PORTRAIT DE CHARLES IX
Crayon du Cabinet des Estampes, d’après lequel fut exécutée la miniature du Trésor Impérial de Vienne.
LES ARTISTES CELEBRES
En bonne justice, ce ne sont point les œuvres peintes de ces artistes qui leur donnent le rang occupé par eux dans notre école française. Ils ne peignaient presque jamais d’après nature, n’en ayant ni le temps ni la possibilité. Leurs panneaux sont toujours des copies, copies de leurs propres crayons il est vrai, mais redites et amplifications. C’est ce qui fait la démarcation si grande entre les esquisses sur papier, venues de primesaut, rapidement troussées, et la gêne qu’on sent très bien sous la plupart de leurs mises au net. Sans doute on compte des exceptions à cette
règle; il y a à Versailles, au Louvre, dans plusieurs galeries particulières, des peintures qu’on doit leur reporter et qui notent une crânerie peu habituelle. Le plus souvent celles-ci représentent des inconnus, des gens avec lesquels l'artiste se gênait moins, et qu’il pouvait condamner à une pose plus prolongée. Mais prenons la reine Élisabeth pour exemple. En face du crayon, la peinture a perdu de sa franchise et de sa grâce; il y a de la contrainte et de la raideur dans le maintien et dans les traits. Le peintre a voulu trop bien faire, il s’est étudié à produire un morceau capital, eu égard à l’importance du personnage. S’il n’eût portraituré qu’une dame ordinaire, il