‹ Les Clouet et Corneille de LyonChapitre 2 sur 27 · chapitre premier · texte numérisé non relu

chapitre premier

Les prédécesseurs des Clouet. — Jean Clouet, dit Jehannct ou Janet, peintre de François Ier.

L’intérêt inspiré aux contemporains par la physionomie des gens célèbres, rois, princes ou seigneurs, ne remonte guère chez nous qu’au xive siècle. Encore cette curiosité se borna-t-elle, au début, à la piété liliale qui fait rechercher aux fils l’effigie des parents défunts. Le premier portrait véritablement authentique qui nous est resté de ces temps est celui du roi Jean, autrefois recueilli par le collectionneur Roger de Gaignières et découvert par lui à Oyron, dans le château des Gouffier. A la vente après décès de cet amateur, en 1717, le portrait du roi Jean fut la seule pièce que le Régent jugeât digne d'être conservée dans les musées royaux ; il est, pour l’instant, exposé dans les galeries de la Bibliothèque nationale L

Peint sur fond d’or gaufré, le portrait du roi Jean était incontestablement l’œuvre d’un miniaturiste, habitué à dessiner de plus petites choses, et qui peinait à faire grand. Il marque cependant l’extrême conscience de l’artiste, son besoin d’être vrai, et l’envie certaine de n exagérer ni en bien ni en mal. Ce n’est point ici le lieu de proposer des noms de peintres ; constatons seulement l’œuvre de portraiture officielle. Tout au plus mentionnerons-nous, à titre de rapprochement, un autre tableau conservé à la Sainte-Chapelle, et copié pour Gaignières, où le roi Jean et le pape assis recevaient, des mains d’un valet de chambre, peut-être le peintre, un diptyque également sur fond d or, représentant Jésus et la Vierge Marie 3.

Aussi bien, dès cette époque, les portraits apparaissent dans les miniatures de manuscrits. Le duc de Berry, fils du roi Jean, s était fait représenter dans ses Heures célèbres, tantôt imberbe, tantôt bat bu, et il n’est pas sans curiosité de constater ici les nombreux points de ressem-

1. Bibliothèque nationale. Ms. Clairambault 1082, fol. 647 : « Ce portrait a esté mis à la Bibliothèque du Roy, par ordre de Monseigneur le Régent. »

2. Bibliothèque nationale, Département des Estampes, Oa 11, fol. 85-88.

blance existant entre le roi et son fils. C’est le pareil profil, la même barbe rare, la bouche saillante aux lèvres épaisses h

Page 1