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Le temps est loin où Voltaire faisait commencer notre peinture à l'époque de Nicolas Poussin. Grâce aux travaux (le sugaces érudits, on connaît maintenant, au moins dans ses lignes essentielles, l'histoire de notre art depuis ses origines et, grâce surtout à l'initiative de Léon de Laborde, on ne se méprend plus sur l'origine des bons portraits de notre wi" siècle. Jean Clouet et son fils François, les « Janet » comme les appelaient leurs contemporains, ont été remis en lumière. S'il reste beaucoup à apprendre sur ces maîtres, si nombre de leurs travaux sont à retrouver, on possède cependant d'assez multiples détails pour évoquer leurs physionomies et montrer la valeur de leurs œuvres.

Les Clouet avaient éclipsé par leur renom la plupart des peintres qui gravitaient autour d'eux. On finit par les regarder connue les seuls grands portraitistes de leur époque. Un demi-siècle ne s'était pas écoulé depuis la mort de François que déjà l'on attribuait à ce maître une multitude d'effigies pointes dans les années ISOO et au début des années 1600. On en vint bientôt à confondre Jean et François. Et la confusion s'établit d'autant plus aisément

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que le fils avait été célèbre sous le môme prénom diminutif que son père (1).

Auxvu' siècle, Félibien, qai pourtant n'avait pas éparg-né les recherches, ne mentionne qu'un Clouet sous le nom de Janet, dans ses Entretiens sur la vie des peintres. Un collectionneur de la même époque, Fabbé de Marolles, auquel on doit un Catalogue de livres^ d'estampes et de figures en taille douce^ pensait également qu'un seul Clouet avait existé, l'illustre François. Au siècle suivant, un autre amateur, Mariette, dans son Abccedario pittorico^ ne trouvait à ajouter que le nom de Clouet aux renseignements de Félibien. Plus près de nous, Alexandre Lenoir s'en tenait toujours à l'unique Janet, auquel on rapportait généralement toutes les bonnes peintures, et même quelques autres, du xvf siècle. Mais depuis on a fouillé l-îs archives, scruté divers écrits, et l'on est arrivé à dissiper la fâcheuse bévue. Les comptes surtout ont rendu d'insignes services. Ce sont des témoins peu diserts mais parfaitement sûrs; celui qui sait les interroger parvient à reconstituer bien des choses, à en comprendre bien d'autres. Non seulement on a reconnu et prouvé qu'il y avait eu deux Clouet, le père et le fds, mais encore on en a découvert un troisième, très probablement frère du premier.

(1) L'usage do désigner par un diminutif était alors très répandu, et il arrivait assez souvent que l'on perdait le sens de ce sobriquet. Certains déformèrent celui de Clouet en Jehamet, Jainct ou Jamet. On relève ces erreurs dans les comptes administratifs.

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