‹ Les Clouet et Corneille de LyonChapitre 13 sur 27 · FRANCE. — PEINTRES · texte numérisé non relu

FRANCE. — PEINTRES

?4 LËS ARTISTES CÉLÈBRES

Ceci une fois acquis, je signalerai une autre miniature de François Clouet, tout aussi importante, tout aussi sûre, sinon pourvue d’un état civil aussi incontestable. C’est la petite Marie Stuart de Windsor, représentée à mi-corps dans un costume rayé, et jouant avec une bague. Comparée au crayon de la Bibliothèque nationale montrant la jeune reine en 1 5 58, — crayon de Clouet sans l’ombre d’un doute, — on est stupéfait de rencontrer une pareille similitude dans deux œuvres pourtant différentes de pose et d’orientation. Le crayon, très simple, a concentré tout l’effet sur la physionomie; la miniature a

caressé tous les détails : la figure, la robe et les mains. Au fond, c’est le même portrait, traité de deux façons.

Il n’y a guère de doute non plus que François Clouet ait orné de miniatures le livre d’heures de Catherine de Médicis, aujourd’hui au Louvre, et provenant de la dernière duchesse de Berry. Ce livre a subi des remaniements, des interpolations, des mécomptes nombreux. Le portrait du roi Henri II, qui avait été placé en frontispice, en avait été arraché dès le xvne siècle, était passé à Gaignières, et est pour l’instant exposé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque. On l’a remplacé, dans le manuscrit, par le vicomte de Martigues. Mais toutes les peintures exécutées dans les feuillets mêmes sont de la main qui fit la Catherine de Médicis de Vienne et la Marie Stuart de Windsor. La reliure du livre procède aussi des mêmes moyens de décoration que le cadre ciselé par Dujardin et Erondelle pour le portrait de Vienne L J’ai en vain cherché le compte dans les registres spéciaux de la reine Catherine, dans ceux des Archives nationales, dans le manuscrit 233 de Clairambault. Me voici donc encore arrêté à une hypothèse.

i. Les Archives de l'Art français, III, 41-42, publient une commande faite par Catherine de Médicis à Dujardin. C’est un livre d’heures destiné à Marguerite, duchesse de Savoie, sa belle-sœur. Les portraits qui devaient y figurer sont indiqués, niais il n’est fait aucune mention de Clouet. Peut-être ce manuscrit est-il celui conservé aujourd’hui à Vicence; je n’ai pu le vérifier encore. En tous cas les portraits sont à peu près les mêmes que ceux du manuscrit du Louvre.

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