PORTRAIT DE LA DUCHESSE DE RETZ
Opayqn 4*1 Cabinet des Estampes, présume' de François Clouet.
La peinture d'après }e crayop apparfienf au prince Czartoryski, et passe pour représenter Catherine de Mcdicis.
LES ARTISTES CÉLÈBRES
rouge sur l’esquisse; celui montrant Françoise Robertet, dame de la Bourdaisière, dont « le bord du passement d’or et de soye noire » est mentionné aussi; celui de l’amiral Coligny (i555), où l’on voit sur la manche gauche, de la main de l’artiste, « velours rouge » ; celui de la marquise de Nesle, dont l’envers est chargé de croquis plus serrés, concernant le détail de la toilette. J’en passe beaucoup d’autres, mais il est à remarquer que tous les crayons pourvus de ces explications techniques sont aussi très rapprochés comme allure et comme fabrication de ceux de la Bibliothèque nationale. Ils ont des équivalents au Musée du Louvre; mais ceux-ci, encadrés et immuables, ne nous ont pas révélé les secrets de leurs versos, comme ceux de la Bibliothèque nationale ou de Chantilly.
En raisonnant d’après les sentiments modernes, on a longtemps douté que François Clouet se fût abaissé à la miniature, devenue pour nous autres un art secondaire. Il y avait cependant présomption à ce que le fils ne se fût point détourné des besognes paternelles, et qu’il eût même reçu de Jeannet, son père, sur ce fait comme sur d’autres, les meilleures leçons. On savait d’ailleurs qu’à la mort des rois François Ier et Henri II, le grand artiste avait été chargé de préparer le mannequin destiné aux funérailles, c’est-à-dire l’effigie modelée du prince que les hannouars portaient en évidence, et qu’on habillait en grand costume royal. Les comptes de ces travaux nous sont restés, ils en disent long sur la modestie de ces hommes, qui n’imaginaient point déchoir pour si peu. Quelque jour d’autres mentions nous montreront François Clouet enluminant des manuscrits, composant lui aussi des Heures royales. Il y a, à la Bibliothèque nationale, fonds latin, n° 1429, un admirable livre de prière historié pour François de Dinteville, évêque d’Auxerre, où parmi le fatras de plusieurs scènes allégoriques se voit le roi Henri II touchant les écrouelles, suivi du cardinal de Guise et de plusieurs seigneurs (toi. 107). Ceci est antérieur à 1 5 5 4 , date de la mort de l’évêque d Auxerre, et, d’après les costumes, nous pourrions dire remonte à 1 55o. Je ne voudrais point nommer François Clouet à la légère, il n’a aucun besoin d’attributions hypothétiques aujourd’hui, mais la correction infinie de ce tableau, la beauté des figures, indiquent un artiste de première valeur. Si ce n’est lui, la cour de France renfermait d’autres peintres d’une science singulière.
Mais nous ne pouvons douter maintenant que François Clouet
32 LES ARTISTES CÉLÈBRES
ait peint des miniatures. U ne note que j’avais trouvée dans un manuscrit de Clairambault (vol. 233, article 414), mais qu’un de mes jeunes confrères plus avisé avait découverte avant moi et qu’il a publiée depuis1 2, apporte dans le débat une affirmation péremptoire. En voici les premières lignes : « A François Clouet dit Janet painctre dudict Seigneur (Charles IX), Essaye Goudet enlumineur demeurant à Paris
et Françoys Dujardin (orfèvre) la somme de trois cents dix neuf livres douze sols tournois... à eulx ordonnés... assavoir audict Clouet VIXX XV livres ( 1 3 5 livres) pour son payement d’un pourtraict de la reyne (Catherine de Médicis) qu’il a faict dans un petit tableau d’or... etc. » Ceci est payé à Clouet en mai 1572, quatre mois avant sa mort.
Or mon jeune confrère, M. Mazerolle, l’a prouvé, ce portrait de la reine Catherine existe encore, il est conservé au Trésor impérial de Vienne ; il y est même accompagné dans son écrin du portrait de son fils, Charles IX; tous deux sont peints en miniature sur parche-
daus le livre d’Heures de Catherine de Médicis. minJ.
Sans doute le compte cité plus haut ne parle pas de l’effigie de Charles IX qui s’y trouve aujourd’hui. Mais ce portrait est très exactement copié sur un des plus beaux crayons