Les Clouet et Corneille de Lyon
Les Clouet n ont eu ni un Vasari, ni un Karel van Mander. Ils ont vécu en France, à une époque où les peintres français n’étaient point prophètes, et c est par fragments que nous devons reconstituer leur vie et leurs œuvres. Jean Clouet et son rival lyonnais Corneille de la Haye "venaient des Flandres. Ils apportèrent chez nous quelques-uns des procédés flamands qui s amalgamèrent avec les traditions françaises et produisirent un art très spécial, très écrit sur le fait de rendre la physionomie humaine. Ce fut François Clouet qui mit à son apogée la science du portrait chez nous, encore qu’il eût perdu un peu la naïveté et la franchise de ses prédécesseurs. Ceux-là avaient conservé l’accent de leur pays, tout en parlant la langue de leur patrie d’adoption ; lui, parla le français dans toute sa pureté.
Peut-être ce qui va suivre semblera-t-il un peu raisonneur et un peu tatillon. On s est habitué à écrire des Clouet chez nous comme si on connaissait les moindres détails de leur existence. Or, en dépit de cette popularité, nous en sommes toujours réduits à supposer et à induire. Je voudrais avoir formulé quelques faits précis tant sur Jean et sur François Clouet que sur Corneille de Lyon, leur contemporain. On me pardonnera la sécheresse de ce travail pour le but que je poursuis, et l’on voudra bien m excuser aussi des légendes que, par malheur, je vais détruire.