Jaonet.
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solennelle > donnait un dîner et des fêtes auxquels assistaient des magistrats du Châtelet; les frais du dîner étaient payés par le domaine.
Cette fête était célébrée avec grande pompe par les procureurs au Parlement. Dès 1341 ils s'étaient organisés en confrérie sous l'invocation de saint Nicolas et de sainte Catherine. Cette confrérie comprenait aussi les avocats. Le bâtonnier des avocats était élu^ tous les ans^ le 9 du mois de mai; les procureurs de la communauté étaient appelés à l'élection. Ce nom de bâtonnier lui est venu parce que^ en sa qualité de chef, il portait le bâton de la confrérie, sur lequel était sculptée l'image de saint Nicolas.
Depuis la réorganisation du Parlement, les religieux des quatre ordres mendiants avaient coutume de dire , dans la chapelle de St-Nicolas , fondée par le roi Robert^ une ou plusieurs messes avant les audiences de la Cour.
Jusqu'en 1541 cette chapelle ne consistait qu'en un autel portatif, qui se plaçait le plus souvent dans la grande salle du Palais, d'où on le retirait après l'ofHce. Le Parlement fit, vers i555, construire une véritable chapelle, qui fut dévorée par l'incendie de 16 18. C'est plus tard que les procureurs de communauté obtinrent, par arrêt du 14 janvier 1681, l'autorisation du Parlement de changer la chapelle qu'ils avaient ci-devant fait élever en la grande salle et d'en faire construire une nouvelle qui pût servir tant pour l'office de rentrée et les deux fêtes de Saint-Nicolas que pour y célébrer deux messes tous les jours de Palais (i).
(k) M. S^gutef t rétabli eet aneien usage, car on lisait , vers le mois d'août de cette annte, dans un journal de Paris, la note suivante: c M«
C'est dans cette chapelle que les pinocurôurs disaient dire , le lendemain de la Saint-Martin, la messe solennelle dite la Messe Rouge^ parce que les conseillers y assistaient en robe rouge. Après la messe, le Parl^nent s'assemblait dans la Grand'Chambre et recevait le serment des avocats et des procureurs. La communauté des procureurs faisait distribuer des bougies à ceux qui avaient prêté serment. Les messes de la Saint-Nicolas d'hiver et de la Saint-Nicolas d'été amenaient, chaque fois, la pratique de certains usages qu'il serait hors de propos d'énumérer ici , quoiqu'ils soient pour la plupart fort singuliers. Ainsi, à la Saint-Nicolas d'hiver, le bâtonnier de la confrérie distribuait des bougies au clergé, aux avocats et aux procureurs. Cette distribution de bougies existe encore dans certaines corporations d'avoués lorsque la compagnie entière se réunit. Cet usage tire, sans doute, son origine des coutumes dont il vient d'être parlé.
Personne n'ignore que, de nos jours ^ les écoliers fêtent saint Nicolas ou saint Charlemagne, qu'ils considèrent tous les deux comme leurs patrons. Comment le premier de ces deux saints a-t-il mérité des clercs et des écoliers toute la vénération qu'ils lui portent? C'est ce qu'explique une légende fort curieuse. Elle trouve ici naturellement sa place.
Voici ce que raconte cette légende, tirée d'un manus«
« Séguier, ancien président de la Cour royale, décédé le 5 août 1848, a « laissé dans Tacte de ses dernières volontés nn témoignage solennel de
• son amour pour la Sainte-Chapelle. Il a affecté une rente perpétuelle « de mille francs pour la fondation d'une messe, dite de justice, devant
• être célébrée chaque matin dans Toratoire de Saint-Louis, avant l'heure f des audiences, par un chanoine de l'église métropolitaine. «
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crît du XII^ siècle^ et qui appartenait à la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire.
Trois écoliers ou clercs {l^ manuscrit se sert des mots clericus [i], elerici) quittant leur pays, allaient au loin suivre les cours de l'Université.
La nuit les surprit en route, dans une contrée inconnue. Us fitappèrent à la porte d'une mais<Hi de chétive apparence pour demander l'hospitalité. Un vieillard de mauvaise humeur leur ouvrit, et leur refusa brusquement ce qu'ils demandaient. Ils s'adressèrent alors à sa feomie, qui était aussi âgée que lui, la suppliant avec instances de les recevoir, et ajoutant que Dieu la récompenserait et la rendrait mère d'un iils. Touchée de leurs prières plutôt que de ce dernier argument, la vieille les fit entrer.
Après leur souper les clercs allèrent se coucher. Ils étaient plongés dans un profond sommeil, lorsque l'hôte, entrant dans leur chambre avec sa femme, les égorgea et leur prit leur argent. A peine le crime était-il consommé, que saint Nicolas frappe à la porte et demande à entrer. Il fiit accueilli comme les trois clercs, et demanda â manger de la viande fraîche. L'hôte assura qu'il n'en avait pas. « Tu mens, répondit saint Nicolas; tu as de la viande fraîche que tu t'es procurée par un crime; l'amour de l'or t'a fût commettre un meurtre. »
Le vieillard et sa femme, voyant qu'ils étaient découverts, se jetèrent aux pieds du saint en demandant pardon. Saint Nicolas leur dit de prier et de se repentir.
(t) On désignait aussi quelquefois le clerc sous le nom \9X\ïià*amanuensis^ mais ce nom ne s'appliquait, le plus souvent, qu'aux écrivains copistes.
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fit apporter les corps des victimes et les ressuscita.
Cette légende de saint Nicolas, mise en vers léonins, sorte de drame liturgique, se représentait comme un mystère. Elle était notée en plain<hant, et se terminait par un Te Deum , ainsi que l'annonce une note qui se trouve sur le manuscrit :
Et post omnis chorus dicat: Te Deum laudamus.
Voilà l'explication des images oîi l'on voit saint Nicolas bénissant trois enfants dans un grand bassin , ou vase en bois. Ces jeunes gens sont les clercs coupés en morceaux par le vieillard et ressuscites par le saint évêque (i).
Cette légende détermina-t-elle les procureurs à se mettre sous la protection de ce saint, ou bien faut-il croire, comme l'ont prétendu plusieurs écrivains, que le saint évêque de Mire avait été avocat? Nous n'avons trouvé nulle part la preuve de cette allégation, et il est plus rationnel de penser que la communauté des avocats et des procureurs prit en considération la légende que nous venons d'analyser quand elle le choisit pour patron, et que ce ne fut pas seulement parce qu'il existait déjà au Palais une chapelle dédiée au saint évêque. N'oublions pas d'ajouter que cette confrérie était aussi sous l'invocation de sainte Catherine, qui a toujours été la patronne des jurisconsultes, parce que son histoire raconte que, dans une discussion, elle confondit cinquante docteurs.
Quoi qu'il en soit, les clercs fêtaient religieusement saint Nicolas, mais il n'était pas le seul: saint Yves par-
(i) Voir sur la fête de saint Nicolas les curieux détails donnés parle docteur Rigolot, d'Amiens , dans son ouvrage sur les Mwnain inconnues des Evêques ies Innocents, des Fous, page ii8 et suiv.
tageait avec lui les prières et les offrandes des clercs, des procureurs et surtout des plaideurs. Il y avait à Paris , rue Saint-Jacques^ au coin de celle des Noyers, une chapelle élevée en Thonneur de saint Yves. Elle fut fondée, dit-on, vers 1348, par les clercs et étudiants bretons qui se trouvaient à Paris.
Yves, surnommé l'Avocat des pauvres, était d'une famille noble de Kaermartin , près de Tréguier , en Basses Bretagne, oli il naquit, le 17 octobre i253. Son père se nommait Ahëlory, et était seigneur de Kaermartin. Il fit à Paris ses études de théologie et de droit canon, et à Orléans celles de droit civil, et parut avec éclat au barreau de Paris vers 1275, sous le règne de Philippe le Hardi. Il s'y fit remarquer par son savoir et son ardent amour de la justice; puis il retourna en Bretagne, oîi il exerça la profession d'avocat avec un rare désintéressement, se chargeant par préférence de la défense des pauvres, des veuves et des orphelins. Ses parents avaient voulu le marier, mais il préféra le célibat, et se déter«« mina à embrasser l'état ecclésiastique.
L'archevêque de Reims le fit oïficial, et le nomma, quelque temps après, curé de Tresdres, et ensuite de Loanec. Ses biographes racontent que, quand il ne pouvait accorder deux plaideurs, il leur disait la messe; qu'il appelait des sentences qu'il avait rendues comme juge, et plaidait lui-même devant les tribunaux pour les faire réformer; qu'il portait un cilice d'étoupes, mais que, grâce à sa pieuse négligence d'en changer^ il était couvert de vermine (i).
(0 Voir Millin , jinti^ités nationalezt tome IV, 1792.
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U faisait aux pauvres d'abondantes aumônes, et avait pour maxime qu'il ne faut point laisser auendre ceux que Ton peut assister d'abord. Sitôt que la moisson était faite, il vendait le blé qu'il avait récolté, et en distribuait le prix aux indigents (i^.
Peu de temps avant la démolition de sa chapelle , on voyait encore une multitude de vieux sacs attachés aux voûtes de l'église. Un plaideur, dont le procès était terminé, suspendait son sac, comme un boiteux sus* pend sa béquille dans la chapelle d'une madone. Au commencement du XVI* siècle, l'Université tenait ses
assemblées dans l'église de Saint-Yves.
Cette chapelle avait un sceau sur lequel saint Yves était représenté sur un fond semé de fleurs de lis, vêtu d'une longue robe de procureur fourrée d'hermine, tenant un sac de procès suspendu à son bras, un livre dans la main droite et une pièce d'écriture dans la gauche. Sa tête était coiffée d'un bonnet carré entouré d'une auréole; on lisait autour de ce sceau : Sigillum ecclesiœ regiœ sancti Yvonis. Parisiis (2).
Saint Yves n'était pas seulement honoré en France, mais encore à l'étranger. Lorsque Frédéric III fonda l'académie de Wittemberg , il institua une fête en l'honneur de saintYves, que le collège des jurisconsultes célébrait le 3 mai. Il en fut de même dans les académies de Bâle et de Fribourg.
Saint Yves mena une vie très-austère; il prêchait
(i) Voir rexcellente notice publiée sur saint Yves par M. Péricand, bibliothécaire de la ville de Lyon, à la suite de son Calendrier de Thémist de i8ai.
(a) Voir Millin.
souvent, tantôt en français, tantôt en breton; il fit, en latin, quelques harangues synodales.
La veille de l'Ascension de Tannée i3o3 , il prêcha ses ouailles, dit la messe, soutenu par deux ecclésiastiques, et mourut le dimanche suivant, 19 mai. Yves fut canonisé par Qément VI en 1347. ^^ paraît, par les anciens comptes du Domaine, que le Roi, pour récompenser sa capacité et ses travaux^ lui faisait une pension ordonnée en ces termes : Magister Yvo sex denariosper diem (i).
Les avocats et les avoués avaient pris saint Yves pour patron ; mais il faut remarquer que la chapelle dont il est ici question n'avait aucun rapport avec la communauté des avocats et des procureurs, et, par conséquent, avec la confrérie de saint Nicolas et de sainte Catherine. Quelques savants ont douté qu'il ait exercé la profession d'avocat et de juge. Pour lever tous les doutes, il suffit délire le panégyrique de ce saint , écrit en latin par Louis Sergardi.
On peut invoquer encore une autre autorité, celle d'Antoine Loisel, qui, dans son Dialogue des Avocats du Parlement de Paris, raconte longuement comment saint Yves fit rendre, par ses conseils, à une hôtesse, une somme importante qui lui avait été dérobée, et qui termine son récit par ces mots :
c N'est-ce pas là un chef-d'œuvre d'advocat ? et cette histoire ne merite-t-elle pas d'estre racontée, et notre saint Yves canonisé et mis au nombre de nos ad*< vocats?... ».
(1) Voir la notice de M. Péricaud,
Cependant la réputation de sainteté qu'avait acquise l'avocat Yves n'était pas telle que la calomnie n'ait tenté de lui contester la place qu'il occupe dans la vie des saints. Elle s'est traduite en cette vieille légende^ qui nous raconte de quelle manière il pénétra au bienheureux séjour.
Uneversion prétend qu'au momentoù saint Yves se pré« senta à la porte du ciel, il se trouvait avec lui un grand nombre de religieuses: « — Qui étes-vous, demanda saint Pierre à l'une d'elles ? — Religieuse, répondit celle<i. — Vous avez le temps d'attendre , il y en a déjà assez dans le paradis. — Et vous , qui êtes-vous , demanda-t-il à saint Yves? — Avocat, — Il n'y en a point encore, vous pouvez entrer. »
Selon l'autre version, saint Yves, après sa mort, arriva aux portes du ciel avec son sac à procès et ses écritures ; saint Pierre ne voulut pas le laisser entrer , mais Yves trouva le moyen de passer avec la foule. Il ne put cependant si bien faire qu'on ne le reconnût. Saint Pierre le pria de sortir, mais Yves, qui connaissait les lois et la procédure, résista, et s'ôbstina à dire qu'il y resterait jusqu'à ce qu'un huissier lui eût signifié son expulsion. Saint Pierre , ne voyant aucun autre moyen de se débarrasser de ce chicaneur, chercha partout un huissier, mais il n'en trouva pas un seul, attendu qu'il n'en est jamais entré au paradis. Yves demeura ainsi au nombre des saints (i).
Un fragment de psaume, sorte d'épigramme latine, que M. Péricaud dit être une strophe d'une hymne en
(I) Voir Millin.
rhonneur de saint Yves, trouvée dans les anciens bré* viaires de Rennes et de Vannes, prouve surabondam** ment que saint Yves avait été avocat :
Sanctus Yvo Erat Brito.
AdrocatoSy Et non latro ; Res miranda Populo.
Que ces vers soient une hymne ou une épigramme, ils n'en contiennent pas moins un éloge de saint Yves et une amère critique des avocats, qui l'avaient pris pour patron, et qui, au dire de Mézeray, n'imitaient pas son désintéressement. Il existe, dit-on, un autre panégyrique de saint Yves^ qui aurait été prêché devant une réunion d'avocats, et qui commençait par ces mots : Saint Yves faisait le bien, et vous leprene\ •.. pour votre patron. On ignore quel est l'auteur.
On reconnaît, à l'épigramme qui précède et aux légendes que nous avons reproduites, les plaisanteries familières à nos aïeux. Il ne Êiut y voir qu'une sorte de bouffonnerie faite par les clercs de la Bazoche et dirigée contre leurs patrons (i).
Il y avait une confrérie de Saint -Yves, indépendante de celle de Saint-Nicolas. Elle avait été fondée par des
(i) Pour avoir des détails plus étendas sur. saint Yves , il faut consulter les BoUandisteSy la Fie de ce saint, écrite par Jean de l'Œuvre, Paris, 1695, in-13; le Panégyrique de ce saint, qu'Heidenius prononça à Tnbinge, en i395, et l'ouvrage que Jean Robert publia à Liège, en i633 , ouvrage dans lequel il fait l'éloge de cinquante jurisconsultes canonisés, malgré l'opinion commune qui veut que saint Yves soit le seul homme de loi qui ait eu. cette gloire. (Notice de M. Péricaod).
avocats et des procureurs, dans la chapelle dont nous avons parlé. Ils en restèrent longtemps les administrateurs. L'édifice était très-élégant ; il ne fiit démoli qu'en
Voici un conte qui a la plus grande analogie avec les légendes de saint Yves ; il se trouve dans une farce des plus curieuses, jouée vers le milieu du XVI* siècle. Elle a pour titre : Farce nouvelle, très-bonne et fort joyeuse, de la résurrection de Jenin Landore, à quatre personnaiges , Jenin et sa femme, le curé et le clerc (i).
Cette farce est , comme celle que composaient et jouaient les bazochiens, pleine d'esprit et de traits piquants, mais assaisonnée d'expressions qui ne supporteraient pas la lecture aujourd'hui , encore moins la représentation.
Jenin est censé revenir du paradis après une mort de quelques heures. Il a appris une foule de choses plus curieuses les unes que les autres, et de plus il a vu toute sorte de gens. Le clerc lui demande si on plaide au f>aradis, il répond que non par la bonne raison qu'il n'y a qu'un avocat.